L’essentiel
Un pays a un avantage comparatif dans un bien quand il le produit à un coût d’opportunité plus faible que les autres : il renonce à moins d’autres biens pour en produire une unité. Selon David Ricardo, en 1817, chaque pays gagne à se spécialiser là où il a cet avantage, même s’il est moins efficace partout.
Avantage comparatif : la définition
L’avantage comparatif est l’idée centrale de la théorie du commerce international de David Ricardo, exposée en 1817 dans ses Principes de l’économie politique et de l’impôt. Elle répond à une question : un pays moins productif que les autres dans tous les domaines peut-il gagner à échanger ?
La réponse est oui. Ce qui compte n’est pas d’être le meilleur, mais d’être relativement le meilleur : chacun doit faire ce qui lui coûte le moins par rapport à ce qu’il pourrait faire d’autre.
Le coût d’opportunité d’un bien est la quantité d’un autre bien à laquelle on renonce pour le produire. L’avantage comparatif revient au pays dont le coût d’opportunité est le plus faible.
Avantage absolu et avantage comparatif : la différence
| Avantage absolu | Avantage comparatif | |
|---|---|---|
| Auteur | Adam Smith, 1776 | David Ricardo, 1817 |
| Question | Qui produit avec le moins de travail ? | Qui sacrifie le moins pour produire ? |
| Conséquence | Un pays sans avantage absolu ne gagnerait rien | Tous les pays ont un avantage comparatif |
Astuce : Une avocate tape plus vite que son assistant. Elle a un avantage absolu dans les deux métiers. Elle a pourtant intérêt à plaider et à lui confier la frappe : c’est là qu’elle sacrifie le moins.
Comment calculer l’avantage comparatif ?
Prenons deux pays et deux biens. On indique le nombre d’heures de travail nécessaires pour produire une unité. Le pays A est plus efficace pour les deux biens.
- Étape 1 : calcule le coût d’opportunité d’une machine. Pays A : 6 ÷ 3 = 2 tonnes de blé. Pays B : 12 ÷ 4 = 3 tonnes de blé.
- Étape 2 : calcule le coût d’opportunité d’une tonne de blé. Pays A : 3 ÷ 6 = 0,5 machine. Pays B : 4 ÷ 12 ≈ 0,33 machine.
- Étape 3 : compare. Le pays A a un avantage comparatif pour les machines (2 contre 3). Le pays B a un avantage comparatif pour le blé (0,33 contre 0,5).
| Blé (1 tonne) | Machine (1 unité) | Heures disponibles | |
|---|---|---|---|
| Pays A | 3 h | 6 h | 36 h |
| Pays B | 4 h | 12 h | 32 h |
Pourquoi les deux pays gagnent-ils ?
Comparons les productions sans échange et avec spécialisation, à heures disponibles identiques.
L’échange profite aux deux si le prix d’une machine se situe entre les deux coûts d’opportunité, ici entre 2 et 3 tonnes de blé.
| Blé | Machines | |
|---|---|---|
| Sans échange : A produit 4 de chaque, B produit 2 de chaque | 6 tonnes | 6 machines |
| Avec spécialisation : A fait 36 ÷ 6 = 6 machines, B fait 32 ÷ 4 = 8 tonnes | 8 tonnes | 6 machines |
- Il y a 2 tonnes de blé en plus, avec le même nombre de machines et les mêmes heures de travail.
- Ils s’échangent 2 machines contre 5 tonnes de blé. A obtient 4 machines et 5 tonnes, au lieu de 4 et 4. B obtient 2 machines et 3 tonnes, au lieu de 2 et 2.
Les limites de l’avantage comparatif
- Des hypothèses fortes : le modèle suppose le plein emploi et des travailleurs qui passent sans coût d’un secteur à l’autre.
- Des gagnants et des perdants : le pays peut gagner globalement, alors que certains secteurs ou territoires perdent. Il faut alors des politiques de compensation.
- Des avantages qui se construisent : Friedrich List défend en 1841 une protection temporaire des industries naissantes.
- D’autres explications du commerce : les dotations en facteurs de production, dans le modèle HOS, ou la différenciation des produits et les économies d’échelle, étudiées par Paul Krugman, Nobel d’économie en 2008.
- Une spécialisation risquée : dépendre de quelques produits expose aux chocs de prix et aux ruptures d’approvisionnement.
Les erreurs à éviter
Le pays le plus productif a un avantage comparatif dans tous les biens. Un pays ne peut pas avoir un avantage comparatif partout.
S’il a un coût d’opportunité faible pour un bien, il l’a forcément plus élevé pour l’autre.
L’avantage comparatif est une idée d’Adam Smith. Smith parle d’avantage absolu, Ricardo d’avantage comparatif.
L’apport de Ricardo est de montrer que l’échange profite aussi au moins efficace.
Pour trouver l’avantage comparatif, il suffit de regarder le nombre d’heures le plus bas. Il faut comparer les coûts d’opportunité.
Le plus petit nombre d’heures indique l’avantage absolu.
Exercices corrigés
1. Qui développe la théorie de l’avantage comparatif ?
Voir la correction
David Ricardo. Il la développe en 1817.
2. Que mesure le coût d’opportunité ?
Voir la correction
La quantité d’un autre bien à laquelle on renonce. Il mesure ce qu’on ne produit pas pour produire ce bien.
3. Le pays X met 2 h pour un tissu et 4 h pour un vin. Quel est son coût d’opportunité d’un vin ?
Voir la correction
2 tissus. 4 ÷ 2 = 2 tissus.
4. Le pays Y met 3 h pour un tissu et 9 h pour un vin. Comparé à X, quel avantage comparatif a-t-il ?
Voir la correction
Le tissu. Un tissu coûte 3 ÷ 9 ≈ 0,33 vin chez Y, contre 2 ÷ 4 = 0,5 vin chez X. Y a donc l’avantage comparatif pour le tissu.
5. Avec X et Y, quel prix d’un vin rend l’échange profitable aux deux ?
Voir la correction
2,5 tissus. Le prix doit se situer entre les deux coûts d’opportunité du vin, 2 et 3 tissus.
6. Laquelle est une limite du modèle ?
Voir la correction
Il suppose que le travail se déplace sans coût entre secteurs. En réalité, les reconversions sont longues et coûteuses.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que l’avantage comparatif ?
C’est le fait de produire un bien à un coût d’opportunité plus faible que les autres pays, ce qui justifie de s’y spécialiser.
Quelle différence entre avantage absolu et avantage comparatif ?
L’avantage absolu compare les quantités de travail nécessaires. L’avantage comparatif compare ce à quoi chaque pays renonce pour produire.
Tous les pays ont-ils un avantage comparatif ?
Oui, sauf cas très particulier où les rapports de coûts sont identiques. Un pays en a forcément un dans au moins un bien.