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Argumentation directe et indirecte : définition et exemples

L’essentiel

L’argumentation directe défend une thèse ouvertement, avec des arguments et des exemples : essai, discours, lettre ouverte. L’argumentation indirecte passe par une fiction qui fait réfléchir sans imposer : fable, conte philosophique, utopie. La première s’adresse à la raison de front, la seconde laisse le lecteur tirer la leçon.

Argumentation directe et indirecte : la différence

Argumenter, c’est chercher à faire adopter une opinion, la thèse. L’argumentation directe l’expose clairement, l’argumentation indirecte raconte une histoire dont le lecteur devinera le sens.

Les deux manières d’argumenter
Argumentation directeArgumentation indirecte
FormeRaisonnementRécit ou fiction
ThèseÉnoncée clairementImplicite, à découvrir
Présence de l’auteurForte : « je », prise de positionMasquée derrière des personnages
MoyensArguments, exemples, connecteursPersonnages, intrigue, ironie, morale
GenresEssai, discours, article, lettre ouverte, préfaceFable, apologue, conte philosophique, utopie, dystopie
RisqueLasser ou braquerÊtre mal compris

L’argumentation directe : genres et exemples

Dans l’argumentation directe, l’auteur parle en son nom. Il annonce sa thèse, l’appuie sur des arguments, et illustre ceux-ci par des exemples. Les connecteurs logiques rendent le raisonnement visible.

  • L’essai : Voltaire, Traité sur la tolérance (1763).
  • Le discours : Victor Hugo, Discours sur la misère (1849).
  • La lettre ouverte : Émile Zola, J’accuse…! (1898), adressée au président de la République.
  • L’article d’opinion : un éditorial de presse.

L’argumentation indirecte : genres et exemples

Dans l’argumentation indirecte, l’auteur raconte. Ce détour plaît, il permet de contourner la censure et il laisse le lecteur découvrir lui-même la leçon, ce qui la rend souvent plus forte.

  • La fable : La Fontaine critique les puissants à travers des animaux.
  • L’apologue : c’est le nom général des récits brefs à visée morale.
  • Le conte philosophique : Voltaire attaque l’optimisme dans Candide (1759).
  • Le roman épistolaire satirique : Montesquieu fait juger la France par deux Persans dans les Lettres persanes (1721).
  • L’utopie et la dystopie : Thomas More décrit une société idéale dans Utopia (1516), Orwell une société cauchemardesque dans 1984 (1949).

Astuce : Pour trouver la thèse d’un texte indirect, demande-toi ce que l’auteur veut faire penser de la réalité de son temps à travers cette histoire.

Les types d’argumentation et d’arguments

Les arguments les plus courants
TypePrincipeExemple
Argument logiqueIl s’appuie sur la cause et la conséquenceSi les trains sont moins chers, moins de gens prendront la voiture.
Argument par l’exempleUn cas précis prouve l’idéeCette ville a réduit ses déchets grâce au tri.
Argument d’autoritéOn s’appuie sur une personne reconnueLes médecins recommandent de dormir huit heures.
Argument par analogieOn compare deux situationsUn cerveau a besoin d’entraînement, comme un muscle.
Argument de valeurOn fait appel à une valeur partagéeAu nom de la justice, chacun doit être entendu.
ConcessionOn admet une idée adverse pour mieux la réfuterCertes, ce projet coûte cher, mais il sauvera des vies.

Convaincre et persuader

Convaincre, c’est s’adresser à la raison, avec des preuves et un raisonnement. Persuader, c’est s’adresser aux sentiments, avec des images, des émotions, des appels au lecteur.

Une argumentation réussie fait souvent les deux. Un discours peut raisonner et émouvoir à la fois, une fable peut amuser et faire réfléchir.

Convaincre = raison. Persuader = émotion. L’argumentation directe privilégie souvent la première, l’indirecte la seconde, mais rien n’est obligatoire.

Les erreurs à éviter

  • L’argumentation indirecte n’a pas de thèse. Elle a une thèse, mais implicite.

    L’histoire est au service d’une idée que le lecteur doit dégager.

  • Thèse et argument, c’est pareil. La thèse est l’opinion défendue, l’argument la raison qui la soutient.

    L’exemple, lui, illustre l’argument.

  • Une fable se contente de raconter. La fable est une forme d’argumentation indirecte.

    Sa morale, dite ou sous-entendue, transmet une leçon.

Exercices corrigés

  1. 1. Quel texte relève de l’argumentation directe ?

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    Une lettre ouverte. L’auteur y défend sa thèse en son nom.

  2. 2. Quel genre appartient à l’argumentation indirecte ?

    Voir la correction

    L’apologue. L’apologue est un récit à visée morale.

  3. 3. Candide de Voltaire est :

    Voir la correction

    Un conte philosophique. Voltaire y critique l’optimisme à travers une fiction.

  4. 4. « Les pédiatres déconseillent les écrans avant trois ans. » Quel type d’argument ?

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    Argument d’autorité. On s’appuie sur des spécialistes reconnus.

  5. 5. « Certes, l’avion est rapide, mais il pollue beaucoup. » Quel procédé ?

    Voir la correction

    Une concession. On admet une qualité adverse pour mieux la réfuter.

  6. 6. Persuader, c’est agir surtout sur :

    Voir la correction

    Les sentiments du lecteur. Convaincre fait appel à la raison, persuader à l’émotion.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que l’argumentation directe ?

C’est une argumentation où l’auteur expose clairement sa thèse et la défend par des arguments et des exemples, comme dans un essai ou un discours.

Quel est l’intérêt de l’argumentation indirecte ?

Elle séduit le lecteur par le récit et l’amène à réfléchir par lui-même. Elle a aussi aidé des auteurs à contourner la censure.

Quels sont les types d’argumentation ?

On distingue l’argumentation directe et indirecte, et, selon le ton, la démonstration, la polémique et la persuasion. Les arguments peuvent être logiques, d’autorité, par l’exemple, par analogie ou de valeur.

Une fable est-elle une argumentation ?

Oui. Le récit et la morale servent à défendre une idée : c’est le modèle de l’argumentation indirecte.

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