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Le Chêne et le Roseau de La Fontaine : analyse de la fable

L’essentiel

Le Chêne et le Roseau est une fable de Jean de La Fontaine, la dernière du livre I, parue en 1668. Le chêne orgueilleux plaint le roseau et se croit invincible, mais une tempête le déracine, alors que le roseau plie sans se rompre. La leçon : la souplesse résiste mieux que la force.

Le Chêne et le Roseau en bref

Le Chêne et le Roseau ferme le premier livre des Fables de La Fontaine (1621-1695), publié en 1668. Le poète y reprend un sujet très ancien, déjà présent chez le fabuliste grec Ésope, et lui donne une ampleur nouvelle.

La fable compte 32 vers, qui mêlent surtout alexandrins et octosyllabes : ce sont des vers mêlés. Elle se divise en deux temps : une longue discussion, puis un récit très bref.

La fiche de la fable
ÉlémentRéponse
AuteurJean de La Fontaine
RecueilFables, livre I, fable 22
Date1668
Forme32 vers mêlés
PersonnagesUn chêne, un roseau, le vent
LeçonL’orgueil perd les forts, la souplesse sauve les faibles

Résumé et explication de la fable

Les trois temps du texte
PassageCe qui se passeCe qu’il faut remarquer
Le discours du chêneLe chêne plaint le roseau, si faible qu’un oiseau minuscule lui pèse, et il vante sa propre puissance. Il offre sa protection.Sa pitié cache de l’orgueil. Il se compare à une montagne : « mon front, au Caucase pareil ».
La réponse du roseauLe roseau remercie poliment, mais il refuse cette pitié et annonce qu’il plie sans se briser.Réponse courte, calme, ironique : « Mais attendons la fin ».
La tempêteUn vent terrible se lève. Le roseau plie, l’arbre résiste, puis il est arraché.Le récit passe au présent et se précipite : « L’arbre tient bon ; le roseau plie ».

Les vers à connaître

L’aquilon est un vent violent du nord, le zéphyr un vent doux : le vers oppose la fragilité du roseau et l’assurance du chêne. Les deux derniers vers donnent à l’arbre une taille cosmique, du ciel aux enfers, au moment même où il tombe. La chute n’en est que plus forte.

  • « Le moindre vent qui d’aventure / Fait rider la face de l’eau, / Vous oblige à baisser la tête »
  • « Tout vous est aquilon, tout me semble zéphyr. »
  • « Je plie, et ne romps pas. »
  • « Celui de qui la tête au ciel était voisine, / Et dont les pieds touchaient à l’empire des morts. »

Les figures de style de la fable

Figures et effets
FigureExempleEffet
PersonnificationLe chêne et le roseau parlentLa fable fait penser à des hommes
Comparaison« au Caucase pareil »Le chêne se grandit, il se vante
Antithèse« aquilon » / « zéphyr »Elle oppose les deux destins supposés
Périphrase« Le plus terrible des enfants / Que le Nord eût portés »Elle donne au vent la force d’un monstre
Hyperbole« la tête au ciel », « l’empire des morts »Elle agrandit l’arbre avant sa chute

La morale du Chêne et du Roseau

À la différence de nombreuses fables, celle-ci ne contient pas de morale écrite. Le lecteur la tire du récit : c’est un exemple d’argumentation indirecte. On peut la formuler de plusieurs façons.

Attention : plier n’est pas se soumettre. Le roseau garde sa fierté et tient tête au chêne par ses paroles.

  • La souplesse vaut mieux que la force : savoir plier permet de survivre.
  • L’orgueil est puni : le chêne meurt d’avoir cru tout maîtriser.
  • Il faut se méfier des apparences : celui qu’on croyait faible était le plus solide.
  • Une lecture politique : dans la France de Louis XIV, le texte rappelle que les plus grands peuvent aussi tomber.

Les erreurs à éviter

  • La fable se termine par une morale écrite. Elle s’achève sur la chute du chêne.

    La leçon reste implicite, et c’est au lecteur de la formuler.

  • C’est le chêne qui dit « Je plie, et ne romps pas ». C’est le roseau.

    Le chêne, au contraire, ne plie jamais et finit déraciné.

  • Le chêne meurt parce qu’il est faible. Il meurt parce qu’il est rigide.

    Sa force sans souplesse le perd.

Exercices corrigés

  1. 1. En quelle année paraît le premier recueil des Fables ?

    Voir la correction

    1668. Le Chêne et le Roseau en est la dernière fable du livre I.

  2. 2. Que propose le chêne au roseau ?

    Voir la correction

    De l’abriter sous son feuillage. Il regrette que le roseau ne pousse pas à l’abri de ses branches.

  3. 3. Que répond le roseau ?

    Voir la correction

    Il annonce qu’il plie sans se rompre. « Je plie, et ne romps pas. »

  4. 4. Comment s’appelle l’opposition entre « aquilon » et « zéphyr » ?

    Voir la correction

    Une antithèse. Le vent violent et le vent doux s’opposent dans le même vers.

  5. 5. Pourquoi le récit passe-t-il au présent pendant la tempête ?

    Voir la correction

    Pour rendre la scène plus vive. Le présent de narration fait vivre l’action au lecteur.

  6. 6. Quelle est la particularité de cette fable ?

    Voir la correction

    Elle ne contient pas de morale écrite. La leçon se déduit du dénouement.

Questions fréquentes

Quelle est la morale du Chêne et du Roseau ?

La fable ne la formule pas, mais elle montre que la souplesse résiste mieux que la force et que l’orgueil conduit à la chute.

Qui a écrit Le Chêne et le Roseau ?

Jean de La Fontaine, qui le publie en 1668 dans le livre I de ses Fables.

Que signifie « Je plie, et ne romps pas » ?

Le roseau explique qu’il cède au vent sans se casser. C’est le principe même de sa résistance.

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