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Corrigé du brevet de français, septembre 2025 : compréhension et grammaire (Métropole)

Le sujet en bref

Sujet de la session de remplacement de septembre 2025, pour les candidats empêchés en juin par un cas de force majeure. Il s’appuie sur un extrait du Règne du vivant d’Alice Ferney, où un caméraman passe de l’émerveillement devant les océans à la dénonciation de leur destruction, et sur un photogramme de Luc Jacquet. Il fallait analyser cette bascule, puis réussir la réécriture au présent, notée sur 10 points.

Sujet officiel

I. Compréhension et compétences d’interprétation (32 points)

Le texte d’Alice Ferney est encore protégé par le droit d’auteur : ce corrigé le paraphrase et renvoie aux lignes. Sur ta copie, à chaque renvoi, recopie les mots du texte entre guillemets. D’autres réponses sont possibles si elles sont justifiées.

Question 1 (2 points)

Dire dans quel environnement se situe le récit.

Le récit se situe dans un environnement marin et sauvage : les océans du globe, des eaux claires des archipels jusqu’aux glaces de l’Antarctique.

Le texte d’introduction place le narrateur à bord d’un navire. L’extrait évoque ensuite des îles et des eaux turquoise (lignes 1 et 2), des icebergs et la banquise (lignes 4 et 5), puis le cœur du Pacifique (lignes 24 et 25).

Le milieu marin : les océans du monde et les régions polaires.

Conseil : Les icebergs et le mot australes (ligne 6) pourraient te faire répondre l’Antarctique seul. Le texte va plus loin, puisqu’il cite aussi le Pacifique.

Question 2 (5 points)

Dire quel sens domine dans les lignes 1 à 7 et le prouver par deux procédés d’écriture, avec des mots cités.

Le sens principal est la vue : le narrateur découvre ce monde avec ses yeux, ce qui convient à un caméraman.

Premier procédé : le lexique du regard et de la couleur. Les verbes contemplé (ligne 1) et vu (ligne 3) disent l’acte de regarder. Le nom réverbérations (ligne 2) parle de la lumière. Les couleurs complètent ce lexique : turquoise (ligne 1), bleues (ligne 3), jaune (ligne 6), rose (ligne 7).

Deuxième procédé : les comparaisons visuelles. Aux lignes 6 et 7, le mot comme introduit deux comparaisons. L’océan est rapproché d’un métal précieux en fusion, et le ciel d’une fleur. Ces comparants sont choisis pour leur éclat et leur couleur : le narrateur peint un tableau.

La vue, prouvée par le lexique du regard et des couleurs, et par des comparaisons visuelles.

Conseil : Le sujet demande deux procédés distincts. Tu peux aussi retenir l’énumération des lignes 1 à 3, qui fait défiler les paysages comme les images d’un film. À chaque fois, nomme le procédé, cite les mots et dis ce qu’ils montrent.

Question 3. a) (3 points)

Nommer le sentiment du narrateur dans les lignes 8 à 22 et le développer à partir d’une de ses réactions, avec une citation.

Le narrateur éprouve de l’admiration, proche de l’émerveillement, devant ce monde.

Une réaction le montre bien : à l’apparition des baleines, il se tait et retient sa respiration (lignes 13 et 14). Le spectacle est si grand qu’il impose un silence respectueux.

Le texte nomme d’ailleurs ce sentiment, avec le verbe admirer à la ligne 17.

L’admiration, visible dans le silence du narrateur devant les baleines.

Conseil : Une seule réaction est demandée, mais elle doit être expliquée. Tu peux aussi partir de la course des manchots, qu’il applaudit comme un spectacle (ligne 12), ou de l’envie que lui inspirent les iguanes (ligne 11).

Question 3. b) (4 points)

Trouver deux aspects du monde animal sur lesquels le narrateur insiste, avec une citation pour chacun.

La puissance et la vitesse des corps. Les manchots filent dans l’eau comme des projectiles vivants (ligne 13). Le dauphin n’est que force et muscles (lignes 14 et 15), et la vitesse fait partie de lui (ligne 16). Le narrateur souligne ces capacités physiques, qui lui manquent.

La force de la vie elle-même. La fin du paragraphe (lignes 20 à 22) montre une vie qui habite toutes les formes et se transmet, obstinée, alors que chaque individu meurt. Le narrateur regarde au-delà de chaque bête : à travers les êtres, la vie continue.

Tu peux aussi retenir la diversité des espèces, ou l’intensité de la vie animale, entre amour et prédation (lignes 9 à 11).

Conseil : Un aspect est une idée, pas un animal. Ne réponds pas par un nom d’espèce : dis ce que cet animal montre.

Question 4. a) (3 points)

Identifier la figure de style de la phrase des lignes 8 et 9 et dire ce qu’elle veut montrer.

Cette phrase est une énumération : sept compléments du verbe se suivent, séparés par des virgules et introduits chacun par le déterminant des.

Le narrateur veut montrer la richesse et l’abondance de la vie. Les bruits sont si nombreux et si variés qu’un seul mot ne suffit pas à les dire. La longueur de la phrase imite ce foisonnement : le monde marin est plein, vivant, en mouvement.

Une énumération, qui montre l’abondance et la diversité de la vie.

Conseil : Le mot accumulation convient aussi. Dans tous les cas, ne t’arrête pas au nom de la figure : dis ce qu’elle produit.

Question 4. b) (3 points)

Relever une autre énumération dans le troisième paragraphe et dire ce qu’elle montre cette fois.

Aux lignes 26 et 27, le narrateur énumère les déchets du Pacifique : sacs, bidons, bouteilles. La liste se prolonge par trois compléments qui répètent le déterminant toutes.

L’effet s’est retourné. La figure ne montre plus l’abondance de la vie, mais celle des déchets. La répétition de toutes suggère que la pollution n’épargne rien et que l’humanité entière en est responsable. Le lecteur ressent l’accablement, et non plus l’émerveillement.

L’énumération montre désormais l’ampleur de la pollution.

Conseil : Le mot désormais appelle une comparaison avec la question a). Le troisième paragraphe va de la ligne 23 à la fin. Autres exemples possibles : la liste des grands poissons (lignes 23 et 24), qui fait sentir le vide laissé par leur disparition, ou celle des prédateurs tués (ligne 32).

Question 5 (6 points)

Trouver deux actions ou attitudes humaines que le narrateur dénonce, avec une citation pour chacune.

La pollution de la planète. Le narrateur filme dans le Pacifique une immense masse de plastique, épaisse de trente mètres (lignes 24 à 27). Il parle de décharge, puis il ajoute que la Terre sert d’égout aux hommes, même dans ses lieux les plus reculés (ligne 28). Ces deux mots disent le mépris : les hommes traitent le monde comme une poubelle.

Le pillage des mers. Le narrateur traque les braconniers à travers les sanctuaires (ligne 30). Il décrit surtout une pêche industrielle brutale : des mains de fer tuent les plus grands prédateurs (lignes 30 à 32), et les chaluts raflent sans distinction des espèces que personne ne connaît (lignes 32 et 33). L’expression en aveugle (ligne 33) dénonce une destruction sans regard et sans réflexion.

La disparition des grands poissons, aux lignes 23 et 24, est la conséquence de ces actions.

Conseil : Explique ce que le narrateur reproche aux hommes. La phrase de la ligne 33 conclut tout le texte : celui qui a vu sait maintenant ce dont l’humanité est capable, et ce savoir est amer.

Question 6 : image (6 points)

Dire si le photogramme illustre le texte, avec deux arguments, en s’appuyant sur l’image et en citant le texte.

Oui, ce photogramme peut illustrer le texte, pour deux raisons.

Il montre le même monde, immense et intact. L’image en noir et blanc présente une haute falaise au premier plan à gauche, une vaste étendue striée, de la neige, des reliefs sombres et enneigés au loin et un horizon lointain sous un ciel nuageux. Aucune construction n’apparaît. On reconnaît les paysages du premier paragraphe, avec leur neige et leurs parois (ligne 2). Cette étendue vide rappelle aussi la mer encore préservée de la ligne 24.

Il montre une présence minuscule face à la nature. Tout au bord de la falaise se dresse une petite silhouette sombre. Sa taille fait sentir l’immensité du décor. Elle rappelle le narrateur qui contemple ce monde (ligne 1), et qui recherche le vide et le silence (ligne 29).

Une nuance reste possible : l’image ne montre ni animaux, ni déchets, ni pêche. Elle illustre l’émerveillement du début, pas la dénonciation de la fin.

Conseil : Chaque argument relie un détail précis de l’image à un passage du texte. La silhouette est trop petite pour qu’on sache qui elle est, et on ne peut pas dire si l’étendue est de la mer ou de la glace : reste prudent dans ta description.

II. Grammaire et compétences linguistiques (18 points)

Les mots analysés sont donnés isolément. Pour les phrases entières, reporte-toi au sujet.

Question 7. a) (2 points)

Donner la fonction de chacun des deux groupes entre crochets.

Le premier groupe, dont le noyau est veinures, est complément d’objet direct du verbe voir, ici au passé composé. Il répond à la question : j’ai vu quoi ?

Le second groupe, introduit par la préposition dans, est complément circonstanciel de lieu : il indique où le narrateur a vu ces veinures.

COD du verbe voir ; complément circonstanciel de lieu.

Question 7. b) (2 points)

Recopier la phrase en montrant une manipulation qui révèle la fonction du second groupe, et nommer cette manipulation.

On peut déplacer ce groupe en tête de phrase : « Dans les faces des grands icebergs, j’ai vu les veinures bleues. »

La phrase reste correcte et garde son sens : le groupe est mobile. C’est le comportement d’un complément circonstanciel.

La suppression convient aussi : barre le groupe sur ta copie, et ce qui reste forme une phrase complète, car le verbe a déjà son COD.

Manipulation : le déplacement.

Conseil : Écris la phrase transformée, puis nomme la manipulation. Fais le même test sur le premier groupe : il ne peut pas passer en tête de phrase. C’est ce qui sépare le COD du complément circonstanciel.

Question 8. a) (1 point)

Recopier la phrase, mettre la subordonnée entre crochets et entourer le subordonnant.

La phrase contient deux verbes conjugués, donc deux propositions : ai admiré et possédais.

Sur ta copie, recopie toute la phrase. Le crochet ouvrant se place juste avant le mot que, et le crochet fermant juste après le mot pas, avant le point. Entoure que.

La subordonnée va de que à pas. Subordonnant : que.

Question 8. b) (1 point)

Donner la classe grammaticale de cette subordonnée.

C’est une proposition subordonnée relative. Elle est introduite par le pronom relatif que, qui reprend son antécédent, le nom aptitudes. Elle complète ce nom.

Proposition subordonnée relative.

Conseil : Ne la confonds pas avec une conjonctive. Ici, que remplace un nom et il a une fonction dans la subordonnée : il est COD de possédais.

Question 9. a) (1,5 point)

Identifier et nommer les trois éléments qui composent inatteignables.

in- est un préfixe à valeur négative.

atteign- est le radical, celui du verbe atteindre, que l’on retrouve dans nous atteignons.

-able est un suffixe, qui forme un adjectif et exprime la possibilité.

Préfixe in-, radical atteign-, suffixe -able.

Conseil : Le s final marque le pluriel : il ne fait pas partie de la construction du mot.

Question 9. b) (0,5 point)

Expliquer le sens de ce mot.

Inatteignable signifie que l’on ne peut pas atteindre. Ces espaces sont si lointains qu’ils semblaient hors de portée des hommes, et pourtant la pollution y arrive.

Que l’on ne peut pas atteindre.

Question 10 : réécriture (10 points)

Réécrire le passage donné par le sujet en remplaçant je par tu et en mettant les verbes au présent de l’indicatif.

Deux changements se combinent : la personne, car je devient tu, et le temps, car tout passe au présent. Les passés composés perdent leur auxiliaire. Reprends le passage du sujet, phrase par phrase, et applique ces changements.

Phrase 1 : j’étais devient tu es.

Phrase 2 : je me découvrais devient tu te découvres. Le pronom réfléchi suit le sujet : me devient te.

Phrase 3 : j’ai admiré devient tu admires, et je ne possédais pas devient tu ne possèdes pas, avec un accent grave.

Phrase 4 : j’ai rêvé devient tu rêves. La relative ne change pas : son sujet est qui, mis pour cachalots, et son verbe remontent est déjà au présent.

Phrase 5 : j’écoutais devient tu écoutes. Le déterminant leurs ne change pas, car il renvoie aux cachalots.

Phrase 6 : j’ai suivi devient tu suis, présent du verbe suivre. Puis m’a saisi devient te saisit : le pronom complément passe à la deuxième personne, mais le sujet reste hennissement, donc le verbe est à la troisième personne du singulier.

Phrase 7 : j’ai vu devient tu vois. L’infinitif habiter ne change pas.

Tout le reste est inchangé, ponctuation comprise.

Conseil : Le passage compte dix verbes conjugués : neuf changent, seul remontent reste identique. Travaille sur le passage imprimé dans la question : le sujet a retiré quelques mots des lignes 16 à 20.

Les erreurs à éviter sur ce sujet

  • Dans la réécriture, écrire te saisis, avec un s.

    Écrire te saisit, avec un t.

    Le sujet du verbe est hennissement, à la troisième personne. Le pronom te est seulement complément.

  • Garder le passé composé : tu as admiré, tu as suivi.

    Écrire tu admires et tu suis.

    Le sujet demande le présent de l’indicatif pour tous les verbes, y compris ceux qui étaient au passé composé.

  • Écrire tu possédes, avec un accent aigu.

    Écrire tu possèdes, avec un accent grave.

    Devant une syllabe finale muette, le é du radical de posséder devient è.

  • Dire que que est une conjonction de subordination à la question 8.

    Répondre pronom relatif, et donc proposition subordonnée relative.

    Le mot que reprend le nom aptitudes et il est COD de possédais.

  • Répondre à la question 4. b) en redonnant l’effet de la question 4. a).

    Montrer que la même figure dit maintenant l’abondance des déchets.

    Le texte bascule à la ligne 23 : la profusion de la vie laisse place à celle de la destruction.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que la session de septembre du brevet ?

C’est la session de remplacement, organisée à la rentrée pour les candidats qu’un cas de force majeure a empêchés de passer des épreuves écrites en juin, avec l’autorisation du recteur. Ce n’est pas un rattrapage après un échec. L’épreuve garde la même forme qu’en juin, avec un autre texte : 1 h 10 pour 50 points, soit 32 points de compréhension et 18 points de grammaire, dont 10 pour la réécriture.

Peut-on utiliser un dictionnaire pour ces questions ?

Non. Le sujet interdit le dictionnaire et la calculatrice pour cette partie. Les notes de bas de page expliquent les mots difficiles, comme surfilaient ou chaluts.

Pourquoi ce corrigé renvoie-t-il aux lignes au lieu de citer le texte ?

Le texte d’Alice Ferney est encore protégé par le droit d’auteur. Garde le sujet à côté de toi : sur ta copie, tu dois recopier les passages indiqués entre guillemets.

Faut-il garder le sujet après cette partie ?

Oui. Le sujet demande de rendre la copie et de conserver le texte, car il sert de support pour la rédaction.

Les cours à revoir

Proposition de corrigé rédigée par Meilleur Étudiant, sans valeur officielle : le ministère ne publie pas de corrigé, et le barème réel appartient aux correcteurs. Ce sujet date d’avant la note sur 20 du brevet : son barème suit l’ancienne notation. Une erreur ? Écris-nous à contact@meilleuretudiant.fr.