L’essentiel
Thomas Hobbes (1588-1679) est un philosophe anglais, auteur du Léviathan (1651). Dans l’état de nature, sans pouvoir commun, les hommes vivent dans une guerre de chacun contre chacun. Pour sortir de cette peur, ils passent un contrat et remettent leur droit à un souverain absolu, qui garantit la paix.
Qui est Thomas Hobbes ?
Thomas Hobbes naît le 5 avril 1588 près de Malmesbury, en Angleterre, l’année de l’Invincible Armada. Il est longtemps précepteur chez les Cavendish et traduit Thucydide. Il voyage en Europe, où il découvre les méthodes de la géométrie et de la nouvelle physique.
Il vit à Paris à partir de 1640, pour fuir les troubles politiques. La guerre civile anglaise marque sa pensée : il veut comprendre comment éviter le retour de la violence. Il rentre en Angleterre vers 1651 et meurt le 4 décembre 1679.
| Date | Œuvre | Contenu |
|---|---|---|
| 1642 | Du citoyen (De Cive) | Le droit et la cité |
| 1651 | Léviathan | L’homme, le contrat, la souveraineté, la religion |
| 1655 | De Corpore | La philosophie des corps et du mouvement |
L’état de nature selon Hobbes
Hobbes imagine les hommes sans pouvoir commun. Ils sont à peu près égaux : même le plus faible peut tuer le plus fort, par la ruse ou en s’alliant. Tous peuvent donc espérer les mêmes biens.
Au chapitre XIII du Léviathan, il relève trois causes de querelle : la rivalité, pour obtenir des biens, la méfiance, qui pousse à attaquer le premier, et la gloire, le désir d’être reconnu. Il en résulte une guerre de chacun contre chacun, même en l’absence de combat, parce que le danger est permanent.
Dans cet état, il n’y a ni industrie, ni culture, ni droit. Rien n’y est juste ou injuste : chacun a droit à tout, ce qui revient à n’avoir droit à rien.
Astuce : Hobbes donne une preuve simple de sa thèse : même en paix, on ferme sa porte à clé. Chacun montre ainsi ce qu’il pense des autres.
Le contrat et le souverain
La peur de la mort violente et le désir d’une vie paisible poussent à chercher la paix. La raison découvre des lois de nature, dont la première ordonne de chercher la paix.
Chacun convient avec chacun d’abandonner son droit à tout, en faveur d’un souverain, homme ou assemblée. Ce souverain ne fait pas partie du contrat. Il n’a donc rien promis à ses sujets, et son pouvoir est absolu et indivisible. Hobbes appelle cet État Léviathan, du nom d’un monstre biblique du livre de Job.
La limite est le but même du contrat. Puisqu’on s’y engage pour vivre, nul n’abandonne le droit de se défendre si le souverain menace sa vie.
Chez Hobbes, c’est la sécurité qui justifie l’obéissance : le sujet obéit tant que le souverain peut le protéger.
L’homme est un loup pour l’homme
La formule latine homo homini lupus figure dans l’épître dédicatoire du De Cive, mais elle ne vient pas de Hobbes : elle est reprise du comique latin Plaute. Hobbes écrit au même endroit que l’homme est un dieu pour l’homme dans la cité, et un loup pour l’homme dans les rapports entre cités.
Il ne dit pas que l’homme est méchant par nature. Le passage parle d’une situation : sans pouvoir commun, chacun doit se méfier de l’autre. Le pessimisme de Hobbes porte sur cette situation, et non sur une méchanceté innée.
Hobbes, Locke et Rousseau comparés
| Hobbes | Locke | Rousseau | |
|---|---|---|---|
| État de nature | Guerre de chacun contre chacun | Liberté sous la loi naturelle | Paix, isolement |
| But du contrat | La sécurité | La protection des droits | La liberté civile |
| Souverain | Un homme ou une assemblée, sans partage | Un pouvoir limité | Le peuple |
| Résistance | Seulement pour sauver sa vie | Droit de résister à la tyrannie | La souveraineté reste au peuple. |
Les erreurs à éviter
Citer « l’homme est un loup pour l’homme » comme une invention de Hobbes. Il reprend une formule de Plaute.
La phrase vient d’une comédie latine, et Hobbes l’équilibre par une autre.
Faire de Hobbes un défenseur du droit divin des rois. Sa souveraineté naît d’un contrat entre les hommes.
Son raisonnement repose sur le consentement et la peur, non sur l’autorité de Dieu.
Dire que l’état de nature est une époque historique. C’est d’abord une hypothèse sur ce qui arrive sans pouvoir commun.
Hobbes s’en sert pour montrer pourquoi il faut obéir, et ne fait pas œuvre d’historien.
Exercices corrigés
1. En quelle année paraît le Léviathan ?
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1651. 1642 est la date du De Cive, 1679 celle de sa mort.
2. Quelle n’est pas une cause de querelle pour Hobbes ?
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La pitié. La pitié joue au contraire un grand rôle chez Rousseau.
3. Pourquoi les hommes sont-ils égaux à l’état de nature ?
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Parce que le plus faible peut tuer le plus fort. Cette égalité dans la capacité de tuer fonde la crainte mutuelle.
4. Le souverain de Hobbes est…
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extérieur au contrat. Les sujets s’engagent entre eux. Le souverain n’a pas de promesse à tenir envers eux.
5. Dans quelle situation un sujet peut-il refuser d’obéir selon Hobbes ?
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Quand le souverain menace sa vie. Le contrat a pour but la conservation de la vie : ce droit-là ne peut être abandonné.
6. D’où vient la formule homo homini lupus ?
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De Plaute. Hobbes reprend ce mot d’un auteur comique latin.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que l’état de nature selon Hobbes ?
C’est la condition des hommes sans pouvoir commun. Elle se caractérise par la méfiance et la guerre de chacun contre chacun, et aucune loi n’y fixe le juste et l’injuste.
Pourquoi le livre s’appelle-t-il Léviathan ?
Le Léviathan est un monstre du livre de Job. Hobbes emploie ce nom pour désigner la puissance de l’État, qui surpasse toute puissance des individus.
Hobbes était-il pour la monarchie ?
Il la préfère, mais sa théorie vaut aussi pour une assemblée souveraine : l’essentiel est que le pouvoir soit un et indivisible.