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Corrigé du brevet de français 2025 : rédaction (Polynésie française)

Le sujet en bref

Deux sujets au choix en Polynésie française, liés au texte d’Ingrid Astier sur la vague de Teahupo’o. Le sujet d’imagination demande de raconter la suite, en décidant si la vague accepte ou rejette Hiro. Le sujet de réflexion demande s’il faut attendre le bon moment pour savourer une expérience. Ce corrigé donne pour chacun les attentes, un plan et un exemple rédigé.

Sujet officiel

Sujet d’imagination : la vague accepte ou rejette Hiro (40 points)

Le sujet prolonge l’extrait d’Ingrid Astier de la partie compréhension, encore protégé par le droit d’auteur : ce corrigé y renvoie par les lignes. Ce qui suit est une proposition : une autre suite, cohérente et bien écrite, est aussi valable.

Ce qu’attend le sujet

Imaginer la suite du texte, en répondant à la question de l’accueil que la vague réserve à Hiro.

Le point de départ. Ton récit commence là où le texte s’arrête : Hiro glisse sur la deuxième vague et sent sa puissance sous ses pieds (lignes 23 à 26). Il ne faut ni revenir en arrière ni changer de lieu.

La question posée. Tu dois trancher. Le lecteur doit savoir à la fin si la vague a accepté Hiro ou si elle l’a rejeté. Les lignes 13 à 16 te donnent les deux issues possibles.

La cohérence. Garde le même personnage, le même lieu et le même narrateur : un récit à la troisième personne, qui connaît les pensées de Hiro. Le passé simple convient aux actions, et l’imparfait aux descriptions, comme dans le texte.

L’écriture. Reprends les moyens de l’autrice sans recopier ses phrases : une vague traitée comme un être vivant, des comparaisons, des phrases courtes aux moments forts. Fais aussi monter le suspense jusqu’à l’instant décisif.

Conseil : Le texte mentionne la légende des jumeaux (ligne 21) sans la raconter. Ne t’y attarde pas : une allusion suffit, sans inventer une longue histoire qui t’éloignerait de la vague.

Plan proposé

La descente. Hiro prend de la vitesse, et la vague grandit derrière lui.

L’entrée dans le tube. Le décor change : lumière, couleurs, silence.

L’instant de danger. Un remous déséquilibre Hiro, et la peur revient.

Le choix décisif. Il cesse de lutter et il écoute la vague.

Le dénouement. La vague le laisse sortir, ou elle l’écrase.

La fin. Hiro se tourne vers la montagne et comprend ce qui vient de se passer.

Exemple rédigé : la vague accepte Hiro

Hiro plia les genoux et descendit. L’eau filait sous lui à une vitesse qu’il ne mesurait plus. Derrière son épaule, la vague montait encore, haute comme un immeuble, et l’air se refroidit d’un coup dans son dos. Un grondement sourd emplissait tout, celui d’un train lancé dans un tunnel. Il ne regarda pas en arrière. On ne se retourne pas devant elle.

Sa main frôla la paroi. L’eau était dure comme du verre. Puis la lèvre de la vague passa au-dessus de sa tête, et le jour changea de couleur. Hiro entra. Autour de lui, tout devint vert et bleu, traversé de reflets d’argent. Une cathédrale d’eau. Le bruit se retira d’un seul coup. Il n’y eut plus que sa respiration et le sifflement de la planche.

Au fond du tube, une lumière tremblait, petite comme une pièce de monnaie. C’était la sortie. Elle rétrécissait déjà. Un remous saisit la planche, qui se cabra. Son talon glissa. Pendant une seconde, il sentit le vide s’ouvrir sous lui, et il vit, à travers l’eau claire, le corail noir et coupant. Il pensa à tous ceux qu’elle avait renvoyés brisés vers la plage. Une main de glace lui serra le ventre.

Lutter, c’était mourir. Hiro le savait depuis l’enfance. Alors il cessa de se battre. Il relâcha ses épaules, il laissa la vague prendre son poids, et il écouta. Elle lui donna son rythme. Il se pencha de quelques centimètres, pas plus, et la planche reprit sa ligne, comme replacée par une main invisible. La lumière grandit. Derrière lui, le tube s’effondrait dans un fracas de tonnerre, et le souffle de cette chute le poussa en avant.

Il jaillit dans un nuage d’embruns, en plein soleil. La vague le déposa sur une eau soudain calme, puis elle s’éteignit en bouillonnant sur le récif, comme si rien ne s’était passé. Hiro s’assit sur sa planche, le cœur battant à lui rompre les côtes. Il avait du sel plein les yeux, et il riait sans bruit.

Il se tourna vers la montagne et inclina la tête. La vague l’avait accepté. Il savait pourtant que ce n’était pas une victoire, seulement une permission. Déjà, au large, une nouvelle ligne sombre se levait.

Conseil : Ce modèle retarde la réponse : le remous fait croire au rejet, et le geste de Hiro renverse la situation. La vague reste un personnage, qui donne son rythme, garde et laisse partir.

Variante : la vague rejette Hiro

Tu peux garder le récit jusqu’au remous, puis changer la fin.

Le remous ne lâcha pas la planche. Elle partit de côté, et Hiro bascula dans le vide. La lèvre de la vague s’abattit sur lui de tout son poids. Il n’y eut plus ni haut ni bas, seulement du noir, du bruit et une force qui le roulait vers le fond. Le corail lui déchira l’épaule. Ses poumons brûlaient. Il ne se débattit pas. Il compta, et il attendit qu’elle veuille bien le lâcher.

Quand sa tête creva enfin la surface, sa planche flottait plus loin, coupée en deux. Hiro cracha de l’eau et du sang, puis il regarda la montagne. La vague n’avait pas voulu de lui. Pas aujourd’hui. Il reviendrait.

Conseil : Un rejet n’oblige pas à faire mourir Hiro. Cette fin garde le lien avec la vague, car le défi continue.

Sujet de réflexion : faut-il attendre le bon moment pour savourer une expérience ? (40 points)

Ce plan est une proposition : un autre plan bien argumenté, avec d’autres exemples, est aussi valable.

Ce qu’attend le sujet

Donner ton opinion, de façon argumentée et organisée, sur l’intérêt d’attendre l’instant favorable pour profiter d’une expérience.

Les mots clés. Le bon moment est l’instant favorable, celui où les conditions sont réunies. Savourer pleinement, c’est profiter de quelque chose avec intensité. Une expérience peut être un voyage, une rencontre, une lecture, un exploit.

La question. Elle commence par selon vous et attend donc ton avis, justifié. Une réponse nuancée convient bien : l’attente a de la valeur, mais elle a aussi des dangers.

La forme. Une introduction, un développement organisé en paragraphes, une conclusion. Chaque paragraphe défend une idée et l’appuie sur un exemple précis, expliqué.

Les exemples. Le sujet accepte tes lectures, ta culture et ton expérience personnelle. Le texte offre un bon point de départ : Hiro laisse passer une première vague (ligne 17) avant de s’élancer (ligne 23).

Conseil : Le sujet ne parle pas que de surf. Élargis vite à d’autres domaines de la vie, sinon ta réflexion restera trop étroite.

Plan proposé

I. L’attente rend le plaisir plus fort. Elle nourrit le désir et fait déjà partie du bonheur. Exemple : le renard dans Le Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry, un voyage longtemps préparé.

II. Attendre permet d’être prêt. Vécue trop tôt, une expérience peut être gâchée. Exemples : Hiro, La Laitière et le Pot au lait de La Fontaine, un livre lu trop jeune.

III. Le bon moment ne doit pas devenir un prétexte. À trop attendre, on risque de ne rien vivre : il faut savoir saisir l’occasion. Exemples : Ronsard, Le Lièvre et la Tortue de La Fontaine.

Exemple rédigé

Dans le texte d’Ingrid Astier, le surfeur Hiro laisse passer une première vague avant de s’élancer sur la suivante. Ce choix pose une question qui dépasse le surf : faut-il savoir patienter pour profiter vraiment de ce que l’on vit ? Je pense que l’attente donne de la valeur à ce que nous vivons et qu’elle nous prépare, à condition de ne pas devenir une façon de renoncer.

Tout d’abord, attendre rend le plaisir plus fort, car l’attente nourrit le désir. Dans Le Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry, le renard explique que si le petit prince vient à quatre heures, il commencera à être heureux dès trois heures. L’attente fait donc déjà partie du bonheur. On le vérifie dans la vie quotidienne. Un voyage préparé pendant des mois, avec ses cartes et ses projets, se vit deux fois : avant le départ et sur place. À l’inverse, un plaisir obtenu sans effort s’oublie vite.

De plus, attendre permet d’être prêt. Une expérience vécue trop tôt peut être gâchée. Hiro connaît sa vague et il choisit celle qu’il va prendre. Sans cette patience et cette préparation, il risquerait sa vie. Dans La Laitière et le Pot au lait, La Fontaine montre le danger inverse. Perrette se réjouit de son argent avant même d’être arrivée au marché : elle saute de joie, le lait tombe et tout est perdu. Elle a voulu savourer trop tôt. De même, un livre lu trop jeune peut ennuyer, alors qu’il passionnera quelques années plus tard.

Cependant, attendre comporte un risque : le bon moment peut passer sans que l’on s’en aperçoive. Dans un sonnet célèbre, Ronsard invite une jeune femme à ne pas remettre le bonheur à plus tard : « Cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie ». Le temps ne revient pas, et celui qui attend toujours finit par regretter. La Fontaine le montre aussi avec Le Lièvre et la Tortue. Sûr de lui, le lièvre attend trop longtemps avant de partir, et il perd la course. La morale de la fable est claire : « Rien ne sert de courir ; il faut partir à point ». Le bon moment ne s’attend donc pas les bras croisés. Il se prépare, puis il se saisit. Hiro lui-même ne laisse passer qu’une seule vague : à la suivante, il s’élance.

Ainsi, il me paraît important d’attendre le bon moment, car l’attente augmente le plaisir et nous rend prêts à le vivre. Mais cette patience n’a de sens que si elle mène à l’action. Savourer une expérience, c’est finalement savoir à la fois patienter et oser.

Conseil : Remplace ces exemples par les tiens si tu les connais mieux : ton expérience personnelle convient, à condition de l’expliquer. Si tu hésites sur un détail d’une œuvre, reste général plutôt que d’inventer.

Les erreurs à éviter sur ce sujet

  • Laisser le lecteur dans le doute sur le sort de Hiro.

    Montrer clairement si la vague l’accepte ou le rejette.

    Le sujet pose cette question : ton récit doit y répondre.

  • Passer à la première personne ou écrire tout le récit au présent.

    Garder la troisième personne, avec le passé simple et l’imparfait.

    Il s’agit de la suite du texte : le narrateur et les temps doivent rester les mêmes.

  • Recommencer l’histoire, ou faire sortir Hiro de l’eau dès la première ligne.

    Reprendre après la ligne 26, alors qu’il glisse sur la vague.

    La suite part de l’instant où le texte s’arrête, et la vague doit rester au centre du récit.

  • Ne parler que de surf dans le sujet de réflexion.

    Prendre des exemples variés : lectures, culture, vie personnelle.

    Le sujet porte sur une expérience en général. Le texte n’est qu’un point de départ.

  • Répondre seulement oui, puis répéter cette idée dans chaque paragraphe.

    Construire une progression, avec des idées différentes et une nuance.

    Le sujet demande un développement organisé : chaque paragraphe doit apporter une nouvelle idée.

Questions fréquentes

Combien de temps dure la rédaction du brevet 2025 en Polynésie française et combien de points vaut-elle ?

Le sujet indique 1 h 30 pour 40 points. Le dictionnaire est autorisé, la calculatrice est interdite.

Faut-il traiter les deux sujets ?

Non. Tu en choisis un seul, soit le sujet d’imagination, soit le sujet de réflexion.

Hiro doit-il survivre dans la suite du texte ?

Le sujet ne l’impose pas. Il demande seulement si la vague l’accepte ou le rejette. Ton récit doit surtout rester cohérent avec le texte, et une fin où il survit après un rejet reste possible.

Peut-on parler de sa propre vie dans le sujet de réflexion ?

Oui. Le sujet accepte des exemples tirés de tes lectures et de ta culture, ou de ton expérience personnelle. Explique ce que chaque exemple prouve, sans te contenter de raconter.

Les cours à revoir

Proposition de corrigé rédigée par Meilleur Étudiant, sans valeur officielle : le ministère ne publie pas de corrigé, et le barème réel appartient aux correcteurs. Ce sujet date d’avant la note sur 20 du brevet : son barème suit l’ancienne notation. Une erreur ? Écris-nous à contact@meilleuretudiant.fr.