L’essentiel
Au XIXe siècle, les femmes n’ont pas les mêmes droits que les hommes en France. Le Code civil de 1804 soumet la femme mariée à son mari, et elles n’ont pas le droit de vote. Pourtant, beaucoup travaillent, à la ferme, à l’usine ou comme domestiques. À la fin du siècle, l’école et les luttes féministes font bouger les choses.
La place de la femme au XIXe siècle : mineure devant la loi
La place de la femme au XIXe siècle est d’abord fixée par le droit. La Révolution française n’a pas donné de droits politiques aux femmes. En 1791, Olympe de Gouges publie sa Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne. Elle est guillotinée en 1793.
Le Code civil de 1804 organise ensuite une inégalité durable. L’article 213 dit que le mari doit protection à sa femme et la femme obéissance à son mari. Une femme mariée ne peut pas gérer ses biens, signer un contrat ou aller en justice sans l’accord de son époux. Les juristes parlent d’incapacité : elle est traitée comme une mineure.
Le suffrage dit « universel » de 1848 est en réalité masculin. Les Françaises ne votent pas avant 1945.
Le travail des femmes au XIXe siècle
L’image de la femme au foyer vaut surtout pour la bourgeoisie. En 1906, les femmes forment environ 37 % de la population active en France. Leur vie dépend beaucoup de leur milieu social.
| Milieu | Travail | Vie quotidienne |
|---|---|---|
| Paysannes | Travaux des champs, bétail, maison | Le groupe le plus nombreux, un travail peu reconnu |
| Ouvrières et domestiques | Textile, couture à domicile, service chez les bourgeois | Longues journées, salaires bien plus bas que ceux des hommes |
| Bourgeoises | En général, pas d’emploi | Gestion de la maison, éducation des enfants, charité |
Des lois sur le travail des femmes
La loi du 2 novembre 1892 limite le travail des femmes à 11 heures par jour dans l’industrie et leur interdit le travail de nuit. Elle les protège, mais elle réduit aussi leurs possibilités d’emploi. La loi du 13 juillet 1907 autorise enfin les femmes mariées à disposer librement de leur salaire.
Astuce : Un sujet de brevet te demande de décrire la condition des femmes ? Distingue toujours les trois plans : le droit, le travail, l’éducation.
L’éducation des filles : un accès progressif
Les lycées de jeunes filles n’enseignent ni le latin ni les matières qui préparent au baccalauréat : ils forment d’abord de bonnes épouses et mères. Mais les institutrices, formées dans les écoles normales, ouvrent aux femmes un métier reconnu.
| Date | Avancée |
|---|---|
| 1850 | Loi Falloux : école de filles dans les communes de plus de 800 habitants. |
| 1861 | Julie-Victoire Daubié est la première femme bachelière de France. |
| 1867 | Loi Duruy : école de filles dans les communes de plus de 500 habitants. |
| 1875 | Madeleine Brès est la première Française docteure en médecine. |
| 1880 | Loi Camille Sée : création de lycées de jeunes filles. |
| 1881-1882 | Lois Ferry : école gratuite, puis obligatoire et laïque, pour les filles comme pour les garçons. |
| 1900 | Une loi ouvre le barreau aux femmes. |
Les luttes des femmes et les personnages clés
Au cours du siècle, des femmes réclament l’égalité. En 1848, elles fondent des journaux et des clubs. En 1871, elles participent à la Commune de Paris. Dans les années 1880, le mot féministe se répand en France, notamment grâce à Hubertine Auclert. Le divorce, créé en 1792, restreint en 1804 et supprimé en 1816, est rétabli par la loi Naquet en 1884.
| Personnage | Pourquoi elle compte |
|---|---|
| Olympe de Gouges | Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne (1791) |
| George Sand | Romancière, elle mène une vie libre et publie sous un nom d’homme |
| Flora Tristan | Militante, elle défend les ouvriers et les femmes dans les années 1840 |
| Louise Michel | Institutrice, combattante de la Commune, déportée en Nouvelle-Calédonie |
| Hubertine Auclert | Suffragiste, fonde le journal La Citoyenne en 1881 |
| Marguerite Durand | Fonde en 1897 La Fronde, journal entièrement réalisé par des femmes |
| Marie Curie | Prix Nobel de physique en 1903 et de chimie en 1911 |
Les erreurs à éviter
Au XIXe siècle, les femmes ne travaillent pas. Plus d’un tiers des actifs sont des femmes au début du XXe siècle.
Seules les bourgeoises restent le plus souvent sans emploi. Les paysannes, les ouvrières et les domestiques travaillent.
Le suffrage universel de 1848 concerne tous les adultes. Il ne concerne que les hommes.
Les femmes votent pour la première fois en 1945.
Le Code civil met fin aux inégalités. Il consacre l’égalité entre les hommes, pas entre les hommes et les femmes.
L’épouse doit obéissance à son mari.
Exercices corrigés
1. Quel texte de 1804 impose à la femme l’obéissance à son mari ?
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Le Code civil. L’article 213 du Code civil organise la soumission de l’épouse.
2. Qui publie la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne ?
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Olympe de Gouges. Elle la publie en 1791, et elle est guillotinée en 1793.
3. Dans quel groupe social les femmes restent-elles le plus souvent sans emploi ?
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Les bourgeoises. Les bourgeoises s’occupent de la maison, des enfants et de la charité.
4. Que crée la loi Camille Sée de 1880 ?
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Des lycées de jeunes filles. L’enseignement secondaire public s’ouvre aux filles, sans mener au baccalauréat.
5. Quelle loi permet aux femmes mariées de disposer de leur salaire ?
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La loi de 1907. Avant 1907, le salaire de l’épouse pouvait être géré par son mari.
6. Pourquoi la loi de 1892 sur le travail des femmes est-elle ambiguë ?
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Elle les protège tout en limitant leur accès à certains emplois. Limiter leur temps de travail et interdire le travail de nuit les protège, mais les écarte aussi de certains postes.
Questions fréquentes
Quelle était la place de la femme au XIXe siècle ?
Elle est considérée comme inférieure à l’homme par la loi : l’épouse doit obéissance à son mari et les femmes n’ont pas le droit de vote. Elles jouent pourtant un grand rôle au travail et dans la famille.
Quels métiers faisaient les femmes au XIXe siècle ?
Surtout paysannes, ouvrières du textile, couturières et domestiques. À la fin du siècle, le métier d’institutrice se développe, et quelques femmes deviennent médecins ou avocates.
Qui est la première femme bachelière ?
Julie-Victoire Daubié, qui obtient le baccalauréat à Lyon en 1861, à 37 ans.