Le sujet en bref
Épreuve du mardi 17 juin 2025, avec deux exercices obligatoires. Le premier demande un texte argumenté reliant l’absorption de l’eau du sol à la production de matière organique dans les feuilles. Le second exploite quatre documents : il fallait caractériser le climat froid du Dryas récent, puis proposer une hypothèse sur son entrée, liée au ralentissement de la plongée des eaux.
Exercice 1 : le végétal chlorophyllien et l’eau (7 points)
Texte argumenté appuyé sur tes connaissances, sans document. Le texte ci-dessous est une proposition. Un autre plan bien argumenté est aussi valable.
Analyse du sujet
Comprendre ce que le sujet attend avant de rédiger.
Le sujet décrit un trajet et un lien de cause à effet. Il part de l’eau du sol et il arrive à la matière organique fabriquée dans la feuille. Chaque étape doit donc conduire à la suivante.
Trois expressions guident le plan. « Structures variées » renvoie aux racines, aux poils absorbants et aux mycorhizes. « Cellules chlorophylliennes » renvoie à la feuille, à ses stomates et à ses chloroplastes. « Permet d’aboutir » demande de dire à quoi sert l’eau dans la feuille : elle est un réactif de la photosynthèse, elle apporte les ions minéraux et elle maintient les stomates ouverts.
Le sujet réclame des expériences, des observations et des exemples. Chaque idée doit s’appuyer sur un fait : les poils absorbants du radis, la truffe et le chêne, la tige dans l’eau colorée, le potomètre, le marquage à l’¹⁸O.
Plan proposé : 1. Des structures variées absorbent l’eau du sol. 2. L’eau monte jusqu’aux feuilles dans la sève brute. 3. Dans la feuille, l’eau permet la production de matière organique.
Conseil : Ne t’arrête pas à la racine, et ne te limite pas à la photosynthèse : la note se joue sur la chaîne complète. Le transport de la sève élaborée et le stockage sortent du sujet.
Introduction
Rédiger l’introduction du texte argumenté.
La plupart des Angiospermes vivent fixées, à la limite entre deux milieux. Leurs racines occupent le sol, d’où elles tirent l’eau et les ions minéraux. Leurs feuilles occupent l’air, où elles reçoivent la lumière et le dioxyde de carbone. Ces plantes sont autotrophes : elles fabriquent leur matière organique à partir de matière minérale.
Or l’eau est prélevée dans le sol, alors que la matière organique est produite dans les feuilles, parfois à plusieurs mètres de hauteur. Comment l’eau du sol, captée par des structures variées, parvient-elle aux cellules chlorophylliennes, et comment y rend-elle possible la production de matière organique ?
Nous verrons d’abord comment cette eau est absorbée, puis comment elle monte jusqu’aux feuilles, avant de montrer son rôle dans la photosynthèse.
Partie 1 : des structures variées absorbent l’eau du sol
Décrire les structures d’absorption et expliquer comment l’eau entre dans la plante.
Un système racinaire très ramifié. Une plante fixée ne peut pas aller chercher l’eau en se déplaçant. Ses racines, en se ramifiant, explorent un grand volume de sol. Leur forme varie selon les espèces. Une racine pivotante, comme celle de la luzerne, atteint l’eau en profondeur. Un système fasciculé, comme celui du blé, forme un réseau dense près de la surface.
Les poils absorbants. Observons des graines de radis qui germent sur du papier humide : un duvet blanc apparaît juste derrière l’extrémité de chaque racine. Au microscope, chaque poil est le long prolongement d’une seule cellule de la couche externe de la racine, à paroi fine. Ces poils se glissent entre les particules du sol, au contact direct de l’eau. Ils se renouvellent à mesure que la racine s’allonge, et ils multiplient sa surface d’échange.
Une expérience localise l’absorption. Une plantule dont seule la zone à poils plonge dans l’eau reste bien hydratée. Une plantule dont seule l’extrémité sans poils plonge dans l’eau finit par faner. L’absorption se fait donc surtout au niveau des poils absorbants.
Les mycorhizes. Chez la plupart des Angiospermes, les racines s’associent à des champignons du sol. Sur les racines courtes du hêtre ou du chêne, on observe un manchon de filaments, qui remplace souvent les poils absorbants. Chez le blé ou le maïs, les filaments pénètrent dans des cellules de la racine. Dans les deux cas, ces filaments très fins s’étendent loin de la racine, jusque dans des pores trop étroits pour elle. La surface d’absorption augmente alors fortement.
Il s’agit d’une symbiose : le champignon fournit à la plante de l’eau et des ions minéraux, notamment des phosphates, et la plante lui fournit des sucres. La truffe, associée au chêne et au noisetier, en est un exemple connu. Si l’on cultive une même espèce sur un sol pauvre, avec et sans champignon, les plantes mycorhizées grandissent mieux.
L’entrée de l’eau. Les cellules de la racine accumulent des ions minéraux, comme les nitrates NO₃⁻ et les ions K⁺. Ce prélèvement actif consomme de l’ATP, issu de la respiration. Leur contenu devient plus concentré que la solution du sol. L’eau, qui se déplace vers le milieu le plus concentré, entre alors par osmose. Une preuve simple : une plantule placée dans une solution très salée flétrit, car l’eau n’entre plus dans ses cellules.
L’eau traverse ensuite les cellules de la racine jusqu’aux vaisseaux du xylème, situés au centre. Avec les ions dissous, elle forme la sève brute.
Conseil : L’expression « structures variées » attend au moins les poils absorbants et les mycorhizes. Pour les mycorhizes, précise l’échange dans les deux sens : c’est ce qui définit la symbiose.
Partie 2 : l’eau monte jusqu’aux feuilles dans la sève brute
Expliquer par où et comment l’eau gagne les feuilles.
Le xylème, un réseau de tubes. Les vaisseaux du xylème sont des cellules mortes, disposées bout à bout, dont les parois sont renforcées par de la lignine. Ils forment des tubes continus, de la racine aux nervures des feuilles.
Une expérience montre ce trajet. On place une tige de céleri dans de l’eau colorée à l’éosine. Après quelques heures, une coupe transversale montre que seuls les vaisseaux sont colorés, et les nervures des feuilles le sont aussi. L’eau monte donc par le xylème.
La transpiration, moteur de la montée. Les feuilles perdent de la vapeur d’eau par leurs stomates. On le voit en enfermant un rameau feuillé dans un sac plastique : des gouttelettes s’y déposent. L’eau évaporée est remplacée par celle des vaisseaux. Les molécules d’eau restent liées les unes aux autres, si bien que toute la colonne d’eau est tirée vers le haut. Cette montée ne consomme pas d’ATP : l’énergie de l’évaporation vient du Soleil.
Le potomètre le confirme. Un rameau feuillé est fixé sur un tube fin rempli d’eau, où se déplace une bulle d’air. La bulle avance à mesure que le rameau consomme de l’eau. Elle avance plus vite à la lumière et dans un courant d’air. Elle ralentit fortement si l’on retire les feuilles ou si l’on bouche les stomates à la vaseline.
La poussée racinaire. La racine pousse aussi la sève vers le haut, de façon plus modeste. À la fin de l’hiver, quand le sol se réchauffe, une vigne taillée laisse couler de la sève par ses plaies de taille : ce sont les pleurs de la vigne. Il n’y a pourtant pas encore de feuilles.
Un bilan à retenir. La plus grande partie de l’eau absorbée repart dans l’air sous forme de vapeur. Une petite fraction seulement est utilisée dans la photosynthèse. Ce courant d’eau n’est pas pour autant un gaspillage : il alimente les feuilles en eau et apporte les ions minéraux jusqu’aux cellules chlorophylliennes.
Conseil : La racine ne « pompe » pas l’eau jusqu’aux feuilles. Le moteur principal se trouve en haut : c’est la transpiration.
Partie 3 : dans la feuille, l’eau permet la production de matière organique
Montrer les rôles de l’eau dans les cellules chlorophylliennes.
La feuille, lieu de rencontre. Une coupe de feuille montre des nervures, des cellules riches en chloroplastes et des espaces remplis d’air. La face inférieure porte souvent de nombreux stomates. Les nervures se divisent jusqu’à passer près de chaque cellule. L’eau du sol et le CO₂ de l’air se rejoignent ainsi dans la cellule chlorophyllienne, où la chlorophylle capte l’énergie lumineuse.
Premier rôle : garder les stomates ouverts. Un stomate est formé de deux cellules de garde qui délimitent un orifice, l’ostiole. Quand ces cellules sont gorgées d’eau, l’ostiole s’ouvre. Le CO₂ peut alors diffuser dans la feuille. Si l’eau manque, les stomates se ferment. La plante perd moins d’eau, mais elle reçoit moins de CO₂. La feuille doit donc perdre de la vapeur d’eau pour capter du CO₂.
Cette entrée du CO₂ est indispensable. On garde une plante à l’obscurité pour que ses feuilles perdent leur amidon. On enduit ensuite de vaseline la face inférieure d’une partie d’une feuille dont les stomates sont sur cette face, puis on l’éclaire. Après décoloration, l’eau iodée révèle de l’amidon dans le reste de la feuille, mais pas dans la zone enduite. Sans échange de gaz par les stomates, il n’y a pas de production de matière organique.
Une plante non arrosée le montre aussi. Avec un capteur de CO₂, on mesure qu’une plante en manque d’eau absorbe bien moins de CO₂ à la lumière qu’une plante bien arrosée. Sa croissance ralentit. Les feuilles des plantes de milieux secs montrent des structures particulières : le laurier-rose loge ses stomates dans des creux, et l’oyat enroule ses feuilles, stomates à l’intérieur.
Deuxième rôle : l’eau est un réactif de la photosynthèse. Dans le chloroplaste, l’énergie lumineuse permet l’oxydation de l’eau, ou photolyse :
2 H₂O → O₂ + 4 H⁺ + 4 e⁻
Le dioxygène dégagé vient bien de l’eau. Ruben, Kamen et leurs collègues l’ont montré en 1941. Ils ont fourni à des algues vertes, les chlorelles, de l’eau marquée à l’¹⁸O : le dioxygène dégagé était marqué. Avec du CO₂ marqué à l’¹⁸O, il ne l’était pas.
Les électrons et les protons issus de l’eau, ainsi que l’ATP formé grâce à la lumière, servent ensuite à réduire le CO₂ en glucides. Le carbone de la matière organique vient donc du CO₂, et son hydrogène vient de l’eau. Le bilan s’écrit, pour la production de glucose :
6 CO₂ + 6 H₂O → C₆H₁₂O₆ + 6 O₂, grâce à l’énergie lumineuse.
Troisième rôle : l’eau apporte les ions minéraux. Avec l’azote des nitrates, la plante fabrique des acides aminés, puis des protéines. Le magnésium Mg²⁺ entre dans la composition de la chlorophylle. Les phosphates entrent dans l’ATP et dans l’ADN. La plante ne se limite donc pas aux glucides : le glucose donne de l’amidon et du saccharose, et les ions permettent de produire d’autres molécules organiques.
Enfin, l’eau assure la turgescence des cellules. Une feuille bien hydratée reste étalée et capte la lumière. Une plante qui manque d’eau fane.
Conseil : L’expérience de marquage à l’¹⁸O est un bon argument, car elle relie directement l’eau à la photosynthèse. Ne dis pas que l’eau fournit le carbone : il vient du CO₂.
Bilan
Résumer le trajet de l’eau et ses rôles.
Absorption : eau du sol → poils absorbants et mycorhizes → cellules de la racine, par osmose → xylème.
Transport : sève brute dans le xylème, tirée par la transpiration et poussée par la racine → nervures → cellules chlorophylliennes.
Production : eau + CO₂ entré par les stomates + lumière → chloroplaste → O₂ et glucides. Les ions apportés par la sève brute permettent de former d’autres molécules organiques.
Conclusion
Rédiger la conclusion du texte argumenté.
Fixée dans le sol, une Angiosperme dispose d’une très grande surface d’absorption, grâce à ses racines ramifiées, à ses poils absorbants et à ses mycorhizes. L’eau y entre par osmose. Elle monte ensuite dans le xylème, sous forme de sève brute, tirée surtout par la transpiration des feuilles.
Dans la feuille, cette eau agit de plusieurs façons. Elle maintient les stomates ouverts, ce qui laisse entrer le CO₂. Elle est oxydée à la lumière dans les chloroplastes, ce qui fournit de quoi réduire le CO₂ en glucides. Elle apporte aussi les ions nécessaires aux autres molécules organiques.
La production de matière organique dépend donc directement de l’eau disponible dans le sol. C’est pourquoi une sécheresse réduit la croissance des plantes, et donc les rendements agricoles.
Exercice 2 : le climat au Dryas récent (8 points)
Pratique d’un raisonnement scientifique à partir de quatre documents et d’une carte. La démarche est libre : celle-ci caractérise d’abord le climat (documents 1 à 3), puis construit une hypothèse (document 4). Les valeurs ci-dessous sont lues sur des graphiques : elles sont approchées.
Problème et démarche
Poser le problème et annoncer la démarche.
La carte de référence situe quatre sondages. GISP2 se trouve sur la calotte du Groenland, A au large de la Norvège, C en mer de Norvège et B dans les Pyrénées-Orientales. Ils renseignent sur trois milieux : la glace, l’océan et la végétation continentale.
Le problème est le suivant : quels sont les caractères du climat du Dryas récent, entre 12 800 et 11 500 ans BP, et quel mécanisme peut expliquer l’entrée dans cette période ?
On étudie d’abord les températures au Groenland (document 1), puis les eaux de surface de l’Atlantique Nord (document 2) et la végétation du sud de la France (document 3). On cherche ensuite une explication dans la circulation océanique (document 4).
Document 1 : un refroidissement brutal au Groenland
Déduire de la carotte de glace l’évolution de la température au Groenland.
Le principe. Le δ¹⁸O mesure la proportion de l’isotope lourd ¹⁸O par rapport à l’isotope ¹⁶O dans la glace. La calibration du document 1 montre une relation croissante : plus la température annuelle est basse, plus le δ¹⁸O des précipitations est bas. Un δ¹⁸O plus négatif indique donc un climat plus froid.
La lecture de la courbe. L’axe du temps va du présent, à gauche, vers le passé, à droite.
Au-delà de 15 000 ans BP, en période glaciaire, le δ¹⁸O est le plus souvent compris entre −39 et −42 ‰.
Vers 14 500 ans BP, il monte brusquement jusqu’à environ −35 ‰, puis il redescend jusqu’à environ −38 ‰ vers 13 000 ans BP.
Pendant le Dryas récent, il reste presque partout entre −40 et −41,5 ‰, soit environ −40,5 ‰ en moyenne. Ce sont des valeurs proches de celles de la période glaciaire.
Vers 11 500 ans BP, il remonte à environ −36,5 ‰. Il atteint environ −35 ‰ vers 10 000 ans BP, puis il oscille autour de cette valeur, entre −34 et −36 ‰.
La vitesse des changements. À l’entrée, le δ¹⁸O perd environ 2,5 ‰ en moins de deux siècles. À la sortie, il gagne environ 3,5 ‰ en moins de deux siècles lui aussi. Le changement est donc très rapide à l’échelle de cette courbe, qui ne permet pas de lire une durée plus précise.
La conversion en température. La droite de calibration passe par environ −34 ‰ à −30 °C, et par environ −27 ‰ à −20 °C. Sa pente vaut donc :
(−27 − (−34)) ÷ (−20 − (−30)) = 7 ÷ 10 = 0,7 ‰ par °C.
Entrée dans le Dryas récent : −38 → −40,5 ‰, soit 2,5 ‰ de moins, et 2,5 ÷ 0,7 ≈ 3,6. La baisse est d’environ 4 °C.
Écart entre l’Holocène et le Dryas récent : −35 − (−40,5) = 5,5 ‰, et 5,5 ÷ 0,7 ≈ 7,9. Le Dryas récent est environ 8 °C plus froid que l’Holocène.
Sortie du Dryas récent : 3,5 ‰ de plus, et 3,5 ÷ 0,7 = 5. La hausse est d’environ 5 °C.
Sur la droite, −35 ‰ correspond à environ −31 °C. En la prolongeant, le Dryas récent correspondrait à environ −39 °C au Groenland.
Les limites. Cette droite relie des lieux actuels du Groenland : l’appliquer au passé suppose que la relation n’a pas changé. Elle s’arrête aussi vers −37 ‰, et il faut la prolonger pour −40,5 ‰. Ces températures donnent un ordre de grandeur, et non une mesure.
Au Groenland, le Dryas récent est environ 8 °C plus froid que l’Holocène, avec un δ¹⁸O proche des valeurs glaciaires. L’entrée et la sortie durent chacune moins de deux siècles à la lecture de la courbe.
Conseil : Ne t’arrête pas au sens de variation : la calibration est là pour quantifier. Montre tes deux points de lecture et ton calcul de pente. Le δ¹⁸O des carbonates marins varie en sens inverse : ne confonds pas avec celui de la glace.
Document 2 : des eaux de surface froides au large de la Norvège
Déduire du sens d’enroulement des tests l’évolution de la température de l’océan en surface.
Le principe. Le test de Neogloboquadrina pachyderma s’enroule plus souvent vers la gauche (senestre) en eaux de surface froides, et plus souvent vers la droite (dextre) en eaux plus chaudes. Les deux courbes comptent les tests de chaque sens d’enroulement. Leur somme n’atteint pas toujours 100 %, car d’autres espèces sont présentes.
La lecture. Pendant Heinrich 1, avant 14 600 ans BP, la forme senestre représente presque 100 % des tests, et la forme dextre presque 0 %. Les eaux sont froides.
Pendant le Bølling-Allerød, la forme senestre tombe surtout entre 5 et 30 %, avec un pic d’environ 78 % vers 13 800 ans BP. La forme dextre atteint 10 à 50 %. Les eaux sont plus chaudes, avec des retours froids.
Pendant le Dryas récent, à partir d’environ 12 700 ans BP, la forme senestre représente 60 à 100 % des tests. Elle dépasse le plus souvent 80 % après 12 300 ans BP. La forme dextre reste sous 20 %, et elle tombe presque à 0 % vers 12 000 ans BP. Ces valeurs se rapprochent de celles de Heinrich 1.
Pendant l’Holocène, depuis 9 500 ans BP environ, la forme senestre reste presque partout sous 10 %, et la forme dextre représente environ 50 à 80 % des tests. Les eaux sont plus chaudes.
L’entrée. Entre 13 100 et 12 700 ans BP environ, les valeurs sont instables : la forme senestre passe plusieurs fois de presque 0 % à près de 80 %. La mise en place du froid se fait donc par à-coups, sur quelques siècles, avant de se stabiliser.
La sortie. Vers 11 500 ans BP, la forme senestre chute de près de 100 % à moins de 20 % en très peu de temps. La sortie est brutale.
Une remarque sur les dates. Ce document place le début du Dryas récent vers 13 000 ans BP, alors que l’introduction du sujet indique 12 800 ans BP. Le sujet n’explique pas cet écart. On peut supposer une différence de datation entre les enregistrements, sans pouvoir le vérifier ici. Un écart d’environ 200 ans ne suffit donc pas à conclure que le froid a commencé plus tôt à cet endroit.
Ce document est qualitatif. Il indique des eaux plus froides, sans donner de température.
Au large de la Norvège, les eaux de surface se refroidissent nettement pendant le Dryas récent, jusqu’à un état proche de celui de Heinrich 1. Le refroidissement touche donc aussi l’océan.
Conseil : Compare toujours le Dryas récent aux périodes voisines. Le correcteur attend des valeurs lues sur le graphique, pas seulement « beaucoup » ou « peu ».
Document 3 : une végétation de climat froid et sec dans les Pyrénées
Déduire du diagramme pollinique l’évolution de la végétation et du climat dans les Pyrénées.
La lecture du diagramme. Le graphique du haut est cumulé : chaque groupe se lit par la différence entre deux courbes. L’axe du bas donne la profondeur, et non l’âge. Le Dryas récent occupe environ 90 à 115 cm.
L’Allerød. Le pin domine, avec environ 60 à 90 % des pollens. L’ensemble des arbres atteint 70 à 95 %, et le bouleau jusqu’à 13 % environ. D’après le document 3b, cet assemblage rappelle une taïga. Le climat est froid à tempéré.
Le Dryas récent. Vers 100 à 105 cm, l’ensemble des arbres tombe à environ 30 %, dont environ 23 % de pin. Les herbacées montent à environ 70 %, dont environ 30 % de Poacées et 40 % d’autres herbacées. Le bouleau passe sous 5 %, et il disparaît presque vers 110 cm. Le paysage s’ouvre : la forêt recule au profit d’une végétation de steppe.
L’Holocène. L’ensemble des arbres remonte à environ 80 à 90 %. Le noisetier et le chêne se développent, jusqu’à environ 15 % chacun, et l’orme apparaît aussi. D’après le document 3b, ces espèces indiquent une forêt tempérée. Le climat devient plus chaud.
Le climat du Dryas récent. Les herbacées sont très majoritaires par rapport aux arbres quand il fait particulièrement froid : ce climat était donc froid.
Il était probablement sec aussi. Le bouleau, qui résiste au froid mais craint la sècheresse, recule et disparaît presque. Le pin, adapté à un climat sec et qui ne craint pas le gel, recule lui aussi, mais il reste l’arbre le plus représenté. Cette interprétation repose sur les exigences du document 3b : elle reste une hypothèse, car ces pollens ne mesurent pas directement les précipitations.
Les limites. Le chêne, le noisetier et l’orme étaient déjà rares à l’Allerød : leur faible présence ne distingue pas le Dryas récent de la période précédente. Le pollen de pin peut aussi être transporté loin par le vent. Enfin, ce diagramme ne concerne qu’un seul site, dont le document ne donne pas l’altitude.
Dans les Pyrénées, les arbres passent d’environ 70 à 95 % des pollens à environ 30 % : une steppe s’étend, ce qui indique un climat froid et probablement sec.
Conseil : Le piège est de lire la hauteur d’une courbe du graphique cumulé comme une proportion. Le pourcentage d’un groupe est l’écart entre ses deux limites.
Bilan : les caractères du climat au Dryas récent
Rassembler les résultats des documents 1 à 3.
Un climat froid. La température baisse au Groenland, les eaux de surface se refroidissent au large de la Norvège et la steppe s’étend dans les Pyrénées. Au Groenland, l’écart avec l’Holocène atteint environ 8 °C.
Un climat probablement sec. Dans les Pyrénées, le recul du bouleau et l’essor des herbacées le suggèrent. Ce n’est qu’un indice, tiré d’un seul site.
Un changement rapide. Au Groenland, l’entrée et la sortie semblent durer moins de deux siècles, à la précision de la courbe. Au large de la Norvège, l’entrée s’étale sur quelques siècles, par à-coups. La période dure environ 1 300 ans : 12 800 − 11 500 = 1 300.
Une interruption du réchauffement. Le Dryas récent survient entre la période glaciaire et l’Holocène. Il ramène le Groenland à des valeurs de δ¹⁸O proches des valeurs glaciaires.
Une large extension. Les trois sites vont du Groenland aux Pyrénées, en passant par l’Atlantique Nord. Les documents ne disent rien des autres régions : on ne peut pas conclure à un refroidissement de toute la planète.
Le Dryas récent est un épisode froid, probablement sec, d’environ 1 300 ans. Il s’installe rapidement, en quelques siècles au plus, et il touche au moins le Groenland, l’Atlantique Nord et l’Europe de l’Ouest.
Document 4 : un ralentissement de la plongée des eaux
Relier la circulation océanique à l’entrée dans le Dryas récent et formuler une hypothèse.
Ce qu’apporte le document 4a. Le Gulf Stream, courant chaud de surface, transporte de la chaleur vers le nord et adoucit le climat de la façade atlantique de l’Europe. Près du Groenland, les eaux de surface, salées et refroidies, sont denses et plongent. Une plongée moins rapide peut ralentir le Gulf Stream, donc réduire la chaleur qu’il apporte.
Le principe du document 4b. Une eau de fond isolée de l’atmosphère ne reçoit plus de ¹⁴C : elle paraît d’autant plus vieille qu’elle y reste longtemps. Un décalage d’âge faible signifie une plongée rapide. Un décalage élevé signifie une plongée lente. Attention : l’axe vertical est inversé, et une courbe qui descend correspond à un décalage qui augmente.
La lecture. Le sondage C se trouve en mer de Norvège, près de la zone de plongée.
Vers 13 300 ans BP, à la fin du Bølling-Allerød, le décalage est proche de 0 : la plongée est rapide.
Vers 13 100 ans BP, il atteint environ +400 ans. Vers 12 900 ans BP, il atteint environ +700 ans.
Pendant la majeure partie du Dryas récent, il reste entre +700 et +900 ans, avec un maximum d’environ +900 ans vers 12 200 ans BP. La plongée est lente.
Vers 11 800 ans BP, il diminue rapidement, jusqu’à environ +100 ans à la fin de la période. La plongée s’accélère à nouveau.
La chronologie. Dans cette carotte, le Dryas récent commence vers 12 850 ans BP. Le ralentissement débute donc environ 450 ans plus tôt, puisque 13 300 − 12 850 = 450. Une cause doit précéder son effet : cette chronologie est compatible avec un ralentissement à l’origine du refroidissement.
La hausse est significative. L’intervalle de confiance va d’environ −250 à +100 ans vers 13 300 ans BP, et d’environ +350 à +1 000 ans au début du Dryas récent. Ces deux intervalles ne se recouvrent pas.
Une relation retrouvée sur plusieurs périodes. Quand le décalage est élevé, les eaux de surface sont froides : c’est le cas pendant Heinrich 1 (+700 à +1 400 ans, forme senestre proche de 100 %) et pendant le Dryas récent. Quand il est faible, elles sont plus chaudes : c’est le cas au cœur du Bølling-Allerød (+200 à +300 ans) et au début de l’Holocène.
L’hypothèse. La plongée des eaux de surface près du Groenland aurait ralenti à la fin du Bølling-Allerød. Ce ralentissement aurait freiné le Gulf Stream. Moins de chaleur serait arrivée dans l’Atlantique Nord et en Europe de l’Ouest. L’air et les eaux de surface se seraient refroidis, et la végétation aurait changé.
Pourquoi la plongée aurait-elle ralenti ? Les documents ne le disent pas. Comme la plongée dépend de la densité, une baisse de salinité pourrait la réduire. Le refroidissement seul ne l’expliquerait pas, car il rend l’eau plus dense. Une hypothèse possible est un apport d’eau douce, venu de la fonte des glaces pendant le réchauffement du Bølling-Allerød. Rien dans le sujet ne le démontre, et les scientifiques discutent encore de l’origine de cette eau.
Les limites. Le Gulf Stream du passé n’est pas mesuré ici : le document 4a indique seulement un effet probable, à partir de la circulation actuelle. Une coïncidence dans le temps ne prouve pas une cause. La relation n’est pas parfaite non plus : vers 14 500 ans BP, le décalage est encore d’environ +700 ans, alors que le document 2 montre déjà des eaux plus chaudes.
Les variations de l’orbite terrestre, qui s’étalent sur des dizaines de milliers d’années, sont trop lentes pour expliquer seules un basculement aussi rapide. D’autres causes ne sont pas pour autant exclues, car le sujet ne donne aucune donnée sur elles.
Hypothèse : un ralentissement de la plongée des eaux de l’Atlantique Nord, décelé dès 13 300 ans BP, aurait freiné le Gulf Stream et réduit l’apport de chaleur vers le nord, ce qui expliquerait l’entrée dans le Dryas récent.
Conseil : Le sujet demande une hypothèse : garde le conditionnel et dis ce qui n’est pas démontré. Le lien entre le document 4b et le document 4a doit être explicite, sinon ton raisonnement perd son point central.
Synthèse
Répondre au problème en reliant tous les documents.
Le Dryas récent est un épisode froid d’environ 1 300 ans, qui interrompt le passage de la période glaciaire à l’Holocène. Au Groenland, le δ¹⁸O revient à environ −40,5 ‰, ce qui correspond à environ 8 °C de moins que l’Holocène (document 1). Au large de la Norvège, la forme senestre du foraminifère redevient très majoritaire : les eaux de surface sont froides (document 2). Dans les Pyrénées, les arbres reculent de 70 à 95 % à environ 30 % des pollens : une steppe s’installe, sous un climat froid et probablement sec (document 3).
Pour expliquer l’entrée dans cette période, on peut proposer un ralentissement de la circulation océanique. En mer de Norvège, le décalage d’âge passe d’environ 0 à +700 ans entre 13 300 et 12 900 ans BP : la plongée des eaux ralentit juste avant le début du Dryas récent (document 4b). Or ce ralentissement peut freiner le Gulf Stream, et donc l’apport de chaleur vers le nord (document 4a).
Cette explication reste une hypothèse. Les documents établissent une succession dans le temps et un mécanisme plausible, sans prouver la cause. Il faudrait des données sur la vitesse passée du Gulf Stream et sur la salinité de l’Atlantique Nord pour l’étayer.
Les erreurs à éviter sur ce sujet
Dire que le δ¹⁸O augmente quand il passe de −35 à −41 ‰, et conclure à un réchauffement.
Le δ¹⁸O baisse, car −41 est inférieur à −35. Dans la glace, cette baisse indique un refroidissement.
Les valeurs sont négatives. La calibration du document 1 montre que le δ¹⁸O des précipitations est d’autant plus bas qu’il fait froid.
Lire les graphiques de gauche à droite comme un temps qui avance.
Sur les axes en années BP, le passé est à droite. L’entrée dans le Dryas récent est donc la limite droite de la période, et la sortie sa limite gauche.
Sans cette précaution, on inverse l’entrée et la sortie, ainsi que la chronologie entre la plongée et le refroidissement.
Croire que la plongée s’accélère quand la courbe du document 4b descend.
L’axe vertical est inversé : la courbe qui descend montre un décalage qui augmente, donc une plongée qui ralentit.
Le décalage va de −200 en haut à +1600 en bas. Le texte du document précise qu’un décalage élevé correspond à un mélange lent.
Écrire que la plante tire sa matière organique de l’eau ou du sol.
L’eau et les ions viennent du sol, mais le carbone de la matière organique vient du CO₂ de l’air, fixé par photosynthèse.
Une plante autotrophe fabrique sa matière organique à partir de matière minérale. L’eau est un réactif, pas une source de carbone.
Dire que les racines pompent activement l’eau jusqu’aux feuilles.
L’eau entre dans la racine par osmose, puis elle est surtout tirée vers le haut par la transpiration.
Ce qui consomme de l’ATP, c’est le prélèvement des ions. Le potomètre montre que la montée dépend surtout des feuilles.
Questions fréquentes
Quand a eu lieu cette épreuve et combien de temps durait-elle ?
Elle a eu lieu le mardi 17 juin 2025 et durait 3 h 30. La calculatrice et le dictionnaire étaient interdits.
Comment les points sont-ils répartis sur ce sujet ?
L’exercice 1 compte 7 points et l’exercice 2 en compte 8, soit 15 points pour cet écrit. Les deux exercices sont obligatoires : il n’y a pas de choix.
Fallait-il calculer une température à partir du document 1 ?
Le sujet ne le demande pas mot pour mot, mais la calibration est fournie pour cela. Un ordre de grandeur, obtenu avec la pente d’environ 0,7 ‰ par °C, rend ta caractérisation du climat bien plus précise.
Fallait-il connaître la cause du ralentissement de la plongée des eaux ?
Les documents ne la donnent pas. L’hypothèse qui en découle tient aux documents 4a et 4b : plongée ralentie, Gulf Stream freiné, moins de chaleur vers le nord. Tu peux évoquer un apport d’eau douce, à condition de le présenter comme une hypothèse non démontrée par le sujet.
Les cours à revoir
Proposition de corrigé rédigée par Meilleur Étudiant, sans valeur officielle : le ministère ne publie pas de corrigé, et le barème réel appartient aux correcteurs. Une erreur ? Écris-nous à contact@meilleuretudiant.fr.