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La morale : définition et grandes théories philosophiques

L’essentiel

La morale est l’ensemble des règles et des valeurs qui distinguent le bien du mal et disent comment agir. La philosophie cherche leur fondement : la raison pour Kant, la vertu pour Aristote, les conséquences pour les utilitaristes. Au programme de terminale, elle n’est pas une notion, mais une perspective.

Définition de la morale et de la moralité

Le mot morale vient du latin mores, les mœurs. Il désigne les règles de conduite admises comme bonnes, dans une société ou pour tout être humain. La moralité est la qualité d’une action ou d’une personne conforme à ces règles.

Une règle morale ne s’impose pas par la force : je peux la violer, et je sais pourtant que je ne le devrais pas. C’est ce qui la distingue d’une loi physique, et d’une simple peur de la sanction.

Quatre mots à ne pas confondre
MotSensExemple
MoraleRègles sur ce qu’il faut faire, souvent universellesNe pas mentir
ÉthiqueRéflexion sur la vie bonne ou sur un domaine précisL’éthique médicale
DroitRègles fixées par l’État et sanctionnéesLe code de la route
Amoral / immoralSans rapport avec la morale / contraire à la moraleUne équation / une trahison

Astuce : L’usage de « morale » et d’« éthique » varie selon les auteurs. Dans une copie, indique le sens que tu retiens.

La morale au programme de philosophie

Le programme de la voie générale compte 17 notions, et la morale n’en fait pas partie. Elle apparaît dans l’une des trois perspectives qui encadrent ces notions : la morale et la politique, à côté de l’existence humaine et la culture, et de la connaissance.

Elle traverse donc de nombreux sujets, surtout ceux qui portent sur le devoir, la justice, la liberté et le bonheur.

Les trois grandes théories morales

Trois façons de juger une action
ThéorieAuteurCe qui compteUne action est bonne si…
Morale de la vertuAristote, Éthique à NicomaqueLe caractèreelle est celle d’une personne vertueuse.
Morale du devoirKant, Fondements de la métaphysique des mœurs (1785)L’intentionelle est faite par devoir, selon une règle universalisable.
UtilitarismeBentham, MillLes conséquenceselle produit le plus grand bonheur du plus grand nombre.
  • Un meurtrier te demande où se cache ton ami. Pour Kant, mentir reste interdit : c’est sa réponse à Benjamin Constant dans Sur un prétendu droit de mentir par humanité (1797).
  • Pour un utilitariste, le mensonge qui sauve une vie est justifié par ses conséquences.
  • Pour Aristote, on se demande ce que ferait une personne prudente, qui sait juger le cas particulier.

D’où vient la morale ?

Si la morale varie selon les sociétés, faut-il conclure qu’aucune n’est meilleure ? C’est la thèse du relativisme. L’objection : on ne pourrait plus condamner l’esclavage là où il est admis.

  • De la raison : pour Kant, tout être raisonnable peut trouver la loi morale en lui-même. L’impératif catégorique ordonne sans condition.
  • Du sentiment : pour Rousseau, la pitié est naturelle (Discours sur l’origine de l’inégalité, 1755). Pour Hume, nous approuvons ou blâmons d’abord par sentiment.
  • De la société : pour Durkheim, la morale est un fait social, transmis par l’éducation.
  • D’un rapport de force : pour Nietzsche, dans la Généalogie de la morale (1887), les valeurs du bien sont nées du ressentiment des faibles contre les forts.

Exemples de sujets sur la morale

  • La morale est-elle une affaire de sentiment ou de raison ?
  • Peut-on être moral sans être religieux ?
  • Une action peut-elle être morale si elle ne sert à rien ?
  • La fin justifie-t-elle les moyens ?
  • Peut-on faire le bien malgré soi ?

Les erreurs à éviter

  • Écrire que la morale est une notion du programme. La morale est une perspective. Les notions proches sont le devoir, la justice et la liberté.

    Le programme distingue les 17 notions des trois perspectives qui les encadrent.

  • Confondre amoral et immoral. Amoral : étranger à la morale. Immoral : contraire à la morale.

    Une équation est amorale ; un vol, immoral.

  • Assimiler morale et légalité. Une action légale peut être immorale, et l’inverse.

    Le droit porte sur l’acte extérieur. La morale juge aussi l’intention.

Exercices corrigés

  1. 1. De quel mot latin vient « morale » ?

    Voir la correction

    Mores. Mores signifie les mœurs. Mors signifie la mort.

  2. 2. La morale figure-t-elle parmi les 17 notions du programme de la voie générale ?

    Voir la correction

    Non, elle est une perspective. La perspective s’intitule « La morale et la politique ». Elle reste donc pleinement présente.

  3. 3. Quelle situation est amorale ?

    Voir la correction

    Résoudre une équation. Résoudre une équation n’a pas de rapport avec le bien et le mal.

  4. 4. Pour Kant, une action morale se juge d’abord par…

    Voir la correction

    l’intention de faire son devoir. La valeur morale tient à la volonté d’agir par devoir, non au résultat obtenu.

  5. 5. Un médecin ne peut soigner qu’un patient sur deux et choisit celui qui a le plus de chances de survie. Quel raisonnement suit-il ?

    Voir la correction

    Utilitariste. Il calcule le meilleur résultat global, ce qui est le critère utilitariste.

  6. 6. Quelle objection vise le relativisme moral ?

    Voir la correction

    Il rend impossible de condamner une pratique admise dans une société. Si tout dépend de la société, on ne peut plus juger une pratique d’un point de vue universel.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre morale et éthique ?

La morale énonce plutôt des règles sur ce qu’il faut faire. L’éthique désigne souvent la réflexion sur la vie bonne, ou sur un domaine comme la médecine. Les deux mots viennent de termes qui veulent dire mœurs, et les auteurs ne les distinguent pas tous de la même façon.

Qu’est-ce que l’impératif catégorique ?

C’est un ordre de la raison qui vaut sans condition, à la différence de l’impératif hypothétique, du type « si tu veux réussir, travaille ». Kant le formule ainsi en substance : n’agis que selon une règle que tu peux vouloir universelle.

La morale peut-elle se passer de religion ?

Pour Kant, oui : la loi morale vient de la raison, sans commandement extérieur. Ce fondement n’exclut pas la foi, mais il ne dépend pas d’elle.

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