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Le comique : comique de situation, de mots, de gestes et de caractère

L’essentiel

Le comique de situation naît des événements : un quiproquo, un déguisement, une personne cachée qui entend tout. On distingue aussi le comique de mots, de gestes, de caractère, de répétition et de mœurs. Au théâtre, ces formes se combinent pour faire rire et souvent pour critiquer.

Les formes du comique en un tableau

Le comique de situation n’est qu’une des façons de faire rire. Pour analyser une scène, on distingue six formes de comique, selon ce qui provoque le rire : un événement, le langage, le corps, un défaut, une répétition ou les habitudes d’un milieu.

Les six formes de comique
FormeOn rit de…Exemple
Comique de situationCe qui arrive aux personnagesUn mari se cache sous la table pour tout entendre
Comique de motsLe langageJeu de mots, jargon, insultes, accent
Comique de gestesLe corps en actionCoups de bâton, chutes, poursuites, grimaces
Comique de caractèreUn défaut poussé à l’extrêmeL’avarice d’Harpagon
Comique de répétitionLe retour d’un mot ou d’une action« Sans dot ! » répété par Harpagon
Comique de mœursLes habitudes d’un milieuLes médecins ou les précieuses raillés par Molière

Astuce : Pour classer un passage, pose une question : de quoi rit-on exactement ? D’un événement, d’une parole, d’un mouvement ou d’un défaut ? Un même passage peut réunir plusieurs formes.

Le comique de situation : définition et exemples

Le comique de situation vient de ce que vivent les personnages, indépendamment de ce qu’ils disent. Souvent, le spectateur en sait plus qu’eux : c’est ce décalage qui fait rire.

  • Le quiproquo : un personnage en prend un autre pour quelqu’un d’autre, ou ils croient parler de la même chose alors qu’il n’en est rien.
  • Le déguisement : Toinette se déguise en médecin dans Le Malade imaginaire.
  • Le personnage caché : dans Tartuffe, Orgon se dissimule sous une table et découvre le vrai visage de l’hypocrite.
  • La ruse qui se retourne : le trompeur est trompé à son tour.
  • La fausse mort : Argan fait le mort pour éprouver sa femme et sa fille.

Le comique de mots, de gestes et de répétition

Le comique de mots repose sur les jeux de sonorités, les calembours, les exagérations et les langages déformés. Les faux savants de Molière accumulent ainsi un jargon vide.

Le comique de gestes est très ancien : c’était déjà le grand ressort de la farce médiévale. La scène où Scapin enferme Géronte dans un sac et le roue de coups en est un sommet.

Le comique de répétition s’appuie sur le mécanisme. Dans Les Fourberies de Scapin, Géronte répète « Que diable allait-il faire dans cette galère ? » : plus la phrase revient, plus elle fait rire.

  • Mots : Monsieur Jourdain découvre qu’il fait de la prose sans le savoir.
  • Gestes : Argan court après Toinette autour d’une chaise.
  • Répétition : Harpagon lance « Sans dot ! » à chaque objection.

Le comique de caractère et le comique de mœurs

Le comique de caractère fait rire d’un personnage dominé par un défaut : l’avare, le malade imaginaire, le bourgeois vaniteux. Le rire devient critique, car ce défaut existe dans la vie.

Le comique de mœurs vise un groupe ou une époque. Molière se moque des médecins, des dévots et des précieuses. Il illustre ainsi la devise souvent attachée à la comédie : corriger les mœurs par le rire.

Comique de caractère : un individu et son défaut. Comique de mœurs : un milieu et ses habitudes.

Pourquoi rit-on ? La thèse de Bergson

Dans Le Rire (1900), le philosophe Henri Bergson explique que nous rions quand le vivant se comporte comme une machine. Il parle « du mécanique plaqué sur du vivant ». L’homme qui tombe, le maniaque qui répète la même phrase, le personnage rigide qui ne s’adapte pas à la situation : tous ressemblent à des pantins.

Cette idée explique aussi le rôle social du rire : il corrige ce qui est raide, et rappelle chacun à la souplesse de la vie.

Comment analyser le comique dans un extrait

  • Nomme la forme de comique et cite le passage.
  • Explique le mécanisme : qui sait quoi, qu’est-ce qui est exagéré, qu’est-ce qui se répète ?
  • Donne l’effet : rire franc, ironie, critique d’un défaut ou d’un milieu.

Les erreurs à éviter

  • Le comique et la comédie, c’est la même chose. La comédie est un genre, le comique est un effet.

    On trouve du comique dans un roman, une fable ou même une tragédie.

  • Les coups de bâton sont du comique de situation. C’est du comique de gestes.

    On rit du mouvement. La situation concerne l’intrigue.

  • Une réplique répétée relève du comique de mots. C’est d’abord du comique de répétition.

    Le rire vient du retour de la phrase, plus que de la phrase elle-même.

Exercices corrigés

  1. 1. Un valet glisse sur une peau de banane et renverse le plateau. Quel comique ?

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    Comique de gestes. On rit de la chute et du mouvement du corps.

  2. 2. Deux personnages parlent chacun d’une personne différente en croyant parler de la même. C’est :

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    Un quiproquo. Le quiproquo est un malentendu : c’est du comique de situation.

  3. 3. Un personnage vérifie dix fois par scène que sa porte est fermée, par peur des voleurs. Il illustre surtout :

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    Le comique de caractère. On rit de son obsession, un trait de caractère poussé à l’extrême.

  4. 4. Quelle réplique relève du comique de mots ?

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    Je suis un docteur diplômé en tout et en rien, spécialiste du nez des pieds !. Le rire vient du langage absurde et du jargon.

  5. 5. Une pièce se moque des habitudes des courtisans de son temps. Quelle forme de comique domine ?

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    Le comique de mœurs. La cible est un milieu entier et ses usages.

  6. 6. Selon Bergson, pourquoi rit-on ?

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    Parce que le vivant se comporte comme une machine. Sa formule parle du mécanique plaqué sur du vivant.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le comique de situation ?

C’est le rire provoqué par ce qui arrive aux personnages : un quiproquo, un déguisement, un personnage caché, une ruse qui se retourne.

Quelles sont les formes du comique ?

Les principales sont le comique de situation, de mots, de gestes, de caractère, de répétition et de mœurs.

Quelle différence entre comique de caractère et comique de mœurs ?

Le premier se moque du défaut d’un individu, comme l’avarice. Le second se moque des usages d’un groupe, comme les médecins.

Pour aller plus loin