Aller au contenu

Corrigé du brevet de français 2025 : compréhension et grammaire (Métropole)

Le sujet en bref

Le sujet s’appuie sur un extrait de La Force de l’âge de Simone de Beauvoir, où une jeune professeure arrive seule à Marseille, et sur La Robe rose de Frédéric Bazille. Il fallait repérer ce qui fait de cette arrivée un tournant, analyser des procédés d’écriture, puis réussir la réécriture au féminin pluriel, notée sur 10 points.

Sujet officiel

I. Compréhension et compétences d’interprétation (32 points)

Le texte de Simone de Beauvoir est encore protégé par le droit d’auteur : ce corrigé le paraphrase et renvoie aux lignes. Sur ta copie, à chaque renvoi, recopie les mots du texte entre guillemets. D’autres réponses sont possibles si elles sont justifiées.

Question 1 (4 points)

Dire ce que la narratrice vient faire à Marseille, avec deux citations.

La narratrice vient à Marseille pour y travailler : elle est professeure et va enseigner dans un lycée de la ville.

Première citation : aux lignes 13 et 14, elle annonce le nombre d’heures de cours qu’elle devra assurer chaque semaine.

Deuxième citation : aux lignes 24 et 25, elle rend visite à la directrice du lycée, et son emploi du temps est fixé.

Elle vient enseigner dans un lycée de Marseille.

Conseil : Ne fais pas d’elle une élève. Elle a vingt-trois ans, elle doit faire des cours et elle rencontre la directrice : c’est une enseignante.

Question 2 (4 points)

Montrer, avec deux éléments et des citations, que les lignes 1 à 4 présentent un moment important.

Premier élément : la narratrice regarde sa vie avec du recul et accorde à ce souvenir un poids exceptionnel. Elle affirme n’avoir vécu aucun instant vraiment décisif, puis elle explique que certains moments ont pris de l’importance après coup (lignes 1 à 3). Le vocabulaire de la lourdeur et de l’éclat les place au même rang que de grands événements.

Deuxième élément : elle désigne directement son arrivée à Marseille comme un changement de direction dans son histoire (ligne 4). Le mot qui signifie ce virage est renforcé par un adverbe et un adjectif qui insistent sur la nouveauté totale.

Conseil : Le sujet attend deux idées distinctes, chacune avec sa citation. Explique ensuite ce que la citation prouve : la recopier ne suffit pas.

Question 3 (6 points)

Trouver dans les lignes 5 à 18 trois signes qu’une vie nouvelle commence, avec une citation pour chacun.

Premier élément : la rupture avec le passé. La narratrice se décrit seule, sans bagage, coupée de tout ce qu’elle a connu et aimé (lignes 9 et 10).

Deuxième élément : l’opposition entre avant et maintenant. Jusque-là, elle dépendait des autres, qui lui fixaient des limites et des objectifs (lignes 11 et 12). À Marseille, au contraire, personne ne la connaît et elle ne compte pour personne (lignes 12 et 13).

Troisième élément : tout reste à créer. En dehors de ses cours, rien n’est prévu, pas même un endroit où dormir, et c’est à elle seule d’imaginer ses activités et ses plaisirs (lignes 14 et 15).

Tu peux aussi retenir la descente de l’escalier (lignes 16 à 18) : elle avance marche après marche vers une ville qui va lui apprendre qui elle est.

Conseil : Les connecteurs de temps et de lieu des lignes 11 et 12 sont de bons appuis : ils séparent clairement l’ancienne vie de la nouvelle.

Question 4 (6 points)

Montrer comment se manifeste l’émerveillement pour Marseille, en analysant deux procédés d’écriture.

Une métaphore amoureuse. À la ligne 27, la narratrice emploie l’image du coup de foudre. Marseille est traitée comme une personne dont on tombe amoureux à la première rencontre. Cette métaphore montre un sentiment soudain, violent et irrésistible. La phrase très courte, au passé simple, rend cette évidence immédiate.

Une accumulation de verbes d’action. Aux lignes 27 à 29, les actions au passé simple s’enchaînent, avec le pronom je répété en tête de chaque groupe. La narratrice grimpe, rôde, respire, se mêle à la foule, s’assoit. Le déterminant indéfini toutes, repris deux fois, montre qu’elle veut tout voir. Ce rythme traduit une curiosité insatiable : elle s’empare de la ville avec tout son corps.

Conseil : Trois temps sont attendus à chaque fois : nommer le procédé, le situer dans le texte, dire l’effet produit. D’autres choix conviennent : la répétition du démonstratif ces aux lignes 16 et 17, ou les notations de vue, d’ouïe et d’odorat dans la longue phrase des lignes 6 à 9, qui commence sans verbe.

Question 5 (6 points)

Attribuer trois traits de caractère à la narratrice, avec une citation pour chacun.

Courageuse et indépendante. Elle accepte de construire sa vie seule, sans aide, dans une grande ville inconnue (lignes 10 et 11).

Pragmatique. La chambre ne lui plaît pas, mais elle la prend parce que la table est pratique pour travailler et que le prix lui convient (lignes 21 à 23). En deux heures, elle a réglé son logement et son emploi du temps (lignes 24 et 25).

Curieuse et passionnée. À peine installée, elle part à la découverte de la ville et la parcourt sans relâche (lignes 26 à 29).

Conseil : Nomme chaque trait par un adjectif précis, puis prouve-le. Tu peux aussi parler de sa sensibilité : elle se dit émue à la ligne 16.

Question 6 : image (6 points)

Dire si le tableau La Robe rose pourrait illustrer le texte, avec trois arguments appuyés sur le texte et l’image.

Oui, ce tableau pourrait illustrer le texte, pour trois raisons.

Une femme seule qui domine une ville. Bazille peint une jeune femme de dos, assise sur un muret, qui regarde des maisons au loin. Le spectateur voit ce qu’elle voit. De même, la narratrice s’arrête seule en haut du grand escalier et contemple la cité (lignes 5, 6 et 10).

Un paysage du Sud. Le tableau montre des toits de tuiles ocre sous la lumière, de grands arbres sombres et un ciel clair. Ces éléments rappellent le décor méridional des lignes 6 et 7, avec ses tuiles au soleil, ses arbres et ses collines.

Un moment de contemplation au seuil d’un monde inconnu. La jeune femme est immobile, tournée vers le village, et son visage nous échappe presque entièrement. Le muret la sépare de ce qu’elle regarde. La narratrice, elle aussi immobile, se tient à la limite d’une ville qu’elle ne connaît pas encore (lignes 5 et 10).

Une nuance reste possible : le tableau montre un village calme, sans la mer, sans la foule ni le bruit de la grande cité décrite aux lignes 7 à 9.

Conseil : Chaque argument doit relier un détail précis de l’image à un passage précis du texte. Une description du tableau seule ne répond pas à la question.

II. Grammaire et compétences linguistiques (18 points)

Les mots analysés sont donnés isolément. Pour les phrases entières, reporte-toi au sujet.

Question 7. a) (1 point)

Donner la classe grammaticale du mot souligné, séparée.

Séparée est le participe passé du verbe séparer, employé ici comme un adjectif : il n’y a pas d’auxiliaire et le mot caractérise la narratrice.

Participe passé employé comme adjectif.

Conseil : Répondre adjectif se défend, mais la formule complète est plus sûre : elle donne à la fois la forme du mot et son emploi.

Question 7. b) (1 point)

Justifier la terminaison de ce mot.

Le mot se termine par -ée parce qu’il s’accorde, comme un adjectif, avec le pronom je, c’est-à-dire j’ en début de phrase. Ce pronom désigne la narratrice, une femme : le mot est donc au féminin singulier.

Conseil : Le pronom je ne montre pas son genre. Il faut dire qui il désigne pour justifier le e final.

Question 8. a) (2 points)

Délimiter les propositions du passage des lignes 24 et 25 et donner leur classe.

Le passage contient deux verbes conjugués, donc deux propositions : avais rendu et était fixé.

« [j’avais rendu … du lycée], [mon emploi … fixé] »

Chaque proposition pourrait former une phrase à elle seule et aucune ne dépend de l’autre : ce sont deux propositions indépendantes.

Deux propositions indépendantes.

Conseil : Sur ta copie, recopie le passage en entier avec ses crochets. Compter les verbes conjugués est le premier réflexe.

Question 8. b) (1 point)

Dire comment ces propositions sont reliées et nommer ce lien.

Elles sont reliées par une simple virgule, sans mot de liaison. Ce lien s’appelle la juxtaposition : les propositions sont juxtaposées.

Virgule : juxtaposition.

Question 9. a) (1,5 point)

Identifier et nommer les trois éléments qui composent immobilisai.

im- est un préfixe à valeur négative. C’est la forme que prend in- devant un m.

mobil est le radical, celui de l’adjectif mobile, qui signifie « qui peut bouger ».

-is(er) est un suffixe qui sert à former un verbe.

Le -ai final n’appartient pas à la construction du mot : c’est la terminaison du passé simple à la première personne du singulier.

Préfixe im-, radical mobil, suffixe -is(er).

Conseil : Une autre lecture se défend : im- (préfixe), mobilis- (radical du verbe), -ai (terminaison). Elle est moins solide, car une terminaison de conjugaison ne sert pas à construire le mot.

Question 9. b) (1,5 point)

Expliquer le sens du verbe et trouver un mot de la même famille.

S’immobiliser, c’est s’arrêter, cesser tout mouvement. Ici, la narratrice s’arrête en haut de l’escalier et reste sans bouger.

Mots de la même famille : immobile, immobilité, mobile, mobilité.

Conseil : Un mot de la même famille garde le radical. Arrêter a un sens proche, mais c’est un synonyme, pas un mot de la famille.

Question 10 : réécriture (10 points)

Réécrire les lignes 9 à 12 en remplaçant je par nous, nous désignant la narratrice et une amie.

Ce nous représente deux femmes : tout ce qui s’accorde passe au féminin pluriel. Reprends le passage du sujet et applique ces changements.

Verbes à l’imparfait : j’étais devient nous étions, j’aimais devient nous aimions, je regardais devient nous regardions, j’allais devient nous allions.

Accords : seule devient seules, séparée devient séparées.

Déterminants possessifs : mon passé devient notre passé, ma vie devient notre vie. Garde de préférence le singulier : il suit le texte et reste cohérent avec notre passé. Le pluriel nos vies se défend aussi, car chacune a la sienne.

Plus-que-parfait : j’avais dépendu devient nous avions dépendu. Le participe passé employé avec avoir ne s’accorde pas ici, car il n’y a pas de COD placé avant.

Dernière proposition : on m’avait imposé devient on nous avait imposé. Le sujet reste on, donc le verbe reste à la troisième personne du singulier. Le participe imposé ne change pas : son COD est placé après le verbe.

Tout le reste est inchangé.

Conseil : Compte tes modifications avant de rendre ta copie : dix mots ou groupes changent. Relis ensuite le passage en vérifiant la ponctuation, que tu dois conserver.

Les erreurs à éviter sur ce sujet

  • Écrire que la narratrice arrive à Marseille pour y faire ses études.

    Elle y vient comme professeure, pour faire cours dans un lycée.

    Les lignes 13-14 et 24-25 parlent d’heures de cours à assurer, d’une visite à la directrice et d’un emploi du temps.

  • Dans la réécriture, écrire « séparés » et « seuls » au masculin.

    Écrire « séparées » et « seules ».

    Le sujet précise que nous désigne la narratrice et une amie, donc deux femmes.

  • Transformer aussi le dernier verbe en nous avions imposé.

    Garder le sujet on et écrire on nous avait imposé.

    Seul le pronom complément change. Le sujet du verbe imposer reste on.

  • Donner arrêter comme mot de la même famille que s’immobiliser.

    Choisir immobile, immobilité ou mobile.

    Une famille de mots se construit autour d’un même radical, pas autour d’un sens voisin.

  • Citer une « métaphore » sans dire ce qu’elle apporte.

    Nommer le procédé, le situer, puis expliquer l’effet produit sur le lecteur.

    La question 4 demande une identification précise et une analyse : le simple repérage ne suffit pas.

Questions fréquentes

Combien de temps dure cette partie de l’épreuve de français 2025 ?

Le sujet indique 1 h 10 pour 50 points : 32 points de compréhension et 18 points de grammaire. La réécriture compte à elle seule pour 10 points.

Peut-on utiliser un dictionnaire pour ces questions ?

Non. Le sujet interdit le dictionnaire et la calculatrice pour cette partie. Le dictionnaire n’est autorisé que pour la rédaction.

Pourquoi ce corrigé renvoie-t-il aux lignes au lieu de citer le texte ?

Le texte de Simone de Beauvoir est encore protégé par le droit d’auteur. Garde le sujet à côté de toi : sur ta copie, tu dois recopier les passages indiqués entre guillemets.

Faut-il garder le sujet après cette partie ?

Oui. Le sujet demande de rendre la copie et de conserver le texte, car il sert de support pour la rédaction.

Les cours à revoir

Proposition de corrigé rédigée par Meilleur Étudiant, sans valeur officielle : le ministère ne publie pas de corrigé, et le barème réel appartient aux correcteurs. Ce sujet date d’avant la note sur 20 du brevet : son barème suit l’ancienne notation. Une erreur ? Écris-nous à contact@meilleuretudiant.fr.