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Corrigé du brevet de français 2025 : rédaction (Métropole)

Le sujet en bref

Deux sujets au choix, liés au texte de Simone de Beauvoir sur l’arrivée à Marseille. Le sujet d’imagination demande une lettre de la narratrice à ses parents. Le sujet de réflexion demande si la littérature et les arts font découvrir des lieux comme si l’on y était. Ce corrigé donne pour chacun les attentes, un plan et un exemple rédigé.

Sujet officiel

Sujet d’imagination : la lettre de la narratrice à ses parents (40 points)

Le sujet s’appuie sur l’extrait de La Force de l’âge de la partie compréhension. Ce qui suit est une proposition : une autre lettre, cohérente avec le texte et bien écrite, est aussi valable.

Ce qu’attend le sujet

Raconter dans une lettre, au nom de la narratrice, les jours qui suivent son arrivée à Marseille.

La forme. C’est une lettre : lieu et date, formule d’appel, paragraphes, formule de fin, sans signature. La narratrice s’adresse à ses parents, qu’elle vient de quitter : le ton est respectueux et affectueux.

Le contenu. Le sujet impose quatre éléments : les expériences vécues, les lieux explorés, les personnes rencontrées et les impressions de la narratrice.

La cohérence avec le texte. La narratrice est une femme de vingt-trois ans, professeure dans un lycée. Elle loue une chambre dans un restaurant près de la gare, elle aime déjà la ville et elle découvre sa liberté. C’est l’automne.

La langue. La lettre mêle le présent, pour les impressions du moment, et le passé composé, pour les événements racontés. La description doit faire appel aux sens, comme dans l’extrait.

Conseil : Ne signe pas. Le sujet l’interdit, pour que ta copie reste anonyme. Arrête-toi sur la formule finale, sans aucun prénom, pas même celui de la narratrice.

Plan proposé

En-tête et ouverture. Lieu, date, formule d’appel, excuse pour le silence des premiers jours.

Paragraphe 1 : l’installation. La chambre, la patronne du restaurant, une première rencontre qui rassure les parents.

Paragraphe 2 : le lycée. Les élèves, la directrice, le plaisir d’enseigner.

Paragraphe 3 : la découverte de la ville. Deux lieux décrits avec précision, avec les couleurs, les bruits et les odeurs.

Paragraphe 4 : le bilan. Le manque des proches, la solitude, mais aussi la joie d’être libre.

Clôture. Une formule affectueuse, sans signature.

Exemple rédigé

Marseille, le 14 octobre

Chers parents,

Voilà dix jours que je suis arrivée, et je vous dois enfin de mes nouvelles. Pardonnez mon silence : je ne cesse de marcher, et le soir je tombe de sommeil sur ma grande table.

Commençons par vous rassurer. Je loge au-dessus d’un restaurant, près de la gare. La chambre n’a rien de gracieux, mais elle est propre, et la patronne veille sur moi comme sur une de ses poules. Cette femme ronde, à la voix de trompette, m’a d’abord regardée avec méfiance : une Parisienne seule, qui lit à table ! Hier, elle a glissé sans un mot une part de tarte près de mes cahiers. J’ai compris que j’étais adoptée.

Au lycée, mes élèves m’ont observée le premier jour comme une bête curieuse. Une grande brune du premier rang a levé la main pour me demander si le soleil existait à Paris. J’ai ri, et toute la classe avec moi. Depuis, je prépare mes cours avec plaisir. La directrice, sévère en apparence, me laisse libre, et cette confiance m’intimide plus qu’un reproche.

Mais c’est la ville que je veux vous raconter. Chaque après-midi, je pars au hasard, sans plan, pour le plaisir de me perdre. J’ai découvert le Vieux-Port au petit matin : les pêcheurs vident sur les étals des poissons encore frétillants, les femmes crient leurs prix dans un français dont je saisis un mot sur deux, et l’air sent le sel et les cordages mouillés. Dimanche, j’ai grimpé jusqu’à Notre-Dame de la Garde. Le vent a failli m’arracher mon chapeau. De là-haut, les maisons ressemblaient à une poignée de dés jetée entre les collines et la mer, et j’ai eu envie de crier de joie, toute seule, comme une enfant.

Ne croyez pas pour autant que je vous oublie. Le soir, quand le bruit du restaurant s’éteint, je pense à notre table, à vos voix, et la chambre me paraît soudain très grande. Cette solitude me pèse parfois, je vous l’avoue. Pourtant, elle m’apprend quelque chose : ici, personne ne décide à ma place. Je n’ai jamais été aussi fatiguée, ni aussi vivante.

Écrivez-moi vite, et ne vous inquiétez pas pour moi. Je vous embrasse tendrement.

Conseil : Ce modèle reprend les quatre demandes du sujet dans des paragraphes distincts, et il s’arrête sur la formule finale, sans signature. Tes propres anecdotes comptent plus que leur nombre : une scène précise vaut mieux qu’une liste de lieux.

Sujet de réflexion : découvrir des lieux grâce aux arts (40 points)

Ce plan est une proposition : un autre plan bien argumenté, avec d’autres exemples, est aussi valable.

Ce qu’attend le sujet

Dire si la littérature et les arts font découvrir des lieux réels ou fictifs comme si l’on s’y trouvait.

Les mots clés. Le sujet parle de la littérature et des arts en général : il faut varier les exemples (roman, cinéma, peinture, bande dessinée). Il parle de lieux réels ou fictifs : il faut traiter les deux. L’expression comme s’ils y étaient est le cœur du sujet : elle suppose une impression de présence, pas une présence réelle.

La forme. Une introduction, un développement organisé en paragraphes, une conclusion. Chaque paragraphe défend une idée et l’appuie sur un exemple précis, expliqué.

Le lien avec le texte. Tu peux citer l’extrait de Simone de Beauvoir ou le tableau de Bazille comme exemples, sans t’y limiter.

Conseil : Une question fermée ne se règle pas par un oui. Montre ce que les œuvres réussissent, puis ce qui leur échappe.

Plan proposé

I. Les œuvres nous transportent. Les descriptions sollicitent nos sens et les images nous placent dans le décor, pour les lieux réels comme pour les lieux imaginaires. Exemples : Germinal d’Émile Zola, Vingt Mille Lieues sous les mers de Jules Verne, Le Lotus bleu d’Hergé, les films du Seigneur des anneaux.

II. Cette présence reste une illusion. Le corps ne vit pas le lieu, et l’artiste choisit et déforme ce qu’il montre. Exemples : Impression, soleil levant de Claude Monet, Tintin au Congo d’Hergé.

III. L’art apporte pourtant plus qu’une visite. Il donne un regard et une émotion, et il ouvre des lieux où personne ne peut aller. Exemples : l’extrait de Simone de Beauvoir, La Nuit étoilée de Vincent Van Gogh, Notre-Dame de Paris de Victor Hugo.

Exemple rédigé

Nous avons tous déjà refermé un livre ou quitté une salle de cinéma avec l’impression de revenir de loin. La littérature et les arts nous font-ils vraiment découvrir des lieux, réels ou fictifs, comme si nous y étions ? Les œuvres ont sans doute ce pouvoir, mais il repose sur une illusion, et c’est peut-être cette illusion qui fait leur richesse.

D’abord, les œuvres savent nous transporter. Un écrivain qui décrit un lieu fait appel à nos sens. Dans Germinal, Émile Zola nous fait descendre dans une mine du Nord : le lecteur croit éprouver l’obscurité, la chaleur et l’étroitesse des galeries. De même, Simone de Beauvoir mêle les couleurs, les bruits et les odeurs pour faire surgir Marseille devant nous. Ce pouvoir vaut aussi pour les lieux que personne n’a vus. Dans Vingt Mille Lieues sous les mers, Jules Verne entraîne ses lecteurs au fond de l’océan à bord du Nautilus. Le dessin et le cinéma vont encore plus loin, puisqu’ils montrent ce que le roman suggère : Hergé recrée les rues de Shanghai dans Le Lotus bleu, et les films du Seigneur des anneaux donnent un paysage à la Terre du Milieu.

Cependant, cette présence reste une illusion. Nous ne sentons ni le vent ni la fatigue, et nous pouvons fermer le livre à tout moment. De plus, l’œuvre n’est jamais une copie du monde, car l’artiste choisit ce qu’il montre. Dans Impression, soleil levant, Claude Monet ne décrit pas le port du Havre en détail : il peint la lumière d’un instant. Ce regard peut même tromper. Hergé n’était jamais allé au Congo quand il a dessiné Tintin au Congo : il montre cette colonie belge à travers les préjugés racistes de son époque. Le lecteur qui s’y fierait ne découvrirait pas un pays, mais des clichés.

Pourtant, cette différence avec le réel fait aussi la force de l’art. Une œuvre ne donne pas seulement un décor : elle transmet une émotion. Un touriste à Marseille verrait les mêmes rues que Simone de Beauvoir, mais il ne ressentirait pas le bouleversement d’une jeune femme qui y commence sa vie. Dans La Nuit étoilée, le ciel tourbillonnant de Van Gogh ne ressemble à aucun ciel réel, et il nous fait pourtant partager un état d’âme. Enfin, seuls les arts ouvrent certains lieux. Personne ne peut plus se promener dans le Paris médiéval, et Victor Hugo nous y conduit dans Notre-Dame de Paris.

Ainsi, la littérature et les arts ne remplacent pas le voyage, car ils nous offrent une présence imaginaire. Mais ils nous font voir un lieu avec les yeux et le cœur d’un autre, ce qu’aucun billet de train ne permet. Et souvent, ils nous donnent envie de partir voir par nous-mêmes.

Conseil : Remplace ces exemples par tes propres lectures si tu les connais mieux : le correcteur valorise un exemple bien expliqué, pas une liste de titres.

Les erreurs à éviter sur ce sujet

  • Écrire un récit sans en-tête ni formule de fin pour le sujet d’imagination.

    Respecter la forme de la lettre : lieu, date, formule d’appel, formule finale, sans signature.

    Le sujet impose une lettre aux parents. Cette forme fait partie de la consigne.

  • Oublier une des quatre demandes, par exemple ne raconter que des promenades.

    Traiter les expériences, les lieux, les personnes et les impressions.

    Le sujet les énumère : c’est la liste à contrôler avant de rendre ta copie.

  • Faire de la narratrice une lycéenne ou l’installer dans une vie sans travail.

    Garder une jeune professeure, avec son lycée, ses cours et sa chambre près de la gare.

    La lettre prolonge le texte : une contradiction avec l’extrait se voit tout de suite.

  • Ne parler que de romans dans le sujet de réflexion.

    Varier les arts : roman, peinture, cinéma, bande dessinée.

    Le sujet vise la littérature et les arts en général, et il demande des exemples de culture artistique personnelle.

  • Citer des titres sans dire ce qu’ils prouvent.

    Présenter l’œuvre en une phrase, puis expliquer le lien avec l’idée défendue.

    Un exemple sert une argumentation : sans explication, il ne démontre rien.

Questions fréquentes

Combien de temps dure la rédaction du brevet 2025 et combien de points vaut-elle ?

Le sujet indique 1 h 30 pour 40 points. Tu composes sur une copie distincte.

Faut-il traiter les deux sujets ?

Non. Tu en choisis un seul, soit le sujet d’imagination, soit le sujet de réflexion.

Le dictionnaire est-il autorisé ?

Oui, pour la rédaction, le sujet autorise le dictionnaire. La calculatrice reste interdite.

Peut-on signer la lettre du sujet d’imagination ?

Non. Le sujet interdit de signer la composition, de citer un nom, celui d’un camarade ou celui de ton établissement. Termine sur la formule finale, sans prénom, même si la lettre est censée venir de la narratrice.

Les cours à revoir

Proposition de corrigé rédigée par Meilleur Étudiant, sans valeur officielle : le ministère ne publie pas de corrigé, et le barème réel appartient aux correcteurs. Ce sujet date d’avant la note sur 20 du brevet : son barème suit l’ancienne notation. Une erreur ? Écris-nous à contact@meilleuretudiant.fr.