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Le vote : abstention, comportement électoral et sociologie

L’essentiel

Le vote est à la fois un choix individuel et un comportement collectif. Il dépend de variables sociales comme l’âge, le diplôme ou la profession, de l’attachement à un camp et des enjeux de l’élection. L’abstention se calcule ainsi : abstentionnistes ÷ inscrits × 100. Elle varie fortement selon le type de scrutin.

Les notions à connaître

En France, le droit de vote s’est élargi progressivement : suffrage universel masculin en 1848, droit de vote des femmes en 1944, avec un premier vote en 1945, majorité électorale à 18 ans en 1974.

Taux d’abstention = abstentionnistes ÷ inscrits × 100. Les résultats des candidats se calculent sur les suffrages exprimés.

TermeSens
InscritsPersonnes sur les listes électorales
VotantsInscrits qui ont déposé un bulletin
AbstentionnistesInscrits qui n’ont pas voté
Suffrages exprimésVotants moins les bulletins blancs et nuls
  • Avec 40 millions d’inscrits et 30 millions de votants, on compte 10 millions d’abstentionnistes : 10 ÷ 40 × 100 = 25 %.

L’abstention selon les élections

L’abstention dépend de l’enjeu perçu : la présidentielle mobilise plus que les européennes. Une personne non inscrite n’est pas comptée comme abstentionniste, ce qui sous-estime la non-participation.

Beaucoup d’électeurs ne sont pas des abstentionnistes constants : ils votent à certains scrutins et pas à d’autres. On parle de vote intermittent. Les politistes distinguent aussi ceux qui s’abstiennent par éloignement de la politique de ceux qui le font pour exprimer un mécontentement.

Abstention en France, taux arrondis
ScrutinTaux d’abstention
Présidentielle 2022, 1er tour26,3 %
Présidentielle 2022, 2e tour28,0 %
Législatives 2024, 1er tour33,3 %
Municipales 2026, 1er tour42,9 %
Européennes 202448,5 %

Pourquoi vote-t-on ? Un choix individuel

Dans une approche rationnelle, un électeur compare coûts et bénéfices. Anthony Downs montre en 1957 un paradoxe : une voix a très peu de chances de changer le résultat, alors que voter prend du temps. Le fait que beaucoup votent quand même s’explique en partie par le sens du devoir.

Le vote sur enjeu se développe : l’électeur choisit en fonction de thèmes précis, comme l’emploi ou l’environnement. Il change plus facilement de choix d’une élection à l’autre : c’est la volatilité électorale.

Le vote, un comportement collectif

Le vote reste lié au groupe social. Dès 1944, l’équipe de Paul Lazarsfeld montre que l’environnement proche pèse sur les choix. André Siegfried avait déjà souligné en 1913 le poids du territoire dans l’ouest de la France.

En 1960, l’école de Michigan met en avant l’identification partisane : un attachement durable à un parti, souvent transmis par la famille. Cet attachement a reculé dans beaucoup de démocraties.

  • L’âge : les jeunes votent moins régulièrement que leurs aînés.
  • Le diplôme : les plus diplômés votent davantage.
  • La catégorie sociale : le lien entre profession et vote existe toujours, mais il s’est transformé.
  • La religion, le patrimoine, le territoire : ils continuent d’orienter une partie des votes.

Astuce : Pour une dissertation, ne choisis pas entre les deux visions : le vote est individuel au moment du bulletin et collectif dans ce qui le façonne.

Les erreurs à éviter

  • Le taux d’abstention se calcule sur toute la population. Il se calcule sur les inscrits.

    Les mineurs et les non-inscrits ne font pas partie du calcul.

  • Le vote blanc compte dans les suffrages exprimés. Le vote blanc est décompté à part.

    Depuis 2014, il est recensé séparément, mais il n’entre pas dans les suffrages exprimés.

  • Un abstentionniste se désintéresse forcément de la politique. L’abstention peut aussi être un choix.

    Elle peut exprimer un refus de l’offre électorale ou dépendre de l’élection.

Exercices corrigés

  1. 1. Une ville compte 20 000 inscrits et 13 000 votants. Quel est le taux d’abstention ?

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    35 %. 7 000 abstentionnistes : 7 000 ÷ 20 000 × 100 = 35 %.

  2. 2. Sur 33 millions de votants, on compte 1 million de bulletins blancs et nuls. Combien y a-t-il de suffrages exprimés ?

    Voir la correction

    32 millions. 33 - 1 = 32 millions.

  3. 3. Avec ces 32 millions de suffrages exprimés, un candidat obtient 16,5 millions de voix. Quel est son score ?

    Voir la correction

    51,6 %. 16,5 ÷ 32 × 100 ≈ 51,6 %.

  4. 4. Quelle élection connaît en général la plus forte participation en France ?

    Voir la correction

    La présidentielle. L’enjeu perçu y est le plus fort.

  5. 5. Lou vote à la présidentielle, mais pas aux européennes. On parle de…

    Voir la correction

    vote intermittent. Elle participe à certains scrutins seulement.

  6. 6. Un électeur choisit à chaque scrutin selon le thème qui le préoccupe le plus. Il s’agit…

    Voir la correction

    de vote sur enjeu. Son choix dépend d’enjeux précis, pas d’un attachement durable.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que l’identification partisane ?

C’est un attachement durable d’un électeur à un parti politique, souvent acquis dans la famille. La notion vient de l’école de Michigan, aux États-Unis, en 1960.

Voter est-il une affaire individuelle ou collective ?

Les deux : l’électeur décide seul dans l’isoloir, mais son choix dépend de sa socialisation, de son groupe social et du contexte de l’élection.

Quelle différence entre vote blanc et vote nul ?

Le vote blanc est un bulletin vide, ou une enveloppe vide, qui exprime un refus de choisir. Le vote nul est un bulletin non valable, par exemple annoté ou déchiré.

Pourquoi les jeunes votent-ils moins ?

Plusieurs facteurs jouent : une insertion sociale moins stable, des déménagements et des inscriptions moins à jour, ou une participation plus fréquente sous d’autres formes, comme les pétitions et les manifestations.

Pour aller plus loin