L’essentiel
J’aime l’araignée est un poème de Victor Hugo tiré des Contemplations (1856). Le poète y défend l’araignée et l’ortie, détestées de tous, parce qu’elles sont victimes de leur laideur. Il appelle le lecteur à la compassion : même la vilaine bête et la mauvaise herbe demandent de l’amour.
J’aime l’araignée de Victor Hugo en bref
J’aime l’araignée et j’aime l’ortie est le poème XXVII du livre III des Contemplations, intitulé Les Luttes et les Rêves. Victor Hugo (1802-1885) publie ce grand recueil en 1856, pendant son exil. Le poème est daté de juillet 1842.
Ce texte court pose une idée très hugolienne : rien dans la création n’est méprisable. Le poète prend le parti de ce que tout le monde rejette, comme il le fait pour les misérables dans ses romans.
| Élément | Réponse |
|---|---|
| Auteur | Victor Hugo |
| Recueil | Les Contemplations (1856), livre III, poème XXVII |
| Forme | 7 quatrains, soit 28 vers |
| Mètre | Décasyllabes et vers de 5 syllabes en alternance |
| Rimes | Croisées (ABAB) |
| Idée centrale | La pitié pour tout ce qui est laid et méprisé |
Analyse du poème en trois mouvements
| Passage | Ce qui se passe | Ce qu’il faut remarquer |
|---|---|---|
| Strophes 1 à 4 | Le poète déclare son amour et le justifie | L’anaphore de « Parce que » accumule les raisons. Ce ne sont pas des qualités, mais des malheurs : on les hait, on les fuit. |
| Strophe 5 | Il s’adresse aux passants | Le ton change. Les impératifs lancent un appel : « Plaignez la laideur, plaignez la piqûre ». |
| Strophes 6 et 7 | Il énonce une loi universelle | Tout être, même repoussant, cherche l’amour. Le dernier mot du poème est « Amour ». |
- « J’aime l’araignée et j’aime l’ortie, / Parce qu’on les hait »
- « Passants, faites grâce à la plante obscure, / Au pauvre animal. »
- « Il n’est rien qui n’ait sa mélancolie ; / Tout veut un baiser. »
- « La vilaine bête et la mauvaise herbe / Murmurent : Amour ! »
La forme et les figures de style
| Procédé | Exemple | Effet |
|---|---|---|
| Anaphore | « Parce qu’elles sont… » | Le plaidoyer martèle ses raisons |
| Personnification | L’ortie et l’araignée souhaitent, souffrent, murmurent | Le poète leur donne une âme |
| Métaphore | « l’ortie est une couleuvre, / L’araignée un gueux » | Elles rejoignent les êtres maudits et les pauvres |
| Impératif | « faites grâce », « plaignez » | Le lecteur est interpellé |
| Antithèse | La laideur et le baiser | L’amour traverse même l’horreur |
| Rythme alterné | Vers de dix, puis de cinq syllabes | Le vers court résonne comme une chute ou un soupir |
Astuce : Compte bien : « J’aime l’araignée et j’aime l’ortie » fait dix syllabes, coupées en deux moitiés égales. Ce balancement revient dans tout le poème.
Le sens du poème : une leçon de compassion
Hugo renverse le jugement ordinaire : il ne dit pas que l’araignée est belle, il dit qu’on doit l’aimer parce qu’elle est haïe. La laideur n’est pas une faute, mais un malheur. Il faut la plaindre, pas la punir.
Le poème dépasse les animaux. L’araignée et l’ortie représentent tous les rejetés, les condamnés, les êtres méprisés. Hugo défend la même cause dans Les Misérables, et le lecteur est invité à regarder ce qu’il écrase sans y penser.
Le poème est une fable inversée : il ne punit pas les faibles, il demande pour eux la pitié.
Un plan de commentaire
Problématique : comment Hugo transforme-t-il un éloge paradoxal en appel à la compassion universelle ?
- I. Un éloge paradoxal : aimer ce que tous détestent, l’accumulation des raisons.
- II. Des êtres pitoyables : personnification, solitude, destin subi.
- III. Une leçon morale : l’adresse au lecteur, la chute sur le mot Amour.
Les erreurs à éviter
Hugo trouve l’araignée belle. Il l’aime malgré sa laideur, et même à cause d’elle.
Le poème parle de pitié, pas de beauté.
Le poème est écrit en alexandrins. Il alterne décasyllabes et vers de cinq syllabes.
Compte les syllabes : le premier vers en a dix.
C’est une fable de La Fontaine. C’est un poème lyrique de Hugo.
Il figure dans Les Contemplations, un recueil de 1856.
Exercices corrigés
1. De quel recueil vient ce poème ?
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Les Contemplations. Il s’agit du poème XXVII du livre III.
2. Pourquoi le poète aime-t-il l’araignée et l’ortie ?
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Parce qu’on les hait. C’est le deuxième vers du poème : il prend le parti des rejetés.
3. Quelle figure domine les premières strophes ?
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L’anaphore de « Parce que ». La répétition en début de vers construit le plaidoyer.
4. Combien de syllabes compte le vers « Parce qu’on les hait » ?
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Cinq. Par-ce-qu’on-les-hait : cinq syllabes.
5. À qui le poète s’adresse-t-il à la cinquième strophe ?
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Aux passants. « Passants, faites grâce » : il interpelle le lecteur.
6. Quel est le dernier mot du poème ?
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Amour. La chute donne la clé : tout être réclame de l’amour.
Questions fréquentes
Quel est le message de J’aime l’araignée ?
Il ne faut mépriser aucun être : la laideur et le mal méritent la pitié, car tout ce qui vit réclame de l’amour.
Quelle est la forme du poème ?
Sept quatrains à rimes croisées, où les décasyllabes alternent avec des vers de cinq syllabes.
Que représentent l’araignée et l’ortie ?
Elles représentent tous les êtres rejetés et condamnés par les autres.