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La Pléiade : définition, poètes et idées

L’essentiel

La Pléiade est un groupe de poètes français du XVIe siècle, réuni autour de Ronsard et de Du Bellay. Son manifeste, la Défense et illustration de la langue française (1549), veut enrichir le français et imiter les auteurs antiques. Le groupe impose le sonnet, l’ode et l’alexandrin dans la poésie française.

Qu’est-ce que la Pléiade ?

La Pléiade naît au milieu du XVIe siècle, en pleine Renaissance : de jeunes poètes formés à l’humanisme veulent renouveler la poésie française. Au collège de Coqueret, à Paris, Ronsard et Baïf suivent les leçons de l’helléniste Jean Dorat, qui leur fait découvrir les poètes grecs et latins. Du Bellay les rejoint.

Le groupe se nomme d’abord la Brigade. Ronsard emploie ensuite le nom de Pléiade, en souvenir de sept poètes d’Alexandrie, eux-mêmes nommés d’après la constellation des Pléiades. La composition varie selon les listes, mais le chiffre sept reste symbolique.

Les poètes de la Pléiade
PoèteDatesŒuvre à retenir
Pierre de Ronsard1524-1585Les Amours (1552), Sonnets pour Hélène (1578)
Joachim Du BellayVers 1522-1560L’Olive (1549), Les Regrets (1558)
Jean-Antoine de Baïf1532-1589Les Amours de Méline (1552)
Rémy Belleau1528-1577La Bergerie (1565)
Étienne Jodelle1532-1573Cléopâtre captive (1553), une tragédie
Pontus de Tyard1521-1605Les Erreurs amoureuses (1549)
Jacques Peletier du Mans1517-1582Art poétique (1555)

Astuce : À la mort de Peletier du Mans, Ronsard fait entrer Jean Dorat dans la liste, c’est pourquoi on trouve parfois huit noms.

Le manifeste : Défense et illustration de la langue française

En 1549, Du Bellay publie la Défense et illustration de la langue française. Il y défend une idée alors audacieuse : le français peut égaler le latin et le grec, à condition d’être enrichi.

L’idée clé : le français doit devenir une grande langue littéraire, au niveau du latin et du grec.

  • Défendre : ne pas mépriser le français, ni écrire seulement en latin.
  • Illustrer : rendre la langue illustre par de grandes œuvres.
  • Imiter les Anciens : s’inspirer des Grecs, des Latins et de l’Italien Pétrarque, sans les copier mot à mot.
  • Rejeter les formes médiévales : rondeaux, ballades et virelais sont jugés dépassés.
  • Enrichir le vocabulaire : créer des mots, emprunter aux métiers, aux dialectes et aux langues anciennes.

Les idées et les formes de la Pléiade

Ce que le groupe apporte à la poésie
ApportExplication
Le sonnetVenu d’Italie, il devient la forme reine de la poésie amoureuse.
L’odeInspirée de Pindare et d’Horace, elle célèbre les êtres et les choses.
L’alexandrinCe vers de douze syllabes s’impose comme le grand vers français.
Le poète inspiréIl a un rôle élevé : il donne l’immortalité par ses vers.
Le carpe diemLe temps fuit, il faut profiter de la jeunesse.

Les textes à connaître

Les poèmes de la Pléiade parlent d’amour, de nature, de mort, de gloire. Ils unissent l’érudition et une émotion très personnelle, en particulier chez Du Bellay, dont Les Regrets disent l’ennui et le mal du pays à Rome.

  • « Mignonne, allons voir si la rose » (Ronsard) : une ode sur la fuite du temps.
  • « Quand vous serez bien vieille, au soir, à la chandelle » (Ronsard, Sonnets pour Hélène).
  • « Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage » (Du Bellay, Les Regrets) : la nostalgie du poète loin de son pays.

L’héritage de la Pléiade

Après Ronsard, Malherbe et les classiques critiqueront ses excès d’érudition. Mais le travail du groupe reste décisif. Il installe durablement le sonnet et l’alexandrin, et il fait du français une langue de grande littérature. Sainte-Beuve et les romantiques le remettront à l’honneur au XIXe siècle.

Les erreurs à éviter

  • La Pléiade est un mouvement du XVIIe siècle. C’est un groupe du XVIe siècle, à la Renaissance.

    Son manifeste date de 1549.

  • La Pléiade veut écrire en latin. Elle veut élever le français au niveau du latin.

    Défendre le français est le but même du manifeste.

  • Ronsard a écrit la Défense et illustration. C’est Du Bellay.

    Ronsard en partage les idées, mais le texte est signé Du Bellay.

Exercices corrigés

  1. 1. À quel siècle appartient la Pléiade ?

    Voir la correction

    Au XVIe siècle. Elle naît à la Renaissance, vers 1550.

  2. 2. Qui écrit la Défense et illustration de la langue française ?

    Voir la correction

    Du Bellay. Du Bellay la publie en 1549.

  3. 3. Quel nom le groupe porte-t-il d’abord ?

    Voir la correction

    La Brigade. Pléiade vient ensuite, avec Ronsard.

  4. 4. Quelle forme vient d’Italie ?

    Voir la correction

    Le sonnet. Pétrarque en est le grand modèle. Rondeau et ballade sont médiévaux.

  5. 5. Quel professeur forme Ronsard et Baïf ?

    Voir la correction

    Jean Dorat. Il enseigne au collège de Coqueret.

  6. 6. Quelle idée n’appartient pas à la Pléiade ?

    Voir la correction

    Garder les formes médiévales. Le manifeste rejette au contraire les rondeaux et ballades.

Questions fréquentes

Qui sont les poètes de la Pléiade ?

Les plus connus sont Ronsard et Du Bellay, avec Baïf, Belleau, Jodelle, Pontus de Tyard et Peletier du Mans. Jean Dorat est leur maître.

Pourquoi le groupe s’appelle-t-il la Pléiade ?

Le nom vient de sept poètes d’Alexandrie, eux-mêmes nommés d’après les sept étoiles de la constellation des Pléiades.

Quel est le but de la Pléiade ?

Faire du français une grande langue de poésie, en imitant les Anciens et en enrichissant son vocabulaire.

Quel lien avec la Bibliothèque de la Pléiade ?

La collection de Gallimard, née en 1931, porte le même nom, mais elle n’a pas de lien avec le groupe : elle publie les grands auteurs de toutes les époques.

Pour aller plus loin