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Corrigé du brevet d’histoire-géo 2023 (Polynésie française)

Le sujet en bref

Le sujet de Polynésie française étudie Berlin, ville-symbole de la guerre froide, à partir d’un témoignage sur le Mur et d’une une de Libération. Il demande ensuite un développement construit sur les contraintes et les aménagements des territoires ultramarins, une carte à compléter et une EMC sur les cadets de la sécurité civile, avec une lettre de motivation.

Sujet officiel

Exercice 1 : analyser des documents en histoire (20 points)

Thème : un monde bipolaire au temps de la guerre froide. Le document 1 est le témoignage du journaliste Bernard Aubert sur la construction du Mur, publié en 2011. Il n’a pas de numéros de ligne : les renvois se font par paragraphe. Le document 2 est la une de Libération datée des 11 et 12 novembre 1989, avec la transcription de son encadré.

Question 1 (4 points)

Dire ce qui se passe à Berlin à chacune des quatre dates données par le sujet.

1945 : la bataille de Berlin, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, ravage la ville (premier paragraphe). D’après le cours, Berlin est ensuite partagée en quatre secteurs d’occupation.

1948 : le blocus de Berlin par les Soviétiques, que le texte appelle les Russes (premier paragraphe). D’après le cours, il vise Berlin-Ouest et dure jusqu’en 1949.

1961 : la construction du mur de Berlin, les 12 et 13 août, comme le dit le titre du document.

1989 : la chute du mur de Berlin, une nuit de novembre (dernier paragraphe). Le titre du document 2 permet de la dater du 9 novembre.

Conseil : Un événement par date suffit. La date de 1961 ne figure que dans le titre du document 1 : pense à lire les titres.

Question 2 (3 points)

Relever deux expressions par lesquelles le journaliste nomme le Mur.

Le « mur de la honte » (deuxième paragraphe). Cette expression dénonce le Mur et montre que l’auteur le condamne.

Un barrage, ou une muraille (même paragraphe). Ces mots décrivent l’ouvrage lui-même, encore bricolé à ses débuts.

Mur de la honte et barrage (ou muraille).

Question 3 (4 points)

Repérer dans le document 1 ce qui prouve que les habitants de l’Est sont privés de liberté et de démocratie.

Ils ne peuvent plus circuler librement : un mur de barbelés et de parpaings les empêche de passer à l’Ouest (deuxième paragraphe).

Ils risquent leur vie pour partir : des habitants se jettent par les fenêtres d’un immeuble, et sept jeunes s’élancent devant une locomotive pour franchir les barbelés (troisième et quatrième paragraphes).

La police vise ceux qui fuient : les wagons empêchent la police populaire de la RDA de tirer sur les sept jeunes (quatrième paragraphe).

Le Mur fait des morts : il a coûté la vie à plus de cent soixante Berlinois de l’Est (dernier paragraphe).

Conseil : Ne recopie pas les faits sans les expliquer : relie chacun à une liberté absente. Ici, la liberté de circuler est la plus visible.

Question 4 (4 points)

Décrire ce que font les Berlinois quand le Mur s’élève, puis quand il tombe, et dire pourquoi.

À la construction, en 1961. Les Berlinois gardent leur calme : le document 1 explique qu’ils ont déjà connu la bataille de 1945 et le blocus de 1948. Mais des Allemands de l’Est tentent aussitôt de s’enfuir, avant que le Mur ne soit achevé. Ils ont peur de se retrouver enfermés, et des pompiers de l’Ouest les aident en tendant des toiles sous les fenêtres.

À la chute, en 1989. Les Berlinois laissent éclater leur joie. Le document 2 évoque une fête qui dure et des brèches ouvertes pour passer d’un côté à l’autre. La photographie montre une foule serrée sur le Mur : des personnes y grimpent et s’aident à monter. Ils célèbrent la liberté retrouvée, la fin de la séparation et la disparition d’un symbole de la guerre froide.

Conseil : La consigne demande deux moments et deux verbes : décrire et expliquer. Pour chaque moment, dis ce que font les habitants, puis pourquoi ils le font.

Question 5 (5 points)

Expliquer, avec les documents et le cours, ce qui fait de Berlin un symbole de la guerre froide.

Exemple de réponse rédigée :

Pendant la guerre froide, de 1947 à 1991, les États-Unis et l’URSS s’opposent sans s’affronter directement. Berlin se trouve au cœur de cette opposition et en devient le symbole.

Berlin est d’abord une ville partagée entre les deux camps. En 1945, elle est divisée en quatre secteurs d’occupation, alors qu’elle se trouve dans la zone soviétique. En 1948, le blocus de Berlin-Ouest par les Soviétiques déclenche la première grande crise de la guerre froide. Les Américains ravitaillent la ville par un pont aérien. En 1949, l’Allemagne est coupée en deux États : la RFA à l’Ouest et la RDA, communiste, à l’Est.

Le Mur rend ensuite visible la division du monde. Pour arrêter les départs vers l’Ouest, la RDA le construit en août 1961. Le document 1 montre que des habitants sont prêts à risquer leur vie pour le franchir, et que plus de cent soixante d’entre eux en sont morts. Berlin oppose alors deux modèles : d’un côté la démocratie, de l’autre un régime qui enferme sa population.

Enfin, Berlin symbolise aussi la fin de la guerre froide. En novembre 1989, le Mur tombe et la foule envahit l’ouvrage, comme le montre le document 2. Le Parti communiste est-allemand annonce des élections libres. L’Allemagne est réunifiée en 1990 et l’URSS disparaît en 1991.

Du blocus à la chute du Mur, l’histoire de Berlin résume donc toute la guerre froide.

Conseil : Utilise les deux documents et ajoute des connaissances : les secteurs, le pont aérien, la RFA et la RDA. Dans ta réponse, écris plutôt « les Soviétiques » que « les Russes » : c’est l’URSS qui agit.

Exercice 2 : raisonner et utiliser des repères en géographie (20 points)

Thème : les territoires ultramarins, une problématique spécifique. Le développement construit vaut 15 points. La carte vaut 5 points : elle se trouve sur l’annexe de la page 7, à rendre avec la copie.

1. Développement construit : ce qui est attendu (15 points)

Présenter, en une vingtaine de lignes et à partir des exemples vus en classe, les difficultés des territoires ultramarins français et ce qui est aménagé pour les mettre en valeur.

La consigne contient deux volets : les contraintes, puis les aménagements. Un paragraphe pour les contraintes et deux pour les aménagements conviennent bien, avec une courte introduction et une conclusion.

Choisis des exemples réels et situe-les. Tu peux partir de la Polynésie française, puis ajouter un ou deux autres territoires.

Le texte suivant est une proposition : un autre plan bien argumenté est aussi valable, et d’autres territoires étudiés en classe conviennent tout autant.

Conseil : Un développement construit est un texte rédigé, sans titres ni liste. Relie chaque aménagement à une contrainte ou à un atout : ici, c’est ce lien qui montre que tu as compris.

1. Exemple rédigé

La France possède des territoires ultramarins répartis sur plusieurs océans, comme la Polynésie française, La Réunion ou la Guyane. Loin de l’Hexagone, ils font face à de fortes contraintes. Des aménagements permettent pourtant de les relier au reste du monde et de mettre en valeur leurs atouts.

La première contrainte est l’éloignement. La Polynésie française se trouve à plus de 15 000 kilomètres de Paris. Ses 118 îles, réparties en cinq archipels, sont dispersées sur plusieurs millions de kilomètres carrés d’océan. Le transport des personnes et des marchandises y est long et coûteux, et les produits importés sont chers. Ces territoires subissent aussi des risques naturels : cyclones et tsunamis dans le Pacifique, éruptions du piton de la Fournaise à La Réunion. Leur relief ou leur forêt limite parfois les espaces habitables, comme en Guyane. Enfin, leur économie reste dépendante de l’Hexagone et le chômage y est souvent élevé.

Pour réduire ces contraintes, de grands aménagements de transport et de communication sont réalisés. En Polynésie, l’aéroport de Tahiti-Faa’a et le port de Papeete relient le territoire au reste du monde, et des aérodromes desservent les îles éloignées. Un câble sous-marin apporte Internet à haut débit à Tahiti. À La Réunion, la nouvelle route du littoral, bâtie en partie sur la mer et encore inachevée, doit protéger la circulation des éboulements et de la houle.

D’autres aménagements valorisent les atouts de ces territoires. Le tourisme se développe grâce aux hôtels construits près des lagons, comme à Bora-Bora. En Guyane, le centre spatial de Kourou profite de la proximité de l’équateur pour lancer les fusées Ariane. Les territoires ultramarins donnent aussi à la France l’une des plus vastes zones économiques exclusives du monde, riche en ressources marines. La perliculture en est un exemple polynésien.

Les territoires ultramarins cumulent donc de fortes contraintes, mais ces aménagements les intègrent au monde et en font des atouts pour la France. Ils restent pourtant coûteux et ne suppriment pas toutes les fragilités de ces territoires.

Conseil : Si tu hésites sur un chiffre, garde le fait : un territoire très éloigné, formé d’îles dispersées. La consigne demande des exemples : cite surtout des lieux et des aménagements précis.

2. Consigne 1 : les océans (carte, 5 points pour tout l’exercice)

Écrire le nom des deux océans sur les lignes de la carte.

Océan Atlantique : sur les deux lignes situées entre l’Amérique du Sud et l’Afrique.

Océan Pacifique : sur les deux lignes situées tout à droite, à l’est de l’Asie.

Conseil : Le Pacifique apparaît sur les deux bords de ce planisphère. Les lignes sont à droite, mais la Polynésie française, à gauche, se trouve dans le même océan.

2. Consigne 2 : les territoires ultramarins

Écrire le nom des quatre territoires dans les bons cadres.

Saint-Pierre-et-Miquelon : le cadre du haut, dont la flèche pointe vers le large du Canada, dans l’Atlantique Nord.

La Guyane : le cadre dont la flèche pointe vers la petite zone bleue, au nord de l’Amérique du Sud.

La Polynésie française : le cadre de gauche, dont la flèche pointe vers le cercle en pointillés, dans le Pacifique Sud.

La Réunion : le cadre du bas à droite, dont la flèche pointe vers de petites îles à l’est de Madagascar, dans l’océan Indien.

2. Consigne 3 : le statut de la Polynésie française

Compléter la phrase qui donne le statut administratif de ce territoire.

La Polynésie française a le statut de collectivité d’outre-mer (COM). Elle dispose d’une large autonomie, avec son président et son assemblée.

Collectivité d’outre-mer (COM).

Conseil : Ne confonds pas avec les départements et régions d’outre-mer (DROM), comme La Réunion. La loi organique du 27 février 2004 désigne aussi la Polynésie française comme un pays d’outre-mer au sein de la République, mais ce nom ne change pas son statut.

Exercice 3 : enseignement moral et civique (10 points)

Thème : construire une culture civique. Le document est un article du site Tahiti Infos, daté du 19 juin 2021, sur les cadets de la sécurité du collège de Ua Pou, avec une photographie. Le sujet ne détaille pas le barème de ces cinq questions.

Question 1

Définir ce qu’est un cadet de la sécurité civile, d’après le document.

Un cadet de la sécurité civile est un collégien formé, dans le cadre de son établissement, à réagir face aux accidents et aux crises. À Ua Pou, les cadets sont encadrés par des enseignants et par des sapeurs-pompiers.

Il apprend à donner l’alerte et à faire les bons gestes, en attendant l’arrivée des secours.

Conseil : Un cadet n’est ni un pompier ni un soldat : c’est un élève. Le texte dit qu’il prépare le terrain aux équipes d’intervention, sans les remplacer.

Question 2

Lister ce que les cadets apprennent pendant leur formation.

Les gestes de premiers secours, validés par l’attestation PSC1.

La lutte contre l’incendie, avec une attestation de formation aux risques incendie : les cadets manipulent des extincteurs et déroulent des tuyaux.

La conduite à tenir face aux crises : un accident, une catastrophe naturelle comme un tsunami, ou un acte terroriste.

Le transport de personnes, sur une civière.

Question 3

Montrer comment la formation de Ua Pou met en pratique l’égalité.

Filles et garçons suivent la même formation : l’article précise que beaucoup de filles font partie de l’effectif cette année.

Leur rôle est reconnu : le major des pompiers salue la place des femmes parmi les cadets et le caractère dont les filles ont fait preuve.

Les métiers sont ouverts à toutes : Joséphine et Agathe envisagent des métiers de la sécurité, dont la gendarmerie.

La photographie va dans le même sens : tous les cadets portent le même uniforme et se tiennent sur la même ligne.

L’égalité entre les filles et les garçons.

Question 4

Expliquer ce que cette formation apporte aux élèves, comme futurs citoyens et pour leur orientation.

Pour la formation citoyenne. L’article rappelle la loi du 13 août 2004 : « La sécurité civile est l’affaire de tous ». Les cadets comprennent que chaque citoyen a une responsabilité envers les autres. On peut penser qu’ils y apprennent la solidarité, le sens de l’engagement et le respect des règles. Les habitants de Ua Pou pourront compter sur eux en cas de problème.

Pour le projet de formation et d’orientation. Les cadets découvrent des métiers au contact des sapeurs-pompiers. Ils obtiennent des attestations et acquièrent des compétences utiles. Cette expérience fait naître des projets : Joséphine et Agathe veulent s’orienter vers la sécurité. L’une voudrait devenir infirmière, l’autre se tourner vers la gendarmerie.

Conseil : La question a deux parties : citoyen d’un côté, orientation de l’autre. Traite-les séparément et donne pour chacune un exemple tiré du texte.

Question 5

Écrire une courte lettre pour expliquer pourquoi tu veux entrer dans la section de cadets de ton collège.

Exemple de réponse rédigée :

Madame, Monsieur,

Je souhaite rejoindre la section des cadets de la sécurité civile qui vient d’ouvrir dans notre collège.

D’abord, je veux être utile aux autres. Aujourd’hui, si un camarade se blessait ou si un incendie se déclarait, je ne saurais pas comment réagir. Grâce à cette formation, j’apprendrais les gestes de premiers secours et les bons réflexes en cas de catastrophe.

Ensuite, je pense que la sécurité n’est pas seulement l’affaire des pompiers. Chaque citoyen peut y contribuer par son comportement, et je veux m’engager dès maintenant.

Enfin, cette expérience m’aiderait à construire mon projet d’orientation, car je m’intéresse aux métiers du secours et de la santé.

Je m’engage à suivre la formation avec sérieux et à respecter tous les membres du groupe, filles et garçons. Je vous remercie de l’attention que vous porterez à ma demande.

Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations respectueuses.

Conseil : Le sujet interdit tout élément d’identité : ne signe pas et ne nomme pas ton collège. Une dizaine de lignes suffit : donne deux ou trois motivations, liées à la solidarité, à la citoyenneté et à ton orientation.

Les erreurs à éviter sur ce sujet

  • Écrire à la question 1 que le Mur est construit en 1948 ou en 1945.

    Associer 1945 à la dernière bataille, 1948 au blocus, 1961 au Mur et 1989 à sa chute.

    Le Mur n’apparaît qu’en 1961, seize ans après la division de la ville en secteurs.

  • Décrire la réaction des Berlinois sans dire pourquoi ils agissent ainsi.

    Pour 1961 et pour 1989, donner le comportement des habitants, puis la raison.

    La consigne de la question 4 demande de décrire et d’expliquer, pour deux moments.

  • Parler seulement des contraintes dans le développement construit.

    Consacrer une partie aussi importante aux aménagements, avec des lieux précis.

    Le sujet demande les deux volets. Le port, l’aéroport, le câble ou Kourou répondent aux contraintes ou valorisent les atouts.

  • Indiquer que la Polynésie française est un département d’outre-mer.

    Écrire qu’elle est une collectivité d’outre-mer (COM).

    La Réunion et la Guyane n’ont pas le même statut que la Polynésie française, qui dispose d’une large autonomie.

  • Signer la lettre de la question 5 ou y citer le nom de son collège.

    Terminer par la formule de politesse, sans nom ni signature.

    Le sujet interdit tout élément d’identité pour garantir l’anonymat de la copie.

Questions fréquentes

Combien de temps dure l’épreuve et comment sont répartis les points ?

L’épreuve dure 2 heures et compte 50 points : 20 pour l’exercice 1, 20 pour l’exercice 2 (15 pour le développement construit et 5 pour la carte) et 10 pour l’EMC.

Fallait-il rendre une page avec la copie ?

Oui, l’annexe de la page 7 sur 7 doit être rendue avec la copie. Tu y places les océans, quatre territoires ultramarins et le statut de la Polynésie française.

Fallait-il parler de la Polynésie française dans le développement construit ?

Ce n’est pas obligatoire : la consigne demande les exemples étudiés en classe. La Polynésie française est toutefois un choix naturel, et plusieurs territoires rendent ta réponse plus solide.

Comment présenter la lettre de la question 5 ?

Écris une lettre courte et polie, d’une dizaine de lignes, avec une formule d’appel et une formule de politesse. Elle ne doit porter ni nom ni signature.

Les cours à revoir

Proposition de corrigé rédigée par Meilleur Étudiant, sans valeur officielle : le ministère ne publie pas de corrigé, et le barème réel appartient aux correcteurs. Ce sujet date d’avant la note sur 20 du brevet : son barème suit l’ancienne notation. Une erreur ? Écris-nous à contact@meilleuretudiant.fr.