L’essentiel
L’unification italienne, ou Risorgimento, est le processus qui réunit les États de la péninsule en un seul pays. Menée par le Piémont-Sardaigne de Cavour, avec l’aide de la France de Napoléon III et les volontaires de Garibaldi, elle aboutit au royaume d’Italie, proclamé le 17 mars 1861. Rome en devient la capitale en 1871.
L’Italie avant l’unification
L’unification italienne part d’une péninsule morcelée. En 1815, le congrès de Vienne découpe l’Italie en plusieurs États, largement dominés par l’Autriche. Le chancelier autrichien Metternich dira en 1847 que l’Italie n’est qu’une « expression géographique ».
Une idée progresse pourtant : celle d’une nation italienne, unie par la langue et la culture. Ce mouvement s’appelle le Risorgimento, ce qui signifie « renaissance » ou « résurrection ». Les soulèvements de 1820, 1831 et 1848 échouent, mais ils installent l’idée que l’Autriche est l’adversaire à chasser.
| État | Capitale | Qui domine ? |
|---|---|---|
| Royaume de Piémont-Sardaigne | Turin | Dynastie italienne de Savoie, seul État doté d’une constitution après 1849 |
| Royaume lombard-vénitien | Milan et Venise | Directement soumis à l’Autriche |
| Duchés de Parme, Modène, Toscane | Parme, Modène, Florence | Princes proches de l’Autriche |
| États pontificaux | Rome | Le pape, protégé par une garnison française à partir de 1849 |
| Royaume des Deux-Siciles | Naples | Dynastie des Bourbons |
L’unification italienne en dates
| Date | Événement |
|---|---|
| 1831 | Mazzini fonde la Jeune Italie, pour une Italie unie et républicaine. |
| 1848-1849 | Révolutions et première guerre contre l’Autriche : échec du Piémont. |
| 1852 | Cavour devient chef du gouvernement du Piémont-Sardaigne. |
| Juillet 1858 | Entrevue de Plombières entre Cavour et Napoléon III. |
| Juin 1859 | Victoires franco-piémontaises de Magenta et de Solférino. |
| Mars 1860 | Traité de Turin : Nice et la Savoie sont cédées à la France. |
| Mai 1860 | Garibaldi et ses Mille débarquent en Sicile. |
| 17 mars 1861 | Proclamation du royaume d’Italie : Victor-Emmanuel II est roi. |
| 1866 | L’Italie obtient la Vénétie, après la défaite de l’Autriche face à la Prusse. |
| 20 septembre 1870 | Les troupes italiennes entrent dans Rome. |
| 1871 | Rome devient la capitale du royaume. |
Les acteurs du Risorgimento
Deux projets s’opposent : une république née d’une révolution, pour Mazzini, et une monarchie bâtie autour du Piémont, pour Cavour. C’est le second qui l’emporte.
- Giuseppe Mazzini : le penseur. Il rêve d’une république italienne, née d’un soulèvement du peuple.
- Camillo Cavour : le diplomate. Ce libéral modernise le Piémont et cherche des alliés pour vaincre l’Autriche.
- Victor-Emmanuel II : le roi de Piémont-Sardaigne, qui devient le premier roi d’Italie.
- Giuseppe Garibaldi : le combattant. Ce républicain, chef des « Chemises rouges », conquiert le Sud puis le remet au roi.
- Napoléon III : l’allié français. Il défend le principe des nationalités, mais aussi l’intérêt de la France et le pape.
Le rôle de la France : Solférino, Nice et la Savoie
À Plombières, en 1858, Napoléon III promet à Cavour de l’aider contre l’Autriche, en échange de la Savoie et de Nice. La guerre éclate en 1859. Les victoires de Magenta et de Solférino, très meurtrières, ouvrent la Lombardie. Napoléon III arrête pourtant les combats à l’armistice de Villafranca : la Vénétie reste autrichienne.
Les duchés d’Italie centrale se rallient au Piémont. En échange, le traité de Turin du 24 mars 1860 cède la Savoie et Nice à la France, ce que confirment des plébiscites en avril.
Astuce : Le carnage de Solférino a un effet inattendu : le Suisse Henry Dunant, témoin des blessés abandonnés, lance l’idée qui donnera naissance à la Croix-Rouge, en 1863.
Garibaldi et les Mille : la conquête du Sud
En mai 1860, Garibaldi part de Gênes avec environ un millier de volontaires et débarque à Marsala, en Sicile. En quelques mois, il prend la Sicile puis Naples, et renverse le royaume des Deux-Siciles.
Cavour redoute une république dans le Sud. Il envoie l’armée piémontaise, qui traverse les États pontificaux. Le 26 octobre 1860, à Teano, Garibaldi salue Victor-Emmanuel II comme roi d’Italie et lui laisse ses conquêtes. Des plébiscites valident le rattachement.
Venise, Rome et une unité à construire
En 1861, il manque encore la Vénétie et Rome. L’Italie gagne la Vénétie en 1866, grâce à son alliance avec la Prusse. Rome, défendue par une garnison française, tombe quand celle-ci se retire pendant la guerre franco-allemande de 1870. Le pape Pie IX refuse le fait accompli et se dit prisonnier au Vatican. La question ne sera réglée qu’en 1929, par les accords du Latran.
L’unité politique ne fait pas tout. Le Sud, plus pauvre, vit l’unification comme une conquête : l’État y mène jusqu’en 1865 une dure répression du brigandage. L’écart entre le Nord et le Sud, le Mezzogiorno, marque encore l’Italie. Une formule attribuée à Massimo d’Azeglio résume le problème : l’Italie est faite, il reste à faire les Italiens.
Les erreurs à éviter
L’Italie est unifiée par Garibaldi seul. Elle est unifiée autour du Piémont, avec la diplomatie de Cavour, la guerre et les plébiscites.
Garibaldi conquiert le Sud, mais il le remet au roi Victor-Emmanuel II.
L’unification est achevée en 1861. Il manque Venise, gagnée en 1866, et Rome, prise en 1870.
1861 est la date de la proclamation du royaume, pas celle de la fin du processus.
La capitale de 1861 est Rome. C’est Turin, puis Florence en 1865, puis Rome en 1871.
Rome appartient encore au pape en 1861.
Exercices corrigés
1. Quel mot désigne le mouvement d’unification italienne ?
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Le Risorgimento. Risorgimento signifie « renaissance » en italien, mais il ne s’agit pas de la Renaissance des XVe et XVIe siècles.
2. Quel État dirige l’unification italienne ?
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Le Piémont-Sardaigne. Le Piémont-Sardaigne, gouverné par Cavour, est le moteur de l’unité.
3. Quand le royaume d’Italie est-il proclamé ?
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En 1861. Le royaume est proclamé le 17 mars 1861.
4. Que reçoit la France en 1860 ?
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Nice et la Savoie. Le traité de Turin récompense l’aide française contre l’Autriche.
5. Pourquoi les Italiens peuvent-ils entrer dans Rome en 1870 ?
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La garnison française s’est retirée à cause de la guerre contre l’Allemagne. La guerre franco-allemande oblige la France à rappeler ses troupes.
6. Classe ces événements dans l’ordre : Teano, Plombières, prise de Rome, Solférino.
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Plombières, Solférino, Teano, prise de Rome. Plombières en 1858, Solférino en 1859, Teano en 1860, prise de Rome en 1870.
Questions fréquentes
Qui a unifié l’Italie ?
Plusieurs acteurs : Cavour par la diplomatie, Victor-Emmanuel II comme roi, Garibaldi par ses conquêtes, avec l’aide de Napoléon III. Mazzini en a diffusé l’idée.
Quelle différence entre Risorgimento et unification italienne ?
Le Risorgimento désigne le mouvement culturel et politique pour l’unité, dès le début du XIXe siècle. L’unification est le résultat politique, entre 1859 et 1871.
Pourquoi Nice et la Savoie sont-elles françaises ?
Elles appartenaient au Piémont-Sardaigne. Elles ont été cédées à la France en 1860, en échange de son aide contre l’Autriche, et les plébiscites ont approuvé le rattachement.
Quand se termine l’unification italienne ?
On retient en général 1870-1871, avec la prise de Rome. Des nationalistes réclament encore Trente et Trieste, obtenues après la Première Guerre mondiale.