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Corrigé du brevet d’histoire-géo 2023 (Nouvelle-Calédonie)

Le sujet en bref

Le sujet de Nouvelle-Calédonie étudie le boom du nickel et les transformations de la société calédonienne dans les années 1960-1970, à partir d’un rapport et d’une photographie de Nouméa. Il demande ensuite un développement construit sur l’extension des aires urbaines, un tableau à compléter sur le Grand Nouméa et une EMC sur l’engagement des jeunes pour le climat.

Sujet officiel

Exercice 1 : analyser des documents en histoire (20 points)

Thème : femmes et hommes dans la société des années 1950 aux années 1980, en France et en Nouvelle-Calédonie. Le document 1 résume un rapport de Jean-Claude Roux, daté de 1976. Il n’a pas de numéros de ligne : les renvois se font par paragraphe. Le document 2 est une photographie du chantier des tours de Magenta, à Nouméa.

Question 1 (2 points)

Trouver dans le document 1 deux éléments qui prouvent le poids du nickel dans l’économie du territoire pendant les années 1970.

Le poids dans les exportations : le nickel représente 90 % des exportations calédoniennes en 1974 (premier paragraphe).

L’ampleur de la production : l’extraction de minerai atteint 7 021 289 tonnes en 1970, contre 2 550 000 tonnes en moyenne en 1964-1965 (premier paragraphe). Elle a donc presque triplé en quelques années.

Conseil : Ici, la question porte sur les années 1970 : le chiffre de 1964-1965 ne sert que de point de comparaison. Cite chaque chiffre avec sa date.

Question 2 (2 points)

Nommer ceux qui exploitent le nickel en Nouvelle-Calédonie, d’après le document 1.

La Société Le Nickel (SLN), une firme.

Les petits mineurs indépendants. Le document précise que, proportionnellement, ils ont joué un rôle majeur dans l’accélération brutale de la production.

La Société Le Nickel (SLN) et les petits mineurs indépendants.

Question 3 (4 points)

Justifier par deux éléments du document 1 le mot de crise pour la période qui commence en 1974.

L’extraction de minerai recule : 7 millions de tonnes en 1974, 6,7 millions en 1975 et 5,9 millions en 1976 (deuxième paragraphe). En deux ans, elle perd environ 1,1 million de tonnes.

La construction s’effondre : 1 858 logements sont achevés en 1975, mais seulement 724 en 1976 (troisième paragraphe). C’est plus de deux fois et demie moins en un an.

Conseil : Deux éléments sont attendus : donne pour chacun les chiffres de départ et d’arrivée. Le texte ne dit pas ce qui a causé la crise : ne l’invente pas ici.

Question 4 (2 points)

Dire quels secteurs progressent après le boom du nickel.

L’agriculture, négligée pendant le boom, s’améliore nettement, surtout pour la viande bovine et plus encore porcine (quatrième paragraphe).

Le tourisme progresse fortement : 24 009 touristes en 1974 et 34 983 en 1976 (cinquième paragraphe). Le document ajoute que ce secteur n’a pas encore tenu toutes ses promesses.

L’agriculture et le tourisme.

Question 5 (4 points)

Dégager du document 2 deux effets du boom du nickel sur Nouméa.

La population de la ville augmente fortement : la légende le dit pour les années 1970. On peut penser que le boom a attiré à Nouméa des travailleurs et leurs familles.

De nouveaux logements collectifs sont construits, et la ville s’étend. La photographie montre deux grands bâtiments en béton, encore en chantier, sur plusieurs niveaux, avec une grue au centre et des terrains retournés. À l’arrière-plan, d’autres maisons et immeubles occupent déjà les pentes.

Conseil : Le document ne prononce pas le mot « nickel ». Le lien avec le boom est une déduction : dis-le avec « on peut penser », puis relie cette photographie au document 1.

Question 6 (6 points)

Montrer, avec les deux documents et le cours, que la société calédonienne change beaucoup dans les années 1960-1970.

Exemple de réponse rédigée :

Dans les années 1960-1970, la Nouvelle-Calédonie change profondément sous l’effet du boom du nickel. Son économie, sa population et ses villes se transforment.

L’économie repose alors sur le nickel. Il représente 90 % des exportations en 1974, et la production de minerai passe d’environ 2,5 millions de tonnes au milieu des années 1960 à plus de 7 millions en 1970 (document 1). La Société Le Nickel et les petits mineurs indépendants augmentent fortement leur activité. Cette dépendance rend pourtant le territoire fragile. Dès 1974, la crise touche les mines, puis le bâtiment, qui n’achève que 724 logements en 1976. L’agriculture et le tourisme progressent alors, sans remplacer le nickel.

La population et la ville changent aussi. D’après mon cours, le boom attire des travailleurs venus de métropole, de Wallis-et-Futuna et de Polynésie française. Des Kanak quittent leurs tribus pour chercher un emploi salarié, à Nouméa ou sur les mines. La société devient ainsi plus urbaine et plus diverse. La population de Nouméa augmente fortement et il faut construire des logements en grand nombre, comme les immeubles de Magenta (document 2).

Ces changements font aussi naître des tensions. Avec l’arrivée de nouveaux habitants, la part des Kanak dans la population recule. Dans les années 1970, ils affirment leur culture et leur identité, par exemple lors du festival Mélanésia 2000, en 1975.

En vingt ans, la Nouvelle-Calédonie devient donc une société plus urbaine, plus salariée et plus diverse, mais très dépendante du nickel.

Conseil : Sur 6 points, utilise les deux documents et ajoute au moins une connaissance : l’arrivée de travailleurs ou l’affirmation de la culture kanak, par exemple. Une suite de chiffres ne suffit pas : explique ce qu’ils changent dans la vie des habitants.

Exercice 2 : raisonner et se repérer en géographie (20 points)

Thème : les dynamiques territoriales de la France contemporaine. Le développement construit vaut 16 points. Le tableau à compléter se trouve sur l’annexe de la page 7, à rendre avec la copie.

1. Développement construit : ce qui est attendu (16 points)

Expliquer, en une vingtaine de lignes et à partir d’un exemple vu en classe, les causes et les formes de l’extension des aires urbaines.

La consigne contient deux questions : pourquoi les aires urbaines s’étendent (les causes) et comment elles s’étendent (les formes). Consacre un paragraphe à chacune, et appuie-les sur un exemple précis.

Tu dois aussi utiliser le vocabulaire du cours : ville-centre, banlieue, couronne périurbaine, étalement urbain, périurbanisation, mobilités pendulaires.

Le texte suivant prend pour exemple le Grand Nouméa. C’est une proposition : un autre plan bien argumenté est aussi valable, et une autre aire urbaine étudiée en classe convient tout autant.

Conseil : Un développement construit est un texte rédigé, sans titres ni liste. Ici, l’exemple est exigé : sans lieu précis, la réponse reste une généralité.

1. Exemple rédigé

Une aire urbaine rassemble une ville-centre, sa banlieue et sa couronne périurbaine, dont une grande partie des habitants vient travailler dans l’agglomération. En France, ces espaces s’agrandissent depuis plusieurs décennies. Le Grand Nouméa, qui regroupe Nouméa, Dumbéa, Le Mont-Dore et Païta, en est un bon exemple. Pourquoi et comment cette aire urbaine s’étend-elle ?

Les aires urbaines s’étendent d’abord parce que les villes attirent. Elles concentrent les emplois, les commerces, les services et les établissements de santé ou d’enseignement. En Nouvelle-Calédonie, Nouméa regroupe une grande partie de ces activités. Depuis plusieurs décennies, de nombreux habitants sont venus s’installer autour d’elle. Or la ville-centre manque de place, car elle occupe une presqu’île, et les logements y coûtent cher. Beaucoup de ménages cherchent donc un terrain plus grand et moins coûteux, souvent pour y faire construire une maison avec jardin. Ce choix est possible grâce à la voiture et aux voies rapides, qui permettent d’habiter loin de son travail.

Cette extension prend plusieurs formes. C’est d’abord l’étalement urbain : des lotissements et de nouveaux quartiers sont construits sur d’anciens espaces naturels ou agricoles, à Dumbéa ou à Païta par exemple. On parle de périurbanisation quand ces constructions gagnent des communes de plus en plus éloignées. Les activités suivent ensuite les habitants. De vastes zones commerciales se sont installées en périphérie, le long des grands axes, comme à Dumbéa. Des équipements quittent aussi le centre : le grand hôpital du Médipôle se trouve à Dumbéa.

Cet étalement a des conséquences. Chaque jour, de nombreux habitants font la navette entre leur domicile et leur travail : ce sont les mobilités pendulaires, qui provoquent des embouteillages aux entrées de Nouméa. Les espaces naturels reculent. Pour limiter ces problèmes, les pouvoirs publics développent les transports en commun et cherchent à construire de façon plus dense.

Les aires urbaines s’étendent donc parce que les villes attirent et que les habitants recherchent de l’espace, sous la forme de quartiers résidentiels, de zones d’activités et de nouveaux axes de transport. Tout l’enjeu est de maîtriser cette croissance.

Conseil : Si tu prends une autre ville, garde le même plan et change les exemples : le nom des communes et des quartiers, une zone commerciale, une route. La consigne exige un exemple : cite des lieux réels, pas seulement du vocabulaire. Cette extension est une tendance de long terme : d’après le recensement de 2025, Nouméa, Dumbéa et Le Mont-Dore ont perdu des habitants depuis 2019, et seule Païta en a gagné.

2. Tableau de l’annexe (4 points)

Placer les quatre mots proposés dans les bonnes cases, pour identifier chaque image et la situer dans l’aire urbaine.

Vue aérienne de Dumbéa. Identification de l’image : zone commerciale, car on voit au centre un très grand bâtiment entouré de vastes parkings, au bord d’une voie rapide. Localisation : banlieue, car Dumbéa est une commune voisine de Nouméa.

Quartier de Magenta, Nouméa. Identification de l’image : habitat collectif, car la photographie montre de grands immeubles d’appartements. Localisation : ville-centre, car ce quartier se trouve à Nouméa même, comme l’indique la légende.

Dumbéa : zone commerciale, banlieue. Magenta : habitat collectif, ville-centre.

Conseil : Lis les titres des colonnes : deux mots décrivent ce qu’on voit (zone commerciale, habitat collectif), deux mots disent où l’on est (banlieue, ville-centre). Chaque mot ne sert qu’une fois.

Exercice 3 : enseignement moral et civique (10 points)

Situation pratique sur l’engagement citoyen. Le document 1 réunit deux photographies d’actions de jeunes Calédoniens en 2019. Le document 2 est un texte du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, dont la source est datée de mars 2022. Le sujet ne détaille pas le barème de ces quatre questions.

Question 1

Dire pour quelle cause ces jeunes se mobilisent, d’après le document 1.

Ces jeunes défendent le climat, comme l’indique le titre du document. Plus largement, ils agissent pour la protection de l’environnement.

La banderole de la première photographie réclame un changement immédiat : « C’est pas plus tard qu’il faut changer, c’est maintenant ».

La lutte contre le réchauffement climatique et la protection de l’environnement.

Question 2

Décrire les deux actions visibles sur les photographies du document 1.

Une manifestation : sur la première photographie, des jeunes se tiennent au bord d’une rue avec une banderole et des pancartes.

Une opération de ramassage de déchets : sur la seconde, un groupe pose derrière de gros sacs remplis, et plusieurs jeunes portent des gants. On peut penser que ces sacs contiennent les déchets ramassés.

Conseil : Une action cherche à alerter, l’autre agit directement sur le terrain. Tu pourras réutiliser cette différence à la question 4.

Question 3

Relever dans le document 2 ce que les jeunes ont obtenu des autorités calédoniennes.

Ils ont été écoutés : ils ont été reçus pendant près de deux heures par Joseph Manauté, chargé de l’environnement et de la transition écologique, et par des représentants des cabinets du président du gouvernement et de Mickaël Forrest, chargé de la jeunesse.

Ils ont obtenu l’annonce d’un projet : l’exécutif souhaite créer un conseil des jeunes Calédoniens pour la transition écologique, afin de prendre en compte leur avis dans ses décisions.

Conseil : Le texte parle d’un souhait : n’écris pas que ce conseil existe déjà. Attention aussi aux dates : les photographies sont de 2019, mais la source du texte est de 2022.

Question 4

Convaincre un ami, à l’aide des deux documents, que les jeunes ont leur place dans la vie démocratique et que ces actions n’étaient pas vaines.

Exemple de réponse rédigée :

Tu me dis que ces actions n’ont servi à rien, mais je ne suis pas d’accord avec toi.

D’abord, elles ont eu des résultats concrets. Les sacs remplis du document 1 laissent penser qu’un lieu a été nettoyé. Le document 2 montre aussi que, plus tard, des jeunes ont été reçus pendant près de deux heures par un membre du gouvernement, et que l’exécutif souhaite créer un conseil des jeunes pour la transition écologique. Ce conseil n’existe peut-être pas encore, mais les dirigeants ont bien dû les écouter.

Ensuite, en démocratie, la citoyenneté ne se limite pas au vote. C’est vrai, ces jeunes ne peuvent pas encore voter, s’ils ont moins de 18 ans. Mais ils ont la liberté d’expression, le droit de manifester et le droit de s’associer. Ils les ont utilisés pacifiquement, avec des pancartes et avec le soutien d’une association et d’un collectif citoyen. Dans une démocratie, les dirigeants doivent tenir compte de ce que pensent les citoyens.

Enfin, les jeunes sont directement concernés. C’est leur avenir qui se joue, et ce sont eux qui prendront les décisions plus tard. Dès aujourd’hui, ils peuvent s’engager : comme délégué au collège, dans une association ou dans un conseil de jeunes. Tu vois donc que ces actions ne sont pas inutiles : elles font entendre une voix, et elles nous préparent à être des citoyens actifs.

Conseil : Adresse-toi à l’ami avec « tu » et réponds à son objection. Utilise les deux documents, puis ajoute le cours : droits du citoyen, formes d’engagement. Ne signe pas ta réponse.

Les erreurs à éviter sur ce sujet

  • Donner à la question 1 seulement le chiffre de 1964-1965.

    Citer les 90 % des exportations en 1974 et les 7 021 289 tonnes de 1970.

    La question porte sur les années 1970. Le chiffre de 1964-1965 sert seulement à mesurer la hausse.

  • Répondre à la question 3 par une phrase générale sur la crise, sans chiffre.

    Comparer les tonnages de 1974 et 1976, puis les logements achevés en 1975 et 1976.

    Deux éléments sont demandés, et ce sont les chiffres qui prouvent la crise.

  • Décrire la ville-centre, la banlieue et le périurbain sans dire pourquoi l’aire urbaine s’étend.

    Consacrer un paragraphe aux causes et un autre aux formes de l’extension, avec un exemple précis.

    La consigne pose les deux questions « pourquoi » et « comment », et elle exige un exemple étudié en classe.

  • Écrire « banlieue » dans la colonne d’identification pour Dumbéa.

    Identifier une zone commerciale, et localiser l’image en banlieue.

    Une colonne dit ce qu’on voit, l’autre où cela se trouve. Chaque mot proposé n’est utilisé qu’une fois.

  • Affirmer que les jeunes ont obtenu la création d’un conseil des jeunes.

    Écrire que l’exécutif a exprimé le souhait de créer ce conseil.

    Le document 2 annonce un projet, pas une décision réalisée.

Questions fréquentes

Combien de temps dure l’épreuve et comment sont répartis les points ?

L’épreuve dure 2 heures et compte 50 points : 20 pour l’exercice 1, 20 pour l’exercice 2 (16 pour le développement construit et 4 pour le tableau) et 10 pour l’EMC. Le dictionnaire et la calculatrice sont interdits.

Fallait-il rendre une page avec la copie ?

Oui, l’annexe de la page 7 sur 7 doit être rendue avec la copie. Tu y complètes le tableau sur Dumbéa et Magenta.

Fallait-il prendre Nouméa comme exemple dans le développement construit ?

Non. La consigne demande un exemple étudié en classe, sans imposer de ville. Le Grand Nouméa est un choix naturel, puisque l’annexe en parle, mais une autre aire urbaine française convient aussi.

Le thème parle des femmes et des hommes : fallait-il parler de la place des femmes ?

Non. Les questions portent sur le nickel, la crise, Nouméa et les transformations de la société. Ce n’est pas interdit à la question 6, mais il faut d’abord exploiter les deux documents.

Les cours à revoir

Proposition de corrigé rédigée par Meilleur Étudiant, sans valeur officielle : le ministère ne publie pas de corrigé, et le barème réel appartient aux correcteurs. Ce sujet date d’avant la note sur 20 du brevet : son barème suit l’ancienne notation. Une erreur ? Écris-nous à contact@meilleuretudiant.fr.