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Chômage structurel et conjoncturel : causes et politiques

L’essentiel

Le chômage structurel vient du fonctionnement durable du marché du travail : compétences qui ne correspondent pas aux postes, salaires, institutions. Le chômage conjoncturel vient d’une baisse temporaire de l’activité. Pour lutter contre le chômage, on combine donc soutien de la demande, formation et réformes du marché du travail.

Les trois types de chômage

Tous les chômeurs ne le sont pas pour la même raison. Le chômage structurel se distingue par sa durée : il persiste même quand l’économie va bien.

Distinguer les types de chômage
TypeOrigineDuréeExemple
FrictionnelDélai pour passer d’un emploi à un autreCourteUne salariée quitte son poste et en cherche un autre
ConjoncturelBaisse de la demande et de l’activitéTemporaireUne récession entraîne des licenciements
StructurelCaractéristiques durables du marché du travailLongueDes mineurs ne retrouvent pas d’emploi après la fermeture de leur bassin

Le chômage conjoncturel : un problème de demande

Quand la consommation et l’investissement reculent, les entreprises vendent moins et réduisent leur production. Elles embauchent moins, voire licencient. John Maynard Keynes décrit en 1936 cette insuffisance de la demande globale.

Le mécanisme se renforce : les chômeurs consomment moins, ce qui réduit encore les ventes. Il se résorbe en principe quand l’activité repart.

Les causes du chômage structurel

  • Les difficultés d’appariement : les offres et les demandes d’emploi ne se rencontrent pas. Il y a du chômage et des postes vacants en même temps, à cause de compétences différentes ou de la géographie.
  • Les asymétries d’information : un employeur ne connaît pas parfaitement l’efficacité d’un candidat, et il peut hésiter à embaucher.
  • Le salaire d’efficience : une entreprise peut payer plus que le salaire d’équilibre pour motiver et garder ses salariés. Le salaire reste alors au-dessus du niveau qui ferait embaucher tout le monde.
  • Les institutions : salaire minimum, règles de protection de l’emploi. Leurs effets sur le chômage sont discutés.

Astuce : Le signe du chômage structurel, c’est la coexistence de chômeurs et d’offres d’emploi non pourvues.

Comment lutter contre le chômage ?

Les politiques de l’emploi
PolitiqueCibleMoyenLimite possible
Soutien de la demandeChômage conjoncturelHausse des dépenses publiques, baisse des taux d’intérêtHausse de la dette, inflation
Baisse du coût du travailChômage structurelAllègements de cotisations sur les bas salairesCoût pour les finances publiques, effets d’aubaine
FormationDifficultés d’appariementFormation des chômeurs, apprentissageEffets lents, public à bien cibler
FlexibilisationRigidités du marché du travailAssouplissement des règles d’embauche et de licenciementRisque de précarité
AccompagnementRecherche d’emploiSuivi des chômeurs, aide à la mobilitéMoyens humains nécessaires

Les débats autour des politiques de l’emploi

Le salaire minimum. Pour certains économistes, un salaire minimum élevé décourage l’embauche des moins qualifiés. D’autres montrent des effets faibles ou nuls sur l’emploi, comme David Card et Alan Krueger dans une étude de 1994, et soulignent le gain de pouvoir d’achat. Les résultats dépendent du niveau du salaire et du contexte.

La protection de l’emploi. Elle sécurise les salariés en poste, mais elle peut rendre les employeurs plus prudents à l’embauche. Son assouplissement peut au contraire accroître la précarité. Le débat porte sur l’équilibre entre flexibilité et sécurité.

Les erreurs à éviter

  • Une relance règle tous les types de chômage. Une relance agit surtout sur le chômage conjoncturel.

    Elle ne résout pas un décalage de compétences ou de localisation entre offres et demandes.

  • Le chômage frictionnel est un signe de crise. Le chômage frictionnel existe même quand l’économie va bien.

    Il correspond au temps normal de passage d’un emploi à un autre.

  • Tous les économistes s’accordent sur le salaire minimum. Ses effets sur l’emploi sont discutés.

    Les études divergent selon le niveau du salaire, le pays et le contexte.

Exercices corrigés

  1. 1. Une récession entraîne des licenciements dans le commerce. Ce chômage est surtout…

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    conjoncturel. Il vient d’une baisse temporaire de l’activité.

  2. 2. Dans une région, des chômeurs coexistent avec des postes non pourvus d’informaticiens. Il s’agit…

    Voir la correction

    d’un problème d’appariement. Les compétences ne correspondent pas aux postes : c’est un déséquilibre d’appariement.

  3. 3. Une entreprise paie plus que le marché pour motiver ses salariés. Comment appelle-t-on ce salaire ?

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    Salaire d’efficience. C’est la théorie du salaire d’efficience.

  4. 4. Quelle politique vise surtout le chômage conjoncturel ?

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    Une hausse des dépenses publiques. Elle soutient la demande globale, qui manque en période de récession.

  5. 5. Une ouvrière quitte son emploi et en trouve un autre trois semaines plus tard. Pendant ces semaines, elle relevait du chômage…

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    frictionnel. C’est un temps de passage entre deux emplois.

  6. 6. Quelle est la limite possible d’un allègement de cotisations sur les bas salaires ?

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    L’effet d’aubaine. Certaines embauches auraient eu lieu sans l’aide, qui coûte aux finances publiques.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le chômage structurel ?

C’est la part du chômage liée au fonctionnement durable du marché du travail. Elle persiste même lorsque la conjoncture est bonne.

Quelle différence entre chômage structurel et conjoncturel ?

Le conjoncturel suit les fluctuations de l’activité et baisse avec la reprise. Le structurel dépend de causes durables, comme les décalages de compétences.

Comment lutter contre le chômage ?

Les politiques dépendent de sa cause : soutien de la demande pour le conjoncturel, formation, coût du travail et règles du marché du travail pour le structurel. Leur efficacité fait débat.

Pour aller plus loin