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Corrigé du brevet de français 2025 : compréhension et grammaire (Antilles, Guyane)

Le sujet en bref

Le sujet Antilles, Guyane s’appuie sur l’ouverture de Madame Bovary de Flaubert, où Charles, nouvel élève, déclenche les rires de la classe avec sa casquette, et sur une image des Quatre cents coups de Truffaut. Il fallait analyser le regard du narrateur, comparer deux façons de montrer l’isolement, puis réussir la réécriture au pluriel, notée sur 10 points.

Sujet officiel

Compréhension et compétences d’interprétation (32 points)

Le texte de Flaubert date de 1857 : ce corrigé en cite de courts passages, avec leurs lignes. Une bonne réponse cite le texte, puis explique ce que la citation prouve. D’autres réponses sont possibles si elles sont justifiées.

Question 1 (4 points)

Découper le texte en trois parties et donner à chacune un titre choisi dans la liste du sujet.

Lignes 1 à 7 : l’arrivée du Proviseur à l’étude. Le Proviseur entre avec le nouveau et le confie au maître d’études. La scène se passe « à l’étude » (ligne 1).

Lignes 8 à 18 : le portrait du nouveau. Le narrateur décrit son allure et ses vêtements, puis son attitude pendant la récitation des leçons.

Lignes 19 à 33 : une casquette encombrante. Le narrateur explique l’habitude des élèves, décrit longuement la casquette, puis raconte sa chute et le rire de la classe.

Les deux autres titres sur le Proviseur ne conviennent pas : il n’est jamais décrit, et il arrive à l’étude, pas en classe. Un mauvais genre pourrait se défendre pour la troisième partie, car il joue sur le mot genre de la ligne 21. Mais ce mot désigne le rituel des élèves, alors que toute la partie tourne autour de la casquette : Charles la garde sur ses genoux, et elle finit par tomber. Une casquette encombrante reste donc le titre le plus juste.

Lignes 1 à 7 : l’arrivée du Proviseur à l’étude. Lignes 8 à 18 : le portrait du nouveau. Lignes 19 à 33 : une casquette encombrante.

Conseil : Les questions 2 et 3 confirment ce découpage, puisqu’elles portent sur les lignes 8 à 18, puis sur les lignes 19 à 33.

Question 2. a) (2 points)

Expliquer la gêne du nouveau dans les lignes 8 à 18.

Le nouveau est embarrassé parce qu’il ne se sent pas à sa place.

Il est différent des autres élèves. Il vient de la campagne et il arrive dans un groupe qu’il ne connaît pas. Il a une quinzaine d’années et il dépasse tout le monde (lignes 9 et 10), alors que le Proviseur le place en cinquième et rappelle que son âge le destine aux grands (lignes 5 à 7).

Il est aussi mal à l’aise dans ses vêtements : sa veste le serre et laisse voir des poignets « habitués à être nus » (ligne 13).

Il est nouveau, campagnard, trop âgé pour sa classe et mal à l’aise dans ses habits.

Question 2. b) (2 points)

Montrer comment cette gêne apparaît, à partir de deux attitudes différentes.

Il cherche à ne pas se faire voir. Il reste « dans l’angle, derrière la porte » (ligne 8), à tel point que les élèves le distinguent à peine.

Il n’ose plus bouger. Pendant la récitation, il se tient raide, « n’osant même croiser les cuisses, ni s’appuyer sur le coude » (ligne 16). À deux heures, il ne rejoint même pas les rangs sans que le maître d’études le prévienne (lignes 16 à 18).

Conseil : Deux attitudes différentes sont demandées : se cacher et se figer en sont deux. Deux citations sur son immobilité n’en feraient qu’une.

Question 3 (5 points)

Dire si la casquette aide Charles à trouver sa place dans le groupe, avec deux éléments appuyés sur les lignes 19 à 33.

Non, la casquette ne lui permet pas de s’intégrer : elle le met à part, puis elle le rend ridicule.

Il ne suit pas le rituel de la classe. Les élèves ont une habitude : lancer leur casquette sous le banc en entrant, pour qu’elle frappe le mur et soulève de la poussière. Le narrateur ajoute « c’était là le genre » (ligne 21), c’est-à-dire ce qui se faisait dans le groupe. Le nouveau, lui, garde sa casquette « sur ses deux genoux » (ligne 23). Il n’a pas vu ce geste ou il n’a pas osé le faire (ligne 22). Dans les deux cas, il reste en dehors du groupe.

L’objet lui-même est grotesque. Cette casquette mélange cinq coiffures différentes (lignes 24 et 25), et sa description se poursuit jusqu’à la ligne 31. Le narrateur parle de sa « laideur muette » (ligne 26). Elle est neuve et sa visière brille (ligne 31) : on peut penser que le garçon y tient, ce qui rend la scène plus cruelle. Quand elle tombe, toute la classe rit (ligne 33).

Non : elle le distingue des autres, puis elle provoque les rires.

Conseil : Le mot genre est en italique dans le texte : on peut penser que le narrateur reprend le mot des élèves. Ici, il ne désigne pas une catégorie, mais une manière de se comporter à la mode.

Question 4 (5 points)

Caractériser le regard du narrateur sur Charles en expliquant deux comparaisons citées.

Le narrateur dit nous : il regarde Charles depuis le groupe des élèves. Il porte sur lui un regard moqueur et supérieur, où perce un peu de pitié.

Première comparaison : « comme un chantre de village » (ligne 10). La coupe de cheveux du nouveau est rapprochée de celle d’un chanteur d’église de campagne. Cette comparaison le renvoie à ses origines rurales : il paraît démodé et provincial aux yeux du narrateur.

Deuxième comparaison : « attentif comme au sermon » (lignes 15 et 16). Le nouveau écoute les leçons comme un fidèle écoute le prêtre à l’église. Le narrateur se moque de ce sérieux excessif : il voit un garçon docile et naïf, alors que d’autres dormaient à son arrivée (ligne 2).

Tu peux aussi retenir « comme le visage d’un imbécile » (ligne 26). Cette comparaison porte sur la casquette, mais le jugement rejaillit sur celui qui la possède. Le mot pauvres (ligne 25) ajoute une pitié teintée de mépris.

Un regard moqueur et supérieur, avec un peu de pitié.

Conseil : Ne retiens pas « comme surpris dans son travail » (ligne 3) : cette comparaison concerne les autres élèves, pas Charles.

Question 5 (6 points)

Donner ton avis sur le rire de la classe à la ligne 33, avec deux éléments d’analyse du texte.

À mon avis, cette réaction est cruelle et injuste, même si l’on comprend ce qui la déclenche.

Elle est cruelle, car Charles n’a rien fait de mal. Il est timide et il cherche à bien faire : il écoute avec attention (lignes 15 et 16) et sa casquette est neuve (ligne 31). Il est déjà gêné d’être là (ligne 11). Or sa casquette tombe au moment où on lui ordonne de se lever devant tous (lignes 32 et 33). L’expression « Toute la classe » (ligne 33) dresse un groupe entier contre un seul garçon, sans défense.

Elle montre le conformisme du groupe. Les élèves se moquent de celui qui ne suit pas leur genre (ligne 21), et non d’une vraie faute. Eux-mêmes ne sont pas des modèles : certains dormaient, et ils ont fait mine de travailler à l’arrivée du Proviseur (lignes 2 et 3). Leur rire ressemble plus à un réflexe de groupe qu’à un jugement.

On peut admettre qu’une coiffure aussi étrange fasse sourire, mais cela n’excuse pas une moquerie collective envers un nouveau.

Conseil : Le sujet demande ton avis : donne-le clairement, puis prouve-le par le texte. Un autre avis est valable s’il s’appuie sur deux éléments d’analyse.

Question 6 : image (8 points)

Comparer la façon dont le texte et l’image montrent un élève isolé, avec quatre éléments développés.

Le texte et l’image montrent tous deux un élève isolé, mais pas de la même manière.

Ressemblance : la place de l’élève. Les deux scènes se passent à l’école. Sur l’image, un garçon en pull sombre se tient debout, seul, à gauche de la salle, près du mur où pend une carte. Loin de lui, d’autres garçons sont groupés à la porte. Dans le texte, le nouveau reste lui aussi à l’écart, « dans l’angle, derrière la porte » (ligne 8). Dans les deux cas, l’espace sépare l’élève des autres.

Ressemblance : un adulte face à l’élève. Au centre de l’image, un homme en blouse, vu de dos, tend le bras du côté du garçon. On ne voit pas exactement ce qu’il désigne. On peut penser qu’il lui donne un ordre ou qu’il le retient en classe. Dans le texte aussi, c’est un adulte qui expose l’élève, en lui ordonnant de se lever (ligne 32).

Différence : la présence du groupe. Dans le texte, toute la classe est là, et son rire crée l’isolement (ligne 33). Sur l’image, les bancs sont vides. Les autres garçons sont à droite, près de la porte, la plupart de dos, et ils semblent sortir. Seul l’un d’eux regarde vers la salle. L’élève paraît isolé par l’absence, et non par la moquerie.

Différence : les moyens employés. Flaubert passe par les mots. Il accumule les détails sur les habits et sur la casquette, et son nous place le lecteur du côté des rieurs. L’image, elle, compte sur la composition : les bancs vides, la distance entre les personnages et le geste de l’adulte. Rien, sur l’image, n’invite le spectateur à se moquer du garçon.

En somme, Charles est isolé au milieu du groupe, alors que le garçon de l’image est isolé loin du groupe.

Conseil : Annonce pour chaque élément s’il s’agit d’une ressemblance ou d’une différence. La légende ne dit pas ce qui se passe dans la scène : présente toute punition comme une hypothèse.

Compétences linguistiques et grammaticales (18 points)

Question 7. a) (1 point)

Donner la fonction du groupe son âge.

Son âge est sujet du verbe appelle. Il est placé après le verbe : c’est un sujet inversé.

Pour le vérifier, encadre-le : « c’est son âge qui l’appelle ». Le verbe s’accorde avec ce groupe, à la troisième personne du singulier.

Sujet (inversé) du verbe appelle.

Conseil : Sa place après le verbe peut faire croire à un COD. Ici, le COD est le pronom l’, mis pour le nouveau.

Question 7. b) (1 point)

Repérer les verbes conjugués de la citation et nommer leur temps.

Passera : verbe passer, au futur simple de l’indicatif.

Appelle : verbe appeler, au présent de l’indicatif.

Passera : futur simple. Appelle : présent.

Conseil : Le sujet ne cite que la fin de la phrase. Si tu pars de la phrase entière du texte, ajoute sont, au présent de l’indicatif, à la ligne 6.

Question 8. a) (1 point)

Isoler la subordonnée de la phrase des lignes 17 et 18 et donner sa fonction.

La subordonnée est : « pour qu’il se mît avec nous dans les rangs ».

C’est une proposition subordonnée conjonctive, introduite par la locution pour que. Son verbe se mît est au subjonctif imparfait. Elle est complément circonstanciel de but : elle indique dans quel but le maître d’études prévient le nouveau.

Complément circonstanciel de but.

Question 8. b) (2 points)

Effectuer deux manipulations qui prouvent cette fonction, et dire comment elles s’appellent.

Le déplacement. « Pour qu’il se mît avec nous dans les rangs, le maître d’études fut obligé de l’avertir. » La phrase reste correcte : la subordonnée est mobile.

La suppression. « Le maître d’études fut obligé de l’avertir. » La phrase reste correcte : la subordonnée n’est pas indispensable à sa construction.

Ces deux manipulations prouvent qu’il s’agit d’un complément circonstanciel. Pour confirmer le but, tu peux remplacer pour que par afin que : le sens ne change pas.

Le déplacement et la suppression.

Conseil : Écris chaque phrase transformée et nomme la manipulation : le sujet demande les deux.

Question 9. a) (2 points)

Partir de la construction de jaunâtre pour dire ce que ce mot signifie ici.

Le mot est formé de l’adjectif de couleur jaune et du suffixe -âtre. Ce suffixe indique une couleur approximative, et il ajoute souvent une nuance péjorative.

Jaunâtre signifie donc d’un jaune peu franc et déplaisant. Dans le texte, le mot qualifie le pantalon du nouveau (lignes 13 et 14). Il rejoint les autres détails peu flatteurs du portrait : le narrateur insiste sur sa mauvaise allure.

D’un jaune terne et peu agréable à voir.

Question 9. b) (1 point)

Trouver deux mots construits sur le même modèle.

Verdâtre et rougeâtre sont formés de la même manière : un adjectif de couleur et le suffixe -âtre.

Conviennent aussi blanchâtre, grisâtre, noirâtre ou bleuâtre.

Verdâtre, rougeâtre.

Question 10 : réécriture (10 points)

Réécrire le passage des lignes 5 à 7 en supposant l’arrivée de plusieurs élèves.

Le mot élève passe au pluriel : tout ce qui le reprend change avec lui.

Groupe nominal : un élève devient des élèves. Tu peux aussi écrire plusieurs élèves.

Présent : il entre devient ils entrent.

Déterminants possessifs : son travail devient leur travail, sa conduite devient leur conduite et son âge devient leur âge. Leur reste au singulier, car chaque élève a un travail, une conduite et un âge.

Futur : il passera devient ils passeront.

Pronom complément : l’appelle devient les appelle. Le verbe reste au singulier, car son sujet est leur âge.

Le reste ne bouge pas. Le relatif que ne varie pas, recommande garde pour sujet je, et sont méritoires était déjà au pluriel.

(…) voici des élèves que je vous recommande, ils entrent en cinquième. Si leur travail et leur conduite sont méritoires, ils passeront dans les grands, où les appelle leur âge.

Conseil : Dix mots changent : compte-les avant de rendre ta copie. Le piège se trouve à la fin : le pronom passe au pluriel, mais pas le verbe qui le suit.

Les erreurs à éviter sur ce sujet

  • Dans la réécriture, écrire où les appellent leur âge.

    Écrire où les appelle leur âge.

    Le sujet du verbe est leur âge, au singulier. Le pronom les est COD : il ne commande pas l’accord.

  • Écrire leurs travail ou leurs conduite dans la réécriture.

    Écrire leur travail et leur conduite.

    Le déterminant s’accorde avec le nom qui le suit. Ces noms restent au singulier, donc leur ne prend pas de s.

  • Répondre COD à la question 7. a).

    Répondre sujet inversé du verbe appelle.

    Le groupe son âge fait l’action d’appeler. Le COD de ce verbe est le pronom l’.

  • Choisir l’arrivée du Proviseur en classe comme titre de la première partie.

    Choisir l’arrivée du Proviseur à l’étude.

    La ligne 1 situe la scène à l’étude, et le maître d’études y surveille les élèves.

  • À la question 6, affirmer que le garçon de l’image est puni.

    Écrire « on peut penser que », puis t’appuyer sur ce qui se voit.

    La légende donne seulement le titre du film, son réalisateur et sa date.

Questions fréquentes

Combien de temps dure cette partie et combien de points vaut-elle ?

Le sujet indique 1 h 10 pour 50 points : 32 points de compréhension et 18 points de grammaire, dont 10 pour la réécriture. Le dictionnaire et la calculatrice sont interdits.

Faut-il avoir lu Madame Bovary pour réussir ce sujet ?

Non. L’extrait et sa présentation suffisent, et les notes de bas de page expliquent les mots difficiles, comme chantre ou chapska.

Faut-il avoir vu Les Quatre cents coups pour la question 6 ?

Non. La question porte sur ce que l’image montre : les lieux, les personnages, leurs gestes et leurs places. Décris ce qui se voit, et signale ce que tu déduis.

Quel est le lien avec la rédaction Antilles, Guyane ?

Le sujet demande de conserver le texte pour la rédaction. L’un des deux sujets au choix fait raconter l’arrivée réussie d’un nouvel élève dans la classe de Charles. L’autre porte sur les souvenirs d’enfance chez les artistes.

Les cours à revoir

Proposition de corrigé rédigée par Meilleur Étudiant, sans valeur officielle : le ministère ne publie pas de corrigé, et le barème réel appartient aux correcteurs. Ce sujet date d’avant la note sur 20 du brevet : son barème suit l’ancienne notation. Une erreur ? Écris-nous à contact@meilleuretudiant.fr.