L’essentiel
La socialisation est le processus par lequel un individu apprend et intériorise les normes, les valeurs et les rôles de sa société. Elle commence dans l’enfance, c’est la socialisation primaire, et se poursuit toute la vie, c’est la socialisation secondaire. Famille, école, pairs et médias en sont les principales instances.
La socialisation : définition
Personne ne naît en sachant comment se comporter. La socialisation désigne cet apprentissage : on découvre ce qui se fait ou non, ce qu’on attend de soi, et on finit par le trouver naturel. On dit que les règles sont intériorisées : elles guident nos actions sans qu’on y pense.
La socialisation forme des goûts, des manières de parler, des façons de se tenir. Elle explique pourquoi des personnes de milieux différents n’ont pas les mêmes pratiques, sans que ce soit une question de nature.
Les instances de socialisation
- La famille : première instance, elle transmet la langue, les manières de faire et une partie des valeurs.
- L’école : elle apprend le respect des règles communes et enseigne des savoirs.
- Les pairs : les amis du même âge imposent leurs codes, surtout à l’adolescence. C’est une socialisation horizontale.
- Les médias et le numérique : ils diffusent des modèles et des normes.
- Le travail : il apprend des codes, un vocabulaire et une identité professionnelle.
Astuce : Une instance de socialisation est un lieu ou un groupe qui transmet des normes. Pense à en citer plusieurs, car elles peuvent se contredire.
Comment la socialisation se fait
| Mode | Principe | Exemple |
|---|---|---|
| Inculcation | Apprentissage explicite, avec consignes et sanctions | Un parent dit : « Dis merci. » |
| Imprégnation | Apprentissage diffus, par simple exposition | Un enfant reprend l’accent de ses parents |
| Interaction | Apprentissage par l’expérience avec les autres | Comprendre les règles d’un jeu en jouant avec ses amis |
Socialisation différentielle : genre et milieu social
La socialisation différentielle, ou différenciée, signifie que tous les individus ne sont pas socialisés de la même façon. On n’attend pas la même chose d’une fille et d’un garçon : jouets, compliments, activités encouragées varient, ce qui oriente ensuite les études et les métiers.
Le milieu social joue aussi. Pierre Bourdieu parle d’habitus : un ensemble de dispositions acquises dans son milieu, qui orientent les goûts et les pratiques. Le capital culturel, c’est-à-dire les savoirs et les diplômes de la famille, facilite plus ou moins la réussite à l’école.
Les configurations familiales comptent également : famille monoparentale, recomposée, nombre d’enfants, place dans la fratrie. Bernard Lahire ajoute, dans L’Homme pluriel (1998), que chacun est marqué par des expériences parfois contradictoires : un individu n’est pas enfermé par une seule socialisation.
Les erreurs à éviter
La socialisation s’arrête à la fin de l’enfance. Elle dure toute la vie.
Un nouveau travail, un couple ou un déménagement transforment encore l’individu.
Socialisation veut dire se faire des amis. C’est l’apprentissage des normes et des valeurs.
Se faire des amis relève de la sociabilité, une autre notion.
Les différences entre filles et garçons sont naturelles. La socialisation joue un rôle majeur dans ces écarts.
Les sociologues montrent que les attentes et les pratiques diffèrent dès la petite enfance.
Exercices corrigés
1. La socialisation primaire se déroule surtout…
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dans l’enfance. Elle correspond aux premiers apprentissages, dans l’enfance et l’adolescence.
2. Qu’est-ce qu’une instance de socialisation ?
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Un groupe ou un lieu qui transmet des normes. La famille, l’école ou les pairs en sont des exemples.
3. Un enfant adopte peu à peu les expressions de ses parents, sans qu’on le lui demande. C’est…
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de l’imprégnation. L’apprentissage est diffus, sans consigne.
4. Une jeune diplômée apprend les usages de son entreprise. C’est…
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une socialisation secondaire. Elle a lieu à l’âge adulte, dans une nouvelle sphère.
5. Un élève d’un milieu populaire commence à parler comme les cadres qu’il veut rejoindre. C’est…
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une socialisation anticipatrice. Il adopte à l’avance les normes du groupe de référence.
6. Quelle idée correspond à Bernard Lahire ?
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Un individu porte des dispositions multiples, parfois contradictoires. C’est le sens de L’Homme pluriel : plusieurs socialisations cohabitent chez une même personne.
Questions fréquentes
Quelle est la définition de la socialisation ?
C’est le processus par lequel les individus apprennent et intériorisent les normes, les valeurs et les rôles de leur société.
Quelle différence entre socialisation et sociabilité ?
La socialisation est un apprentissage. La sociabilité désigne l’ensemble des relations qu’une personne entretient avec les autres.
Comment devenons-nous des acteurs sociaux ?
Par la socialisation : la famille, l’école, les pairs et les médias nous transmettent des manières d’agir, que nous adaptons ensuite à notre propre parcours.
Qu’est-ce que la socialisation différentielle ?
C’est le fait que les individus sont socialisés différemment selon leur genre, leur milieu social ou leur configuration familiale.
Socialisation primaire et secondaire
Cette distinction vient notamment de Peter Berger et Thomas Luckmann (1966). La socialisation secondaire peut confirmer la primaire ou la contredire, par exemple quand un enfant d’ouvrier entre dans une grande école.
La socialisation anticipatrice, décrite par Robert Merton, consiste à adopter à l’avance les normes d’un groupe qu’on veut rejoindre. Le groupe auquel on appartient est le groupe d’appartenance, celui auquel on se compare est le groupe de référence.