L’essentiel
Un marché concurrentiel réunit de nombreux acheteurs et vendeurs, dont aucun ne peut fixer le prix. L’offre et la demande se confrontent : le prix monte en cas de pénurie, baisse en cas d’excédent, jusqu’à l’équilibre où quantité offerte et quantité demandée sont égales. Tous les échanges mutuellement avantageux sont alors réalisés.
Qu’est-ce qu’un marché concurrentiel ?
Un marché est le lieu, réel ou virtuel, où se rencontrent une offre et une demande. Un marché concurrentiel compte assez de vendeurs pour que chacun doive s’aligner sur le prix des autres. Le prix n’est décidé par personne : il résulte de l’ensemble des décisions.
Le marché est aussi une institution : il ne fonctionne que si des règles existent. Il faut des droits de propriété, des contrats respectés, une monnaie, et une autorité qui fait appliquer le droit de la concurrence.
Le marché parfaitement concurrentiel : les conditions
Les économistes ont construit un modèle de référence, la concurrence pure et parfaite. Il repose sur des hypothèses que peu de marchés réels vérifient toutes.
| Hypothèse | Sens | Ce qu’elle implique |
|---|---|---|
| Atomicité | Beaucoup d’acheteurs et de vendeurs, tous petits | Personne n’influence seul le prix |
| Homogénéité | Les produits sont identiques | Le prix est le seul critère de choix |
| Libre entrée et sortie | Pas de barrière pour arriver sur le marché | Les profits élevés attirent des concurrents |
| Transparence | Tout le monde connaît prix et qualité | Personne ne peut vendre plus cher sans perdre ses clients |
| Mobilité des facteurs | Travail et capital vont vers les activités les plus rentables | L’offre s’adapte |
Astuce : Un exemple proche du modèle : le blé d’une qualité donnée. L’exemple opposé : les téléphones, très différenciés et vendus par peu de marques.
Comment se forme le prix d’équilibre
Si le prix est trop élevé, l’offre dépasse la demande : les invendus poussent les vendeurs à baisser leur prix. S’il est trop bas, la demande dépasse l’offre : la pénurie fait monter le prix.
Exemple : la demande vaut Q = 100 − 2P et l’offre vaut Q = 3P − 30. À l’équilibre, 100 − 2P = 3P − 30, donc 130 = 5P et P = 26 €. La quantité échangée vaut 100 − 2 × 26 = 48 unités. Vérification avec l’offre : 3 × 26 − 30 = 48.
L’équilibre est atteint au prix où quantité offerte = quantité demandée.
Surplus et gains à l’échange
Le surplus du consommateur est l’écart entre le prix maximal qu’il était prêt à payer et le prix payé. Le surplus du producteur est l’écart entre le prix reçu et le prix minimal auquel il aurait vendu. Leur somme mesure les gains à l’échange.
Dans l’exemple, aucun acheteur ne paierait plus de 50 € (Q = 0 dans la demande) et aucun vendeur ne vendrait sous 10 € (Q = 0 dans l’offre). Les surplus sont des triangles sur le graphique.
- Surplus du consommateur : (50 − 26) × 48 ÷ 2 = 576 €.
- Surplus du producteur : (26 − 10) × 48 ÷ 2 = 384 €.
- Surplus total : 576 + 384 = 960 €.
Pourquoi le marché concurrentiel est une référence
À l’équilibre, le surplus total est le plus grand possible : l’allocation des ressources est dite efficace, car chaque échange avantageux pour les deux parties a lieu. Toute taxe ou tout prix imposé réduit en principe ce surplus.
Cette efficacité a des limites. Elle ne dit rien de la justice de la répartition, et elle disparaît quand le marché est défaillant : pollution, information imparfaite, pouvoir de marché. Une partie des économistes défend donc une intervention publique, une autre insiste sur les coûts de cette intervention.
Les erreurs à éviter
Sur un marché concurrentiel, l’État n’a aucun rôle. Le marché a besoin de règles garanties par la puissance publique.
Sans droit de propriété ni droit de la concurrence, les échanges ne seraient pas sûrs.
Le prix d’équilibre est décidé par les vendeurs. Il résulte de la confrontation de l’offre et de la demande.
En concurrence, aucun agent n’a assez de poids pour l’imposer.
Tous les marchés réels sont en concurrence pure et parfaite. C’est un modèle, une référence pour raisonner.
Les produits sont souvent différenciés et l’information imparfaite.
Exercices corrigés
1. Quelle hypothèse dit que tous les produits sont identiques ?
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L’homogénéité. Le prix devient alors le seul critère de choix.
2. À 8 €, l’offre vaut 500 et la demande 300. Que devrait-il se passer ?
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Le prix baisse. Il y a un excédent d’offre de 200 unités, les vendeurs baissent leur prix.
3. Demande : Q = 60 − P. Offre : Q = 2P. Quel est le prix d’équilibre ?
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20 €. 60 − P = 2P, donc 60 = 3P et P = 20 €.
4. Demande : Q = 60 − P. Offre : Q = 2P. Le prix d’équilibre est de 20 €. Quelle est la quantité échangée ?
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40. Q = 2 × 20 = 40, et 60 − 20 = 40.
5. Tu étais prêt à payer 15 € un livre vendu 11 €. Quel est ton surplus ?
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4 €. Surplus = 15 − 11 = 4 €.
6. Prix d’équilibre : 20 €. Quantité : 40. Prix maximal des acheteurs : 60 €. Quel est le surplus du consommateur ?
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800 €. (60 − 20) × 40 ÷ 2 = 800 €. C’est l’aire d’un triangle.
Questions fréquentes
Comment un marché concurrentiel fonctionne-t-il ?
Les offreurs et les demandeurs ajustent leurs quantités selon le prix. Le prix évolue jusqu’à égaliser l’offre et la demande : c’est l’équilibre.
Quelle différence entre marché concurrentiel et concurrence pure et parfaite ?
Un marché concurrentiel réel compte de nombreux vendeurs. La concurrence pure et parfaite est un modèle théorique qui ajoute des hypothèses strictes.
Qu’est-ce que l’allocation des ressources ?
C’est la façon dont les ressources sont réparties entre les usages. Elle est efficace quand aucun échange avantageux n’est laissé de côté.