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Corrigé du bac de maths 2025, spécialité, jour 1 (Métropole)

Le sujet en bref

Quatre exercices à traiter en 4 heures : probabilités sur les groupes sanguins jusqu’à l’inégalité de Bienaymé-Tchebychev, étude d’une fonction avec logarithme et calcul d’aire par intégration par parties, vrai ou faux de géométrie dans l’espace, puis croissance de la posidonie avec une suite et une équation différentielle.

Sujet officiel

Exercice 1 : groupes sanguins et loi binomiale (5 points)

On choisit une personne au hasard dans la population française. L’exercice va de l’arbre pondéré à une somme de variables aléatoires indépendantes.

1.

Compléter les dix pointillés de l’arbre.

Premier niveau : P(A) = 0,45, P(B) = 0,10 et P(AB) = 0,03.

La somme des quatre probabilités vaut 1, donc P(O) = 1 − 0,45 − 0,10 − 0,03 = 0,42.

Depuis A : 0,85 vers R et 1 − 0,85 = 0,15 vers R̄.

Depuis B : 0,84 vers R et 0,16 vers R̄.

Depuis AB : 0,82 vers R et 0,18 vers R̄.

Conseil : Les deux branches issues de O n’ont pas de pointillés : leurs probabilités sont l’objet des questions 3 et 4.

2.

Montrer que P(B ∩ R) = 0,084 et interpréter ce résultat.

P(B ∩ R) = P(B) × P_B(R) = 0,10 × 0,84 = 0,084.

Interprétation : 8,4 % de la population française est de groupe B et de rhésus positif.

P(B ∩ R) = 0,084.

3.

Sachant que P(R) = 0,8397, montrer que P_O(R) = 0,83.

Les événements A, B, AB et O forment une partition de l’univers. D’après la formule des probabilités totales :

P(R) = P(A ∩ R) + P(B ∩ R) + P(AB ∩ R) + P(O ∩ R).

P(A ∩ R) = 0,45 × 0,85 = 0,3825 et P(AB ∩ R) = 0,03 × 0,82 = 0,0246.

Donc P(O ∩ R) = 0,8397 − 0,3825 − 0,084 − 0,0246 = 0,3486.

P_O(R) = P(O ∩ R) ÷ P(O) = 0,3486 ÷ 0,42 = 0,83.

P_O(R) = 0,83.

4.

Montrer que la probabilité d’être donneur universel vaut 0,0714.

Un donneur universel est de groupe O et de rhésus négatif : on cherche P(O ∩ R̄).

D’après la question 3, P_O(R̄) = 1 − 0,83 = 0,17.

P(O ∩ R̄) = P(O) × P_O(R̄) = 0,42 × 0,17 = 0,0714.

P(O ∩ R̄) = 0,0714.

5. a.

Justifier que X suit une loi binomiale et donner ses paramètres.

Le choix d’une personne est une épreuve à deux issues. Le succès est « la personne est donneur universel », de probabilité p = 0,0714.

Le choix des 100 personnes est assimilé à un tirage avec remise : on répète donc 100 fois cette épreuve, de façon identique et indépendante.

X compte le nombre de succès. X suit donc la loi binomiale de paramètres n = 100 et p = 0,0714.

X suit la loi binomiale B(100 ; 0,0714).

5. b.

Calculer à 10⁻³ près la probabilité d’avoir au plus 7 donneurs universels.

« Au plus 7 » se traduit par X ≤ 7.

À la calculatrice, avec la fonction de répartition de la loi binomiale pour n = 100, p = 0,0714 et k = 7 : P(X ≤ 7) ≈ 0,577.

P(X ≤ 7) ≈ 0,577.

Conseil : La valeur 0,154 correspond à P(X = 7). Choisis bien la fonction cumulée de ta calculatrice.

5. c.

Montrer que E(X) = 7,14 et que V(X) vaut 6,63 à 10⁻² près.

Pour une loi binomiale, E(X) = np = 100 × 0,0714 = 7,14.

V(X) = np(1 − p) = 100 × 0,0714 × 0,9286 = 6,630204, soit 6,63 à 10⁻² près.

E(X) = 7,14 et V(X) ≈ 6,63.

6. a.

Dire ce que représente M_N.

M_N est la somme des nombres de donneurs universels des N échantillons, divisée par N.

M_N représente donc le nombre moyen de donneurs universels par échantillon de 100 personnes, sur les N villes.

6. b.

Calculer l’espérance de M_N.

Par linéarité de l’espérance :

E(M_N) = (1/N) × (E(X₁) + E(X₂) + … + E(X_N)) = (1/N) × N × 7,14 = 7,14.

E(M_N) = 7,14.

6. c.

Montrer que V(M_N) = 6,63/N.

Pour un réel a, V(aY) = a² × V(Y). Ici a = 1/N, donc V(M_N) = (1/N²) × V(X₁ + X₂ + … + X_N).

Les variables sont indépendantes, donc la variance de leur somme est la somme de leurs variances : V(X₁ + X₂ + … + X_N) = N × 6,63.

V(M_N) = (1/N²) × N × 6,63 = 6,63/N.

Conseil : Cite l’indépendance : c’est elle qui autorise à additionner les variances. Le facteur 1/N sort au carré.

6. d.

Trouver le plus petit N pour lequel l’inégalité de Bienaymé-Tchebychev garantit P(7 < M_N < 7,28) ≥ 0,95.

L’intervalle ]7 ; 7,28[ est centré sur l’espérance 7,14, avec un rayon de 0,14 :

7 < M_N < 7,28 équivaut à |M_N − 7,14| < 0,14.

L’inégalité de Bienaymé-Tchebychev donne : P(|M_N − 7,14| ≥ 0,14) ≤ V(M_N) ÷ 0,14² = 6,63 ÷ (0,0196 × N).

En passant à l’événement contraire : P(7 < M_N < 7,28) ≥ 1 − 6,63 ÷ (0,0196 × N).

Il suffit donc d’avoir 1 − 6,63 ÷ (0,0196 × N) ≥ 0,95, c’est-à-dire 6,63 ÷ (0,0196 × N) ≤ 0,05.

Cela équivaut à N ≥ 6,63 ÷ (0,05 × 0,0196), soit N ≥ 6,63 ÷ 0,00098, avec 6,63 ÷ 0,00098 ≈ 6 765,3.

N est un entier, donc la plus petite valeur convenable est 6 766.

N = 6 766.

Conseil : La valeur 6 765,3 s’arrondit vers le haut, car il faut N ≥ 6 765,3. Avec N = 6 765, la borne obtenue reste juste en dessous de 0,95.

Exercice 2 : logarithme, convexité et calcul d’aire (6 points)

La figure de la page 4 montre la courbe C_f, la tangente T_A au point A(1 ; 2) et la tangente T_B au point B(e ; e). La droite T_A passe par C(3 ; 0).

Partie A, 1.

Déterminer f′(1).

f′(1) est le coefficient directeur de la tangente à C_f au point d’abscisse 1, c’est-à-dire de la droite T_A.

Cette droite passe par A(1 ; 2) et C(3 ; 0). Donc f′(1) = (0 − 2) ÷ (3 − 1) = −1.

f′(1) = −1.

Partie A, 2.

Donner le nombre de solutions de f′(x) = 0 sur ]0 ; 3].

f′(x) = 0 signifie que la tangente à C_f au point d’abscisse x est horizontale.

Sur le graphique, la courbe monte, atteint un maximum pour x proche de 0,4, descend, atteint un minimum pour x proche de 1,6, puis remonte jusqu’à x = 3.

La courbe admet donc deux tangentes horizontales sur ]0 ; 3], l’une à son maximum et l’autre à son minimum.

L’équation f′(x) = 0 admet deux solutions sur ]0 ; 3].

Partie A, 3.

Donner le signe de f″(0,2).

Au voisinage de x = 0,2, la courbe est située en dessous de ses tangentes : la fonction f y est concave.

Sur un intervalle où f est concave, f′ est décroissante et f″ est négative.

f″(0,2) est négatif.

Conseil : Ne confonds pas le signe de f′ et celui de f″. En x = 0,2, f est croissante, donc f′(0,2) est positif, mais la pente diminue.

Partie B, 1.

Résoudre 2X² − 3X + 2 = 0 et en déduire que C_f ne coupe pas l’axe des abscisses.

Δ = (−3)² − 4 × 2 × 2 = 9 − 16 = −7.

Δ < 0, donc l’équation n’a aucune solution réelle.

C_f coupe l’axe des abscisses si et seulement s’il existe x > 0 tel que f(x) = 0.

Or f(x) = x × (2(ln x)² − 3 ln x + 2). Sur ]0 ; +∞[, x n’est pas nul. Si f(x) était nul, le réel X = ln x serait solution de 2X² − 3X + 2 = 0, ce qui est impossible.

Donc f(x) n’est jamais nul, et C_f ne coupe pas l’axe des abscisses.

Aucune solution réelle : C_f ne coupe pas l’axe des abscisses.

Partie B, 2.

Déterminer la limite de f en +∞.

Il y a une forme indéterminée dans 2(ln x)² − 3 ln x. On factorise par X² en posant X = ln x, pour X non nul :

2X² − 3X + 2 = X² × (2 − 3/X + 2/X²).

Quand X tend vers +∞, X² tend vers +∞ et la parenthèse tend vers 2. Donc 2X² − 3X + 2 tend vers +∞.

Comme la limite de ln x en +∞ est +∞, par composition, la limite de 2(ln x)² − 3 ln x + 2 en +∞ est +∞.

Enfin, x tend vers +∞, donc par produit la limite de f en +∞ est +∞.

La limite de f en +∞ est +∞.

Partie B, 3. a.

Montrer que f″(x) = (1/x)(4 ln x + 1).

On part de f′(x) = 2(ln x)² + ln x − 1.

La dérivée de (ln x)² est 2 × (1/x) × ln x, d’après la formule de la dérivée de u² avec u = ln x.

f″(x) = 2 × 2 × (1/x) × ln x + 1/x = (4 ln x)/x + 1/x = (1/x)(4 ln x + 1).

Partie B, 3. b.

Étudier la convexité de f et donner l’abscisse exacte du point d’inflexion.

Sur ]0 ; +∞[, 1/x > 0. Donc f″(x) a le signe de 4 ln x + 1.

4 ln x + 1 ≥ 0 équivaut à ln x ≥ −1/4, c’est-à-dire à x ≥ e^(−1/4), car la fonction exponentielle est strictement croissante.

Donc f″ est négative sur ]0 ; e^(−1/4)] et positive sur [e^(−1/4) ; +∞[.

La fonction f est concave sur ]0 ; e^(−1/4)] et convexe sur [e^(−1/4) ; +∞[.

f″ s’annule en changeant de signe en x = e^(−1/4) : C_f admet un point d’inflexion d’abscisse e^(−1/4), soit environ 0,78.

f est concave sur ]0 ; e^(−1/4)], convexe sur [e^(−1/4) ; +∞[, et le point d’inflexion a pour abscisse e^(−1/4).

Conseil : Ce résultat est cohérent avec la partie A : 0,2 est inférieur à e^(−1/4), donc f″(0,2) est bien négatif.

Partie B, 3. c.

Montrer que C_f est au-dessus de T_B sur [1 ; +∞[.

On a −1/4 < 0, donc e^(−1/4) < 1. L’intervalle [1 ; +∞[ est donc inclus dans [e^(−1/4) ; +∞[, où f est convexe.

La courbe d’une fonction convexe sur un intervalle est au-dessus de ses tangentes sur cet intervalle.

Le point B a pour abscisse e, et e ∈ [1 ; +∞[. Donc T_B est une tangente à la courbe sur cet intervalle.

La courbe C_f est donc au-dessus de T_B sur [1 ; +∞[.

Partie C, 1.

Justifier que T_B a pour équation y = 2x − e.

Calcul de f(e), avec ln e = 1 : f(e) = e × (2 − 3 + 2) = e.

Calcul de f′(e) : f′(e) = 2 × 1² + 1 − 1 = 2.

L’équation de T_B est y = f′(e)(x − e) + f(e), soit y = 2(x − e) + e = 2x − e.

T_B : y = 2x − e.

Partie C, 2.

Montrer par une intégration par parties que l’intégrale de 1 à e de x ln x dx vaut (e² + 1)/4.

On pose u(x) = ln x et v′(x) = x. Alors u′(x) = 1/x et v(x) = x²/2. Les fonctions u et v sont dérivables, à dérivées continues sur [1 ; e].

Intégrale de 1 à e de x ln x dx = [(x²/2) ln x] entre 1 et e − intégrale de 1 à e de (x²/2) × (1/x) dx.

Le crochet vaut (e²/2) × 1 − (1/2) × 0 = e²/2.

L’intégrale restante est l’intégrale de 1 à e de (x/2) dx, qui vaut [x²/4] entre 1 et e, soit e²/4 − 1/4.

Donc l’intégrale cherchée vaut e²/2 − e²/4 + 1/4 = e²/4 + 1/4 = (e² + 1)/4.

Conseil : Dérive ln x et prends une primitive de x, pas l’inverse : une primitive de ln x n’est pas disponible à ce stade.

Partie C, 3.

Calculer la valeur exacte de l’aire hachurée, comprise entre C_f, T_B et les droites x = 1 et x = e.

D’après la partie B, sur [1 ; e], C_f est au-dessus de T_B. L’aire vaut donc l’intégrale de 1 à e de (f(x) − (2x − e)) dx.

On développe : f(x) = 2x(ln x)² − 3x ln x + 2x.

Par linéarité, l’intégrale de 1 à e de f(x) dx vaut 2 × (e² − 1)/4 − 3 × (e² + 1)/4 + [x²] entre 1 et e.

Soit (2e² − 2)/4 − (3e² + 3)/4 + (4e² − 4)/4 = (3e² − 9)/4.

Par ailleurs, l’intégrale de 1 à e de (2x − e) dx vaut [x² − ex] entre 1 et e, soit (e² − e²) − (1 − e) = e − 1.

Aire = (3e² − 9)/4 − (e − 1) = (3e² − 9 − 4e + 4)/4 = (3e² − 4e − 5)/4.

Ordre de grandeur : cette aire vaut environ 1,57 unité d’aire, ce qui est cohérent avec la figure.

Aire = (3e² − 4e − 5)/4 unités d’aire, soit environ 1,57.

Conseil : Une partie de la zone hachurée se trouve sous l’axe des abscisses. Cela ne change rien : seule compte la position de C_f au-dessus de T_B.

Exercice 3 : géométrie dans l’espace, vrai ou faux (4 points)

Le repère de l’espace est orthonormé. Chaque réponse doit être justifiée : une réponse sans justification ne rapporte aucun point.

1. Affirmation 1

Dire si la représentation paramétrique proposée est celle de la droite (AB), avec A(−1 ; 0 ; 5) et B(3 ; 2 ; −1).

Pour t = 0, on obtient (3 ; 2 ; −1) : c’est le point B.

Pour t = 2, on obtient (3 − 4 ; 2 − 2 ; −1 + 6) = (−1 ; 0 ; 5) : c’est le point A.

La droite décrite passe par les deux points distincts A et B : c’est donc la droite (AB).

Contrôle : le vecteur AB (4 ; 2 ; −6) est bien colinéaire au vecteur directeur (−2 ; −1 ; 3), avec un facteur −2.

Affirmation 1 vraie.

1. Affirmation 2

Dire si le vecteur n (5 ; −2 ; 1) est normal au plan (OAB).

Un vecteur normal à un plan est orthogonal à deux vecteurs non colinéaires de ce plan. Il doit donc être orthogonal aux vecteurs OA et OB.

vecteur n · vecteur OA = 5 × (−1) + (−2) × 0 + 1 × 5 = 0.

vecteur n · vecteur OB = 5 × 3 + (−2) × 2 + 1 × (−1) = 15 − 4 − 1 = 10.

Ce produit scalaire n’est pas nul. Le vecteur n n’est donc pas orthogonal au vecteur OB, qui est un vecteur du plan (OAB).

Affirmation 2 fausse.

Conseil : Le premier produit scalaire nul ne prouve rien à lui seul. Il faut tester les deux vecteurs.

2. Affirmation 3

Dire si les droites d et d′ sont non coplanaires.

Deux droites sont coplanaires si elles sont parallèles ou sécantes.

Les vecteurs directeurs sont (1 ; −1 ; 2) pour d et (4 ; 4 ; −6) pour d′. Ils ne sont pas colinéaires : le rapport vaut 4 sur la première coordonnée et −4 sur la deuxième. Les droites ne sont donc pas parallèles.

On cherche un point commun, c’est-à-dire k et s tels que 15 + k = 1 + 4s, 8 − k = 2 + 4s et −6 + 2k = 1 − 6s.

En ajoutant les deux premières équations : 23 = 3 + 8s, donc s = 5/2.

La première équation donne alors k = 1 + 10 − 15 = −4.

Vérification de la troisième équation : −6 + 2 × (−4) = −14 et 1 − 6 × 5/2 = −14. Elle est bien satisfaite.

Les droites d et d′ sont donc sécantes au point de coordonnées (11 ; 12 ; −14). Elles sont coplanaires.

Affirmation 3 fausse.

Conseil : Ne t’arrête pas à deux équations : c’est la troisième qui décide s’il y a un point commun.

3. Affirmation 4

Dire si la distance de C(2 ; −1 ; 2) au plan P d’équation x − y + z + 1 = 0 vaut 2√3.

La distance de C au plan est la distance CH, où H est le projeté orthogonal de C sur le plan.

Un vecteur normal à P est le vecteur n (1 ; −1 ; 1). La droite passant par C et dirigée par ce vecteur a pour représentation paramétrique x = 2 + t, y = −1 − t, z = 2 + t.

H est le point de cette droite qui appartient à P : (2 + t) − (−1 − t) + (2 + t) + 1 = 0.

Soit 6 + 3t = 0, donc t = −2. Ainsi H a pour coordonnées (0 ; 1 ; 0).

Le vecteur CH a pour coordonnées (−2 ; 2 ; −2), donc CH = √(4 + 4 + 4) = √12 = 2√3.

Affirmation 4 vraie.

Exercice 4 : posidonie, suite et équation différentielle (5 points)

La zone étudiée mesure 20 hectares, et la posidonie en recouvre 1 hectare au 1er juillet 2024. Deux modèles sont étudiés.

Partie A, 1.

Calculer la superficie prévue au 1er juillet 2025.

Il s’agit de u₁, car 2025 = 2024 + 1.

u₁ = −0,02 × 1² + 1,3 × 1 = −0,02 + 1,3 = 1,28.

u₁ = 1,28, soit 1,28 hectare.

Partie A, 2. a.

Démontrer que pour tout entier naturel n, 1 ≤ uₙ ≤ uₙ₊₁ ≤ 20.

On raisonne par récurrence. Pour tout entier naturel n, on note P(n) la propriété 1 ≤ uₙ ≤ uₙ₊₁ ≤ 20.

Initialisation. u₀ = 1 et u₁ = 1,28, donc 1 ≤ u₀ ≤ u₁ ≤ 20. P(0) est vraie.

Hérédité. Soit n un entier naturel tel que P(n) soit vraie : 1 ≤ uₙ ≤ uₙ₊₁ ≤ 20.

La fonction h est croissante sur [0 ; 20], donc h(1) ≤ h(uₙ) ≤ h(uₙ₊₁) ≤ h(20).

Or h(1) = 1,28, h(uₙ) = uₙ₊₁, h(uₙ₊₁) = uₙ₊₂ et h(20) = −0,02 × 400 + 26 = 18.

Donc 1,28 ≤ uₙ₊₁ ≤ uₙ₊₂ ≤ 18, et par conséquent 1 ≤ uₙ₊₁ ≤ uₙ₊₂ ≤ 20. P(n + 1) est vraie.

Conclusion. P(0) est vraie et P est héréditaire. Donc pour tout entier naturel n, 1 ≤ uₙ ≤ uₙ₊₁ ≤ 20.

Conseil : Calcule bien h(1) et h(20). Sans ces valeurs, l’encadrement par 1 et 20 n’est pas démontré.

Partie A, 2. b.

En déduire que la suite (uₙ) converge.

D’après la question précédente, uₙ ≤ uₙ₊₁ pour tout n : la suite est croissante.

Elle est aussi majorée par 20.

Toute suite croissante et majorée converge. La suite (uₙ) converge donc vers une limite L.

Partie A, 2. c.

Justifier que L = 15.

Pour tout n, uₙ₊₁ = h(uₙ). La fonction h est un polynôme, donc elle est continue sur [0 ; 20]. La limite L vérifie donc h(L) = L.

−0,02L² + 1,3L = L équivaut à −0,02L² + 0,3L = 0, soit L(−0,02L + 0,3) = 0.

Donc L = 0 ou L = 0,3 ÷ 0,02 = 15.

Or uₙ ≥ 1 pour tout n, donc L ≥ 1. La valeur 0 est exclue.

L = 15.

Partie A, 3. a.

Justifier sans calcul que la surface dépassera 14 hectares.

La suite (uₙ) converge vers 15, et 15 > 14.

Par définition de la limite, l’intervalle ]14 ; 16[, qui contient 15, contient tous les termes de la suite à partir d’un certain rang.

Donc, à partir d’un certain rang, uₙ > 14 : selon ce modèle, la surface dépassera 14 hectares.

Partie A, 3. b.

Compléter l’algorithme pour qu’il renvoie le rang cherché.

La boucle doit continuer tant que la surface n’a pas dépassé 14 hectares, donc tant que u ≤ 14.

À chaque tour, on augmente n de 1 et on calcule le terme suivant de la suite.

À titre de contrôle, on trouve à la calculatrice u₁₇ ≈ 13,79 et u₁₈ ≈ 14,12. La fonction renvoie donc 18, ce qui correspond au 1er juillet 2042.

Voici l’algorithme complété.

def seuil():
    n = 0
    u = 1
    while u <= 14:
        n = n + 1
        u = -0.02*u**2 + 1.3*u
    return n

Conseil : La condition du while est celle qui fait continuer la boucle, pas celle qui l’arrête. Écrire u > 14 ferait sortir de la boucle dès le départ.

Partie B, 1.

Montrer que g = 1/f est solution de (E₂) : y′ = −0,3y + 0,02.

La fonction f est dérivable et ne s’annule pas sur [0 ; +∞[, donc g est dérivable, et g′ = −f′/f².

Comme f est solution de (E₁), f′ = 0,02f(15 − f). Donc :

g′ = −0,02f(15 − f)/f² = −0,02(15 − f)/f = −0,3/f + 0,02.

Or 1/f = g, donc g′ = −0,3g + 0,02.

La fonction g est bien solution de (E₂) sur [0 ; +∞[.

Partie B, 2.

Donner les solutions de (E₂).

Les solutions de y′ = ay + b, avec a non nul, sont les fonctions t ↦ Ce^(at) − b/a, où C est un réel.

Ici a = −0,3 et b = 0,02, donc −b/a = 0,02/0,3 = 1/15.

Les solutions sont les fonctions t ↦ Ce^(−0,3t) + 1/15, avec C ∈ ℝ.

Partie B, 3.

En déduire l’expression de f(t).

D’après les questions 1 et 2, il existe un réel C tel que g(t) = Ce^(−0,3t) + 1/15.

Or g(0) = 1/f(0) = 1. Donc C + 1/15 = 1, soit C = 14/15.

g(t) = (14/15)e^(−0,3t) + 1/15 = (14e^(−0,3t) + 1)/15.

Comme f = 1/g, pour tout t ≥ 0, f(t) = 15/(14e^(−0,3t) + 1).

Partie B, 4.

Déterminer la limite de f en +∞.

Quand t tend vers +∞, −0,3t tend vers −∞, donc e^(−0,3t) tend vers 0.

Le dénominateur 14e^(−0,3t) + 1 tend donc vers 1, et f(t) tend vers 15.

La limite de f en +∞ est 15.

Conseil : Les deux modèles prévoient la même superficie à long terme : 15 hectares.

Partie B, 5.

Résoudre f(t) > 14 et interpréter le résultat.

Le dénominateur 14e^(−0,3t) + 1 est strictement positif, donc :

f(t) > 14 équivaut à 15 > 14 × (14e^(−0,3t) + 1), soit 15 > 196e^(−0,3t) + 14.

Cela équivaut à 196e^(−0,3t) < 1, soit e^(−0,3t) < 1/196.

La fonction ln est strictement croissante, donc −0,3t < ln(1/196), soit −0,3t < −ln 196.

En divisant par −0,3, qui est négatif, le sens de l’inégalité change : t > (ln 196)/0,3.

Or (ln 196)/0,3 ≈ 17,6.

Interprétation : selon le modèle continu, la posidonie recouvrira plus de 14 hectares à partir d’environ 17,6 ans après le 1er juillet 2024, soit au début de l’année 2042.

Ce résultat est cohérent avec le modèle discret, où le seuil est franchi au relevé du 1er juillet 2042.

Solutions : t > (ln 196)/0,3, soit environ t > 17,6. La surface dépasse 14 hectares au bout d’environ 17,6 ans.

Les erreurs à éviter sur ce sujet

  • Prendre un écart de 0,28 dans l’inégalité de Bienaymé-Tchebychev, ou répondre N = 6 765.

    L’écart à l’espérance vaut 0,14, et N ≥ 6 765,3 donne N = 6 766.

    L’intervalle a une longueur de 0,28, mais il est centré sur 7,14. De plus, N doit dépasser 6 765,3.

  • Calculer l’aire avec la seule intégrale de f entre 1 et e.

    Aire = intégrale de 1 à e de (f(x) − (2x − e)) dx = (3e² − 4e − 5)/4.

    Le domaine est limité en bas par la tangente T_B, pas par l’axe des abscisses.

  • Déclarer le vecteur n normal au plan (OAB) après avoir seulement vérifié que son produit scalaire avec le vecteur OA est nul.

    Tester aussi le vecteur OB : le produit scalaire vaut 10, donc le vecteur n n’est pas normal.

    Un vecteur normal doit être orthogonal à deux vecteurs non colinéaires du plan.

  • Conclure que d et d′ ne sont pas coplanaires parce que leurs vecteurs directeurs ne sont pas colinéaires.

    Résoudre le système : d et d′ se coupent au point (11 ; 12 ; −14), donc elles sont coplanaires.

    Deux droites non parallèles peuvent être sécantes. Seules des droites ni parallèles ni sécantes sont non coplanaires.

  • Écrire while u > 14 dans l’algorithme.

    Écrire while u <= 14, pour continuer tant que le seuil n’est pas dépassé.

    Avec u = 1 au départ, la condition u > 14 est fausse : la boucle ne s’exécute jamais et la fonction renvoie 0.

Questions fréquentes

Combien de temps dure cette épreuve et la calculatrice est-elle autorisée ?

Le sujet indique 4 heures. La calculatrice avec mode examen actif et la calculatrice sans mémoire « type collège » sont autorisées.

Comment les points sont-ils répartis sur ce sujet ?

Il y a quatre exercices obligatoires : 5 points pour les probabilités, 6 pour l’étude de fonction, 4 pour la géométrie dans l’espace et 5 pour la suite et l’équation différentielle.

Peut-on continuer un exercice si on bloque sur une question ?

Oui. De nombreux résultats sont donnés dans l’énoncé, comme P(R) = 0,8397, l’expression de f′ ou l’équation de T_B. Tu peux les utiliser pour la suite, même si tu n’as pas réussi à les démontrer.

À quel sujet correspond ce corrigé ?

Il traite le sujet de code 25-MATJ1ME1, daté du mardi 17 juin 2025. C’est un corrigé non officiel, à comparer avec le sujet disponible sur cette page.

Les cours à revoir

Proposition de corrigé rédigée par Meilleur Étudiant, sans valeur officielle : le ministère ne publie pas de corrigé, et le barème réel appartient aux correcteurs. Une erreur ? Écris-nous à contact@meilleuretudiant.fr.