L’essentiel
La proposition subordonnée conjonctive est introduite par une conjonction de subordination. Elle est complétive quand elle complète un verbe ou un nom : je crois qu’il pleut. Elle est circonstancielle quand elle indique le temps, la cause, le but ou une autre circonstance : je sors quand il fait beau.
Reconnaître une subordonnée conjonctive
Une proposition subordonnée conjonctive commence par une conjonction de subordination : que, quand, parce que, afin que, bien que, si. Cette conjonction relie la subordonnée à la principale, mais elle n’a aucune fonction dans la subordonnée. C’est ce qui la distingue du pronom relatif.
La tradition classe ces subordonnées en deux grandes familles. La terminologie de 2020 garde cette distinction, mais réserve le mot « conjonctive » aux complétives en que et parle simplement de subordonnées circonstancielles pour les autres.
| Complétive | Circonstancielle | |
|---|---|---|
| Introduite par | que, parfois à ce que, de ce que | quand, parce que, pour que, bien que… |
| Se comporte comme | Un groupe nominal | Un complément circonstanciel |
| Suppression | En général impossible | Possible |
| Déplacement | Impossible en général | Possible |
| Exemple | Je veux que tu viennes. | Je viendrai quand tu voudras. |
La proposition subordonnée complétive et sa fonction
La subordonnée complétive complète un mot de la principale. On peut souvent la remplacer par un groupe nominal ou par le pronom « cela » : je crois qu’il dit vrai, je crois cela.
| Fonction | Exemple |
|---|---|
| COD | Je pense que tu as raison. |
| Sujet | Que tu viennes me ferait plaisir. |
| Attribut du sujet | Mon vœu est que tu réussisses. |
| COI | Je m’attends à ce que tu viennes. |
| Complément du nom | La crainte qu’il pleuve me retient. |
| Apposition | Je ne veux qu’une chose : que tu sois heureux. |
La proposition subordonnée circonstancielle
La subordonnée circonstancielle a la fonction de complément circonstanciel. Elle se classe selon son sens, donné par la conjonction, qui impose aussi le mode du verbe.
| Sens | Conjonctions | Mode | Exemple |
|---|---|---|---|
| Temps | quand, lorsque, dès que, pendant que, après que, depuis que | Indicatif | Je pars dès qu’il arrive. |
| Temps (avant) | avant que, jusqu’à ce que, en attendant que | Subjonctif | Pars avant qu’il pleuve. |
| Cause | parce que, puisque, comme, étant donné que | Indicatif | Je reste parce qu’il pleut. |
| Conséquence | si bien que, de sorte que, au point que, tellement… que | Indicatif | Il s’est entraîné, si bien qu’il a gagné. |
| But | pour que, afin que, de peur que | Subjonctif | Parle fort pour qu’on t’entende. |
| Concession | bien que, quoique | Subjonctif | Bien qu’il pleuve, je sors. |
| Concession | même si | Indicatif | Même s’il pleut, je sors. |
| Opposition | alors que, tandis que | Indicatif | Il rit alors qu’elle pleure. |
| Hypothèse ou condition | si | Indicatif | Si tu veux, je t’aide. |
| Hypothèse ou condition | à condition que, pourvu que, à moins que | Subjonctif | Je viens à condition que tu restes. |
| Comparaison | comme, de même que, ainsi que | Indicatif | Il agit comme il l’a promis. |
Si : hypothèse ou interrogation
Le mot « si » introduit deux subordonnées différentes. Après un verbe comme demander ou savoir, il introduit une interrogative indirecte, qui est une complétive. Ailleurs, il introduit une circonstancielle d’hypothèse.
- Je me demande si tu viendras : interrogative indirecte, COD. Le futur est possible.
- Si tu viens, je serai content : circonstancielle. Jamais de futur ni de conditionnel après ce si.
Les subordonnées conjonctives au lycée
Le programme de français de première inclut les subordonnées conjonctives à valeur de complément circonstanciel. On te demande de les délimiter, d’identifier la conjonction, de donner leur sens et leur fonction.
- Délimite la subordonnée, du mot introducteur à la fin du groupe.
- Nomme : proposition subordonnée conjonctive circonstancielle.
- Donne la valeur : temps, cause, concession, etc.
- Donne la fonction : complément circonstanciel de la proposition principale.
Les erreurs à éviter
après qu’il soit parti après qu’il est parti
Après que exprime un fait réalisé : il se construit avec l’indicatif. C’est avant que qui demande le subjonctif.
bien qu’il est tard bien qu’il soit tard
Bien que et quoique imposent le subjonctif.
Si j’aurais su, je serais venu. Si j’avais su, je serais venu.
Après le si d’hypothèse, on n’emploie pas le conditionnel.
Exercices corrigés
1. Dans « Je pense que tu devrais rester », la subordonnée est :
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une complétive COD. Elle complète le verbe pense : je pense cela.
2. Dans « Nous partirons dès que le soleil se lèvera », la subordonnée exprime :
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le temps. « Dès que » indique le moment de l’action.
3. Complète : « Bien qu’il … malade, il travaille. »
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soit. « Bien que » impose le subjonctif.
4. Dans « Il a tant couru qu’il est épuisé », la subordonnée exprime :
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la conséquence. L’épuisement est le résultat de la course.
5. Dans « L’idée que tu t’en ailles me rend triste », « que » est :
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une conjonction de subordination. On ne peut pas remplacer que par idée dans la proposition : il n’y a aucune fonction, c’est une conjonction.
6. Complète : « Si tu …, tu réussiras. »
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travailles. Après le si d’hypothèse, le présent appelle le futur dans la principale.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’une proposition subordonnée conjonctive ?
C’est une subordonnée introduite par une conjonction de subordination : que, quand, parce que, bien que. Elle est complétive ou circonstancielle.
Quelle différence entre complétive et circonstancielle ?
La complétive complète un verbe ou un nom et ne se déplace pas. La circonstancielle indique une circonstance, et on peut la déplacer ou la supprimer.
Comment distinguer une conjonctive d’une relative ?
Dans une relative, le pronom a une fonction et reprend un antécédent. Dans une conjonctive, la conjonction n’a pas de fonction.