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Défaillances de marché : externalités, biens collectifs, information

L’essentiel

Une défaillance de marché est une situation où le marché, laissé à lui-même, ne conduit pas à une allocation efficace des ressources. Les principales sont les externalités, les biens collectifs et communs, les asymétries d’information et le pouvoir de marché. Elles peuvent justifier une intervention publique.

Défaillance de marché : la définition

On parle de défaillance de marché, ou défaillance du marché, quand les échanges ne produisent pas le résultat attendu d’un marché concurrentiel : trop de pollution, pas assez de phares ou de vaccins, des échanges qui n’ont pas lieu faute de confiance.

Les principales défaillances du marché
DéfaillanceProblèmeExempleRéponses possibles
ExternalitésUn coût ou un bénéfice n’est pas pris en compte par le prixPollution d’une usineTaxe, norme, quotas échangeables, subvention
Biens collectifsPersonne ne veut payer, car on en profite sans payerÉclairage publicFinancement par l’impôt
Biens communsChacun surexploite la ressourceStocks de poissonsQuotas, gestion collective
Asymétries d’informationUne partie en sait plus que l’autreVoiture d’occasion, assuranceGarantie, label, contrôle, obligation d’assurance
Pouvoir de marchéUne entreprise fixe un prix trop élevéEntente, monopolePolitique de la concurrence

Les externalités

Il y a externalité quand l’action d’un agent a un effet sur un autre sans compensation par un prix. Elle est négative si elle nuit, positive si elle profite. Une usine qui pollue une rivière nuit aux pêcheurs ; une abeille qui pollinise les vergers voisins rend service au cultivateur.

Avec une externalité négative, le coût privé est inférieur au coût social : le marché produit trop. Avec une externalité positive, il produit trop peu. Pigou propose en 1920 de corriger ce décalage par une taxe : on « internalise » l’externalité.

  • Une usine a un coût de 8 € par unité, et sa pollution coûte 3 € par unité à la société. Le coût social est de 11 €. Une taxe de 3 € lui fait supporter ce coût.

Biens collectifs et biens communs

Deux critères classent les biens : la rivalité (ma consommation réduit la tienne) et l’excluabilité (on peut empêcher quelqu’un d’en profiter s’il ne paie pas).

  • Bien collectif : chacun préfère laisser les autres payer. C’est le comportement du passager clandestin. Le marché en produit trop peu, d’où le financement par l’impôt.
  • Bien commun : chacun a intérêt à prélever le plus possible. Garrett Hardin décrit cette « tragédie des communs » en 1968. Elinor Ostrom, prix Nobel d’économie en 2009, montre que des communautés peuvent aussi gérer ces ressources par leurs propres règles.
ExcluableNon excluable
RivalBien privé : un sandwichBien commun : les poissons en haute mer
Non rivalBien de club : une chaîne cryptéeBien collectif : la défense nationale

Les asymétries d’information

Il y a asymétrie d’information quand une partie de l’échange connaît mieux que l’autre la qualité du bien ou son propre comportement.

  • Sélection adverse : avant le contrat, l’information cachée fait fuir les bons produits. George Akerlof l’explique en 1970 avec le marché des voitures d’occasion : l’acheteur ne propose qu’un prix moyen, les vendeurs de bonnes voitures se retirent et il ne reste que les mauvaises.
  • Aléa moral : après le contrat, une partie change de comportement sans que l’autre puisse le voir. Un assuré peut devenir moins prudent. La franchise d’assurance sert à limiter ce risque.

Faut-il toujours corriger une défaillance de marché ?

Les économistes en débattent. Pour les uns, une défaillance justifie l’action de l’État. Pour d’autres, l’État peut aussi se tromper : il manque d’information, subit des pressions, et sa réponse a un coût. Ronald Coase soutient que si les droits de propriété sont clairs et que négocier coûte peu, les parties peuvent trouver seules un accord.

Les outils se discutent aussi. La taxe et le marché de quotas d’émission, comme le système européen créé en 2005, donnent un prix à la pollution, alors qu’une norme impose la même règle à tous.

Les erreurs à éviter

  • La pollution est une défaillance de l’entreprise. C’est une défaillance du marché.

    L’entreprise réagit aux prix : c’est le prix qui n’intègre pas le coût pour la société.

  • Un bien collectif est un bien fourni par l’État. Il se définit par la non-rivalité et la non-excluabilité.

    L’État fournit aussi des biens qui ne sont pas collectifs, comme la scolarité dans une école avec un nombre limité de places.

  • Sélection adverse et aléa moral, c’est la même chose. La sélection adverse joue avant le contrat, l’aléa moral après.

    L’une porte sur une caractéristique cachée, l’autre sur un comportement caché.

Exercices corrigés

  1. 1. Un voisin plante un beau jardin que tu admires gratuitement. C’est…

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    une externalité positive. Tu profites d’un bénéfice sans payer et sans compensation.

  2. 2. Quel bien est un bien collectif ?

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    Un phare en mer. Sa lumière profite à tous les bateaux, sans rivalité ni exclusion possible.

  3. 3. Les stocks de thon en haute mer sont un bien…

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    commun. Le poisson pêché n’est plus disponible pour les autres : il est rival, mais personne ne peut en exclure les pêcheurs.

  4. 4. Coût privé : 20 € par unité. Coût de la pollution : 5 € par unité. Quelle taxe internalise l’externalité ?

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    5 €. La taxe doit être égale au coût externe, ici 5 €.

  5. 5. Après avoir souscrit une assurance vol, tu fermes moins ta porte à clé. C’est…

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    de l’aléa moral. Le comportement change après le contrat, sans que l’assureur le voie.

  6. 6. Une assurance santé très chère n’attire plus que les personnes à risque élevé. C’est…

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    de la sélection adverse. L’assureur ne connaît pas le risque de chacun avant le contrat : les bons risques se retirent.

Questions fréquentes

Quelles sont les principales défaillances du marché ?

Les externalités, les biens collectifs et communs, les asymétries d’information et le pouvoir de marché.

Peux-tu donner un exemple de défaillance de marché ?

La pollution d’une usine : son coût pour les riverains n’est pas dans le prix de vente. Le marché produit donc plus que ce qui serait efficace.

Quelle différence entre bien commun et bien collectif ?

Les deux sont non excluables, mais le bien commun est rival et s’épuise. Le bien collectif peut être consommé par tous sans se réduire.

Pour aller plus loin