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Corrigé du brevet de français 2023 : compréhension et grammaire (Polynésie française)

Le sujet en bref

Le sujet de Polynésie française s’appuie sur Te noha, Le pétrel, poème de Flora Aurima Devatine où un oiseau raconte sa chute et son sauvetage, et sur une fresque de Moorea. Il fallait réussir deux réécritures, analyser le présent et les classes de mots, puis suivre l’aventure du pétrel et interpréter le dernier vers.

Sujet officiel

Grammaire et compétences linguistiques (20 points)

Ce sujet commence par la grammaire. Le poème, publié en 2016, reste protégé par le droit d’auteur : ce corrigé donne les mots analysés isolément et renvoie aux vers. Reporte-toi au sujet pour les vers entiers.

Question 1 (2 points)

Repérer le temps dominant du poème et dire à quoi il sert.

Le temps le plus employé est le présent de l’indicatif.

C’est surtout un présent de narration : l’oiseau raconte son aventure comme si elle se déroulait à l’instant même. Le lecteur vit donc les événements en même temps que lui. L’accident des vers 15 à 19 le confirme : il s’agit d’un événement unique, et non d’une habitude.

Le présent de l’indicatif, avec une valeur de narration.

Conseil : On peut défendre un présent d’habitude pour les vers 1 à 14, qui peuvent se lire comme une sortie ordinaire de l’oiseau. Attention : aux vers 21 à 23, être suivi d’un participe forme un présent passif, pas un passé composé.

Question 2 : première réécriture (5 points)

Faire passer les vers 1 et 2 de la première personne du singulier à celle du pluriel.

Cinq mots ou groupes changent. Le complément de temps du début et le pronom les ne bougent pas.

je sonde devient nous sondons.

mes ailes devient nos ailes. Le déterminant possessif suit le changement de personne.

Je les déploie devient Nous les déployons. Les verbes en -oyer retrouvent leur y devant -ons.

je les agite devient nous les agitons.

je les replie devient nous les replions.

Conseil : Le piège est ici le possessif : le sujet demande toutes les modifications nécessaires, pas seulement celles des verbes.

Question 2 : deuxième réécriture (5 points)

Transposer les vers 31 et 32 au futur.

Il y a cinq verbes conjugués : chacun passe au futur simple. Le reste ne change pas.

Je recherche devient Je rechercherai.

je la vois devient je la verrai. Le radical change, avec deux r.

je rejoins devient je rejoindrai.

J’atteins devient J’atteindrai.

j’y suis devient j’y serai.

Conseil : À la première personne du futur, la terminaison est -ai, sans s : avec un s, tu obtiens un conditionnel.

Question 3 (2 points)

Analyser le mot les au vers 2.

Classe grammaticale : pronom personnel de la troisième personne du pluriel. Il remplace le nom ailes, présent au vers 1.

Fonction : complément d’objet direct (COD) du verbe déploie. L’oiseau déploie quoi ? Ses ailes.

Pronom personnel, COD du verbe déploie.

Conseil : Placé devant un verbe, les n’est pas un article : il ne précède aucun nom.

Question 4. a) (1,5 point)

Trouver dans le poème trois verbes de sens proche de regarder.

Les trois verbes sont guetter (je guette, vers 14), scruter (je scrute, vers 15) et voir (je vois, vers 16 et 31).

Voir n’est qu’un synonyme approché : regarder, c’est diriger ses yeux vers quelque chose, alors que voir, c’est percevoir par les yeux. Il reste le verbe le plus courant de cette famille de sens, et la question b) suppose justement un verbe moins précis que les autres. On pouvait aussi retenir examiner (vers 21), mais ce sont alors les humains qui regardent l’oiseau.

Guetter, scruter, voir.

Conseil : Ne retiens pas sonder au vers 1 : ce verbe porte sur les ailes, que l’oiseau met à l’épreuve. Il ne regarde rien.

Question 4. b) (1,5 point)

Choisir le verbe au sens le plus vague et expliquer pourquoi.

Le verbe le moins précis est voir. Il exprime simplement le fait de percevoir quelque chose par les yeux, parfois sans le vouloir.

Les deux autres ajoutent une nuance. Guetter, c’est observer avec attention en attendant quelque chose. Scruter, c’est examiner avec une grande attention, pour découvrir un détail.

Voir, car il ne dit rien de l’attention ni de l’intention.

Question 5 (1 point)

Isoler la base du nom atterrissage.

Le radical est terr-, celui du nom terre. Atterrir, c’est se poser à terre. Autour de lui, on trouve un préfixe (at-) et un suffixe de nom (-issage).

Le radical terr-.

Question 6 (2 points)

Repérer les compléments circonstanciels du vers 11 et les nommer.

dans l’eau est complément circonstanciel de lieu : il indique où l’oiseau plonge.

toute la nuit est complément circonstanciel de temps : il indique la durée de la pêche.

Dans l’eau : CC de lieu. Toute la nuit : CC de temps.

Conseil : Ici, tu peux supprimer dans l’eau : la phrase reste correcte. Certaines grammaires rattachent pourtant ce groupe au verbe plonger, car il se déplace mal. La consigne parle de compléments circonstanciels : réponds CC de lieu.

Compréhension et compétences d’interprétation (30 points)

Sur ta copie, à chaque renvoi, recopie les mots du texte entre guillemets. D’autres réponses sont possibles si elles sont justifiées.

Question 7 (1 point)

Dire ce que change, pour le lecteur, le titre écrit en langue tahitienne.

Ce titre place tout de suite le poème en Polynésie : il annonce un oiseau, une langue et une culture de cette région. La traduction française, juste en dessous, montre que deux langues se rencontrent.

La note 1 ajoute un second sens : le mot désigne aussi une personne compétente. On peut donc lire le poème à deux niveaux, comme l’histoire d’un oiseau et comme celle d’un être humain qui sait faire face.

Conseil : Lis la note 1 : elle donne la clé de cette question, et elle resservira pour le dernier vers.

Question 8 (2 points)

Citer quatre éléments naturels du milieu où vit d’ordinaire l’oiseau.

Le pétrel évolue habituellement dans l’air (vers 3), au-dessus de la mer (vers 10), le long des côtes (vers 13) et jusqu’à la falaise (vers 14).

On pouvait aussi retenir les nuages (vers 12), les vallées (vers 13) ou la montagne (vers 14).

Question 9 (2 points)

Expliquer quel exploit évoque le vers 5.

L’exploit, c’est son envol, annoncé à la fin du vers 4. L’oiseau a d’abord vérifié et préparé ses ailes (vers 1 à 3), puis il s’est élancé malgré leur balancement.

Le mot exploit montre que voler n’a rien d’évident pour lui : chaque départ est une réussite, dont il est fier. Le sourire et le chant qui suivent (vers 5 et 6) expriment cette joie.

Le fait d’avoir réussi à prendre son envol.

Question 10. a) (2 points)

Dire pourquoi l’oiseau part à la tombée du jour, avec des preuves.

Il part pour pêcher, c’est-à-dire pour se nourrir. Il vole d’abord très bas au-dessus de la mer (vers 10), puis il plonge et il pêche pendant toute la nuit (vers 11).

La pêche.

Question 10. b) (1 point)

Indiquer quand il reprend le chemin de la falaise.

Il revient au petit jour, c’est-à-dire à l’aube (vers 12).

Au petit jour.

Question 11. a) (1 point)

Trouver la cause de l’accident dans la strophe des vers 15 à 19.

La mésaventure vient du soleil, trop fort pour les yeux de l’oiseau (vers 15). Aveuglé, l’oiseau ne distingue plus rien, se perd et tombe (vers 16).

On peut penser qu’il rentre trop tard : le jour est déjà levé, alors qu’au vers 32, le pétrel arrive chez lui avant le jour.

Le soleil, qui l’éblouit et lui fait perdre son chemin.

Question 11. b) (2 points)

Relever deux menaces qui pèsent sur l’oiseau blessé et les expliquer.

Le chien (vers 18). L’oiseau ne peut pas s’envoler et marche avec peine (vers 17) : il serait une proie facile.

L’attention des humains (vers 19). Une fois remarqué, il ne décide plus de son sort : il pourrait être capturé ou mal traité. La suite montrera que ces humains lui viennent en aide, mais l’oiseau ne le sait pas encore.

On pouvait aussi citer son aile brisée (vers 16) : s’il ne vole plus, il ne peut plus ni pêcher ni rentrer.

Question 12 (1 point)

Imaginer ce qui s’est passé dans le blanc entre les vers 19 et 20.

Les habitants de la maison ont sans doute remarqué l’oiseau blessé. On peut penser qu’ils l’ont attrapé et qu’ils ont prévenu des spécialistes, des personnes qui soignent ou protègent les oiseaux, à qui il a été confié (vers 20).

Conseil : La question dit « d’après vous » : donne une hypothèse, mais elle doit relier le vers 19 aux spécialistes du vers 20.

Question 13. a) (1 point)

Nommer le sentiment que traduit cette interjection.

Elle exprime le soulagement : un danger ou une angoisse vient de prendre fin.

Le soulagement.

Question 13. b) (1 point)

Comparer ce que vit l’oiseau les deux fois.

Au vers 26, l’oiseau vient d’être lâché et il découvre qu’il peut encore voler : il a échappé à un danger de mort et il a la vie sauve.

Au vers 33, le soulagement porte sur le retour : il a retrouvé son lieu de vie sans tomber. Les mots cette fois montrent qu’il pense à son accident. L’aventure est vraiment terminée.

D’abord il est sauvé, ensuite il est de retour chez lui.

Question 14 (2 points)

Prouver par deux indices que ce texte relève de la poésie.

La disposition. Le texte est écrit en vers, avec une majuscule au début de chacun, et il est groupé en strophes séparées par des blancs. Deux passages sont même décalés vers la droite (vers 20 à 23 et vers 34).

Le rythme et les reprises. Le poème ne suit pas de rimes régulières : ses vers sont libres. Sa musique vient des répétitions, comme le je en tête de vers, et du retour de vers très proches (vers 10 et 29, vers 12 et 30).

Conseil : Ici, ne parle pas de rimes : le poème n’en a pas de régulières. Dire vers libres montre que tu as bien regardé le texte.

Question 15 (6 points)

Montrer par quels moyens la poétesse fait partager au lecteur l’expérience de l’oiseau.

Flora Aurima Devatine nous place à l’intérieur de l’oiseau, et elle nous fait partager ses sensations et ses peurs.

Le point de vue. C’est le pétrel qui dit je, du premier au dernier vers de son aventure. Nous ne l’observons pas de l’extérieur : nous voyons avec ses yeux. Le présent de narration ajoute à cet effet : tout semble arriver maintenant.

Les sensations. Le poème note les gestes du corps et le contact de l’air (vers 2 et 3, repris au vers 24). Le balancement des ailes (vers 4 et 25) fait sentir l’effort et l’incertitude du vol.

Le rythme. Les verbes s’enchaînent en propositions très courtes, séparées par des virgules. Ces énumérations imitent le mouvement du vol. Elles s’accélèrent au moment de l’accident : les vers 16 à 18 s’allongent, entassent les actions, et l’adverbe vite répété au vers 18 traduit l’affolement.

Les mots des émotions. L’angoisse revient (vers 7, 12, 28 et 30), comme la peur (vers 16). À l’inverse, le sourire (vers 5), le chant (vers 6) et l’interjection ouf (vers 26 et 33) disent la joie et le soulagement.

La voix passive. Dans la strophe décalée, aux vers 21 à 23, l’oiseau subit au lieu d’agir : une énumération de participes le montre manipulé par d’autres. Nous sentons sa perte de liberté et son impuissance.

La construction. Après sa libération, les vers 24 à 33 reprennent en écho les vers du début, avec les mêmes gestes. Nous retenons notre souffle avec lui, parce que nous nous demandons si le vol va réussir cette fois.

Conseil : La question fait la synthèse des précédentes. Regroupe tes remarques par procédés, avec à chaque fois un exemple et l’effet ressenti par le lecteur.

Question 16 (2 points)

Proposer une interprétation du dernier vers, séparé du reste.

« Je cherche dans les mots de ma langue des lieux d’envol » (vers 34).

Ce vers change le sens du poème. Le je ne semble plus être le pétrel, car un oiseau n’a pas de mots : on peut penser que c’est la poétesse qui parle, en reprenant l’image de l’oiseau.

Les mots deviennent pour elle ce que la falaise est pour le pétrel : un lieu d’où s’élancer. Écrire, c’est prendre son envol, avec les mêmes risques et la même joie. Le possessif peut renvoyer à sa langue d’origine, le tahitien, celle du titre. Le blanc et le décalage isolent ce vers et lui donnent la valeur d’une conclusion.

Conseil : Rappelle-toi la note 1 : le mot du titre désigne aussi une personne compétente. Elle appuie cette lecture où le pétrel représente un être humain.

Question 17 (6 points)

Rapprocher le poème de l’image de la page 3 dans une réponse rédigée.

L’image est la photographie d’une œuvre peinte et assemblée avec des matériaux recyclés, sur un mur de Moorea, lors d’un festival de graffiti en 2018. Elle présente plusieurs liens avec le poème.

Un oiseau aux ailes déployées. On y voit un immense oiseau blanc et gris, les ailes grandes ouvertes, comme l’oiseau qui déploie ses ailes aux vers 2 et 24. La légende ne dit pas de quelle espèce il s’agit, et rien ne prouve que ce soit un pétrel.

La pêche. L’oiseau tient dans son bec un poisson aux couleurs vives. L’image semble ainsi illustrer les vers 11 et 29.

Un même décor. Le ciel nuageux rappelle les nuages du vers 12, et la montagne visible à gauche celle du vers 14. Le poème et l’œuvre viennent de la même région : Moorea d’un côté, un lieu de Faa’a et un titre tahitien de l’autre.

L’aide des humains. Une personne, debout dans la nacelle d’un engin de levage, tend le bras vers l’aile : on peut penser qu’elle y travaille. Cette scène peut rappeler les mains des spécialistes qui s’occupent de l’oiseau aux vers 20 à 23.

Une réparation. Les ailes laissent voir des pièces assemblées, et l’œuvre a été faite avec des matériaux recyclés. Des objets rejetés retrouvent une vie, de même que l’oiseau à l’aile brisée (vers 16) reprend son vol (vers 26). On peut y lire le même espoir.

Deux arts. Enfin, le poème et le mur font tous deux de l’oiseau un sujet de création. La poétesse travaille avec des mots (vers 34), les artistes avec de la peinture et des matériaux. Une différence demeure : le poème raconte une histoire de l’intérieur, dans la durée, alors que l’image fixe un seul instant, vu de l’extérieur.

Conseil : Sépare ce qui se voit de ce que tu en déduis : un détail de l’image, le vers qui lui répond, puis l’idée commune. Le sujet demande une réponse rédigée, pas une liste.

Les erreurs à éviter sur ce sujet

  • Écrire je rechercherais ou je rejoindrais dans la réécriture au futur.

    Écrire je rechercherai et je rejoindrai, sans s.

    La terminaison -ais est celle du conditionnel. Au futur simple, la première personne du singulier se termine par -ai.

  • Écrire nous les déploions.

    Écrire nous les déployons.

    Le verbe déployer garde son y devant -ons. Le i n’apparaît que devant un e muet.

  • Garder mes ailes en passant à nous.

    Écrire nos ailes.

    Le possessif change avec la personne, et la consigne demande toutes les modifications nécessaires.

  • Analyser les au vers 2 comme un article défini.

    Y voir un pronom personnel, COD du verbe déploie.

    Il précède un verbe et il remplace un nom déjà cité.

  • Dire que le poème est en rimes.

    Parler de vers libres, de strophes et de répétitions.

    Le poème ne présente pas de rimes régulières : cet argument serait faux ici.

Questions fréquentes

Combien de temps dure cette partie de l’épreuve de français 2023 en Polynésie française ?

Le sujet indique 1 h 10 pour 50 points : 20 points de grammaire et 30 points de compréhension. Les deux réécritures comptent pour 10 points.

Le dictionnaire est-il autorisé pour ces questions ?

Non. Le sujet interdit le dictionnaire et la calculatrice dans cette partie. Quatre notes sous le poème expliquent les mots difficiles.

Faut-il savoir ce qu’est un pétrel pour répondre ?

Non. La note 1 indique qu’il s’agit d’un oiseau marin, et le poème donne le reste : son milieu, sa pêche de nuit et son retour vers la falaise.

Quel est le lien avec la rédaction de ce sujet ?

Les deux sujets au choix partent du poème : l’un demande de poursuivre l’histoire de l’oiseau à partir des vers 18 et 19, l’autre pose une question sur les difficultés à surmonter pour atteindre ce que l’on désire.

Les cours à revoir

Proposition de corrigé rédigée par Meilleur Étudiant, sans valeur officielle : le ministère ne publie pas de corrigé, et le barème réel appartient aux correcteurs. Ce sujet date d’avant la note sur 20 du brevet : son barème suit l’ancienne notation. Une erreur ? Écris-nous à contact@meilleuretudiant.fr.