L’essentiel
La croissance économique est l’augmentation durable de la production de biens et de services d’un pays, mesurée par le taux de variation du PIB en volume. Ses sources sont la hausse des quantités de travail et de capital, et surtout la productivité globale des facteurs, portée par le progrès technique et les institutions.
Croissance économique : la définition
La croissance économique désigne une hausse durable de la production. Elle se distingue de l’expansion, une hausse passagère liée à la conjoncture. Elle diffère aussi du développement, qui inclut la santé, l’éducation et les conditions de vie.
On la mesure par le PIB en volume, c’est-à-dire corrigé de la hausse des prix. Taux de croissance = (PIB de l’année − PIB de l’année précédente) ÷ PIB de l’année précédente × 100. Si le PIB en volume passe de 2 500 à 2 525 milliards d’euros, la croissance vaut 25 ÷ 2 500 × 100 = 1 %.
Ce taux varie selon les années : en France, la croissance a été de 0,8 % en 2025 d’après les comptes publiés par l’Insee en mai 2026. Pour comparer les niveaux de vie, on utilise le PIB par habitant.
Quelles sont les sources de la croissance économique ?
Pour produire plus, il y a deux chemins : utiliser plus de facteurs, ou mieux les utiliser.
Taux de croissance ≈ contribution du travail + contribution du capital + productivité globale des facteurs.
| Source | Type de croissance | Exemple |
|---|---|---|
| Plus de travail | Extensive | Hausse de la population active |
| Plus de capital | Extensive | Nouvelles usines, plus d’investissement |
| Meilleure productivité | Intensive | Innovation, meilleure organisation, meilleure formation |
- Sur 3 % de croissance, si le travail explique 0,5 point et le capital 1 point, la PGF explique 3 − 0,5 − 1 = 1,5 point.
Astuce : La PGF est un résidu : c’est la part de la croissance que les quantités de facteurs n’expliquent pas. Robert Solow l’a mise en évidence dans les années 1950.
Le progrès technique et l’innovation
Le progrès technique regroupe les innovations qui permettent de produire plus ou mieux avec autant de ressources. Une innovation peut porter sur un produit, sur un procédé ou sur une organisation.
Pour Joseph Schumpeter, l’innovation entraîne une destruction créatrice : de nouvelles activités remplacent les anciennes. Elle crée donc de la croissance, mais aussi des pertes d’emplois dans certains secteurs. Ce mécanisme a un coût social que les politiques publiques peuvent chercher à limiter.
La croissance endogène : définition
« Endogène » veut dire qui vient de l’intérieur. Dans le modèle de Solow, le progrès technique tombe du ciel : il est exogène. Les théories de la croissance endogène, développées à partir des années 1980 par Paul Romer, Robert Lucas et Robert Barro, expliquent qu’il résulte de l’activité économique elle-même.
Le raisonnement forme un cercle : la croissance finance la recherche, l’éducation et les infrastructures, qui stimulent à leur tour la croissance. Le savoir profite à tous, ce qui crée des externalités positives et compense les rendements décroissants. Philippe Aghion et Peter Howitt, récompensés en 2025 avec Joel Mokyr par le prix d’économie en mémoire d’Alfred Nobel, ont intégré la destruction créatrice dans ce cadre.
Le rôle des institutions
Les institutions sont les règles du jeu d’une société. Droits de propriété garantis, justice fiable et concurrence réelle incitent à investir et à innover : si un inventeur ne peut pas protéger son brevet, il a moins d’intérêt à chercher.
Les défis : inégalités et environnement
La croissance peut accroître les inégalités si ses gains se concentrent. Elle se heurte aussi à des limites écologiques : épuisement des ressources, émissions de gaz à effet de serre. Le PIB ne compte ni les dégâts sur la nature ni le travail domestique.
Le débat oppose deux lectures. La soutenabilité faible suppose que le capital produit peut remplacer le capital naturel, et compte sur l’innovation pour une croissance verte. La soutenabilité forte juge ce remplacement limité et appelle à préserver un stock de capital naturel, certains allant jusqu’à défendre la décroissance.
Les erreurs à éviter
Mesurer la croissance avec le PIB en valeur. La croissance se mesure avec le PIB en volume.
Sinon, on compterait la hausse des prix comme une hausse de la production.
Une croissance négative de 1 %, c’est un PIB nul. Le PIB baisse de 1 % mais reste élevé.
Le taux mesure une variation, pas un niveau. Le pays produit toujours beaucoup.
La croissance et le développement sont synonymes. Le développement inclut la santé, l’éducation et le bien-être.
Un pays peut croître sans que ses habitants vivent mieux.
Exercices corrigés
1. Quel indicateur sert à mesurer la croissance ?
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Le PIB en volume. Le PIB en volume est corrigé de la hausse des prix.
2. Le PIB en volume passe de 2 000 à 2 060 milliards. Quelle est la croissance ?
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3 %. 60 ÷ 2 000 × 100 = 3 %.
3. Une croissance due à plus de travailleurs et de machines est dite…
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extensive. On utilise plus de facteurs, sans gain d’efficacité.
4. Croissance : 2,5 %. Contribution du travail : 0,5 point. Contribution du capital : 1 point. Quelle est la part de la PGF ?
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1 point. 2,5 − 0,5 − 1 = 1 point.
5. Dans les théories de la croissance endogène, le progrès technique…
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résulte de l’activité économique. Il dépend de l’investissement en recherche, en éducation et en infrastructures.
6. La soutenabilité forte considère que le capital naturel…
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n’est pas totalement remplaçable. Pour cette approche, certaines ressources doivent être préservées.
Questions fréquentes
Quelle est la définition de la croissance économique ?
C’est l’augmentation durable de la production de biens et de services d’un pays. On la mesure par le taux de variation du PIB en volume.
Quelles sont les trois sources de la croissance ?
Le facteur travail, le facteur capital et la productivité globale des facteurs, liée au progrès technique et aux institutions.
Que veut dire croissance endogène ?
C’est une croissance entretenue par ses propres effets : l’investissement en recherche, en éducation et en infrastructures crée le progrès technique qui la nourrit.