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La liberté en philosophie : définition, thèses et sujets

L’essentiel

En philosophie, la liberté est le pouvoir d’agir et de choisir par soi-même, sans y être contraint. Descartes la voit dans le libre arbitre, Spinoza la juge illusoire si l’on ignore les causes qui nous déterminent, et Rousseau la place dans l’obéissance à la loi qu’on s’est donnée.

Définition de la liberté en philosophie

La liberté, au sens le plus simple, c’est faire ce que l’on veut. Cette définition ne suffit pas : celui qui obéit à une addiction fait ce qu’il veut, et il n’est pas libre pour autant.

La philosophie distingue plusieurs libertés, qu’une copie doit séparer clairement.

Les types de liberté
TypeDéfinitionElle s’oppose à
Liberté d’actionFaire ce qu’on veut sans obstacle extérieurLa contrainte, la prison
Libre arbitrePouvoir de choisir par sa seule volontéLe déterminisme
AutonomieSe donner à soi-même sa loiL’hétéronomie, la soumission aux désirs
Liberté politiqueVivre sous des lois justes, avec des droits garantisLa tyrannie

Libre arbitre ou déterminisme ?

Descartes, dans la quatrième Méditation (1641), voit dans la volonté ce qui nous rapproche le plus de Dieu : elle n’a pas de limite. Il appelle pourtant l’indifférence, le fait de choisir sans raison, « le plus bas degré de la liberté ». Plus je vois clairement le bien, plus je le choisis librement.

Spinoza réplique dans l’Éthique (1677) : les hommes se croient libres parce qu’ils sont conscients de leurs actes et ignorants des causes qui les déterminent. Dans une lettre, il imagine qu’une pierre lancée, si elle pensait, se croirait libre de voler. Pour lui, la liberté ne consiste pas à échapper à la nécessité, mais à la comprendre.

Sartre, dans L’Être et le Néant (1943), soutient l’inverse : l’homme n’a pas d’essence fixée d’avance. Il se définit par ses choix et ne peut pas cesser de choisir, ne pas choisir étant encore un choix.

Astuce : Ces trois auteurs forment un plan possible : l’expérience de la liberté, le soupçon de l’illusion, la liberté comme tâche.

Être libre, est-ce faire ce que l’on veut ?

Pour Rousseau, suivre ses seuls désirs, c’est en être esclave : « l’obéissance à la loi qu’on s’est prescrite est liberté » (Du contrat social, 1762). Kant en fait la définition de l’autonomie : la volonté morale se donne à elle-même sa loi.

Les stoïciens proposent une autre voie. Pour Épictète, qui fut lui-même esclave, personne ne peut me prendre la liberté de mon jugement.

Liberté n’est pas licence : la licence est l’absence de toute règle, la liberté suppose une règle que l’on reconnaît comme sienne.

La loi limite-t-elle la liberté ?

Selon Hobbes, la liberté est l’absence d’obstacles au mouvement (Léviathan, 1651) : la loi la réduit, mais elle protège la vie. Montesquieu la définit autrement : « La liberté est le droit de faire tout ce que les lois permettent » (De l’esprit des lois, 1748).

L’article 4 de la Déclaration de 1789 pose que la liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui. Mill en fait un principe dans De la liberté (1859) : la société ne peut limiter la liberté d’un individu que pour empêcher qu’il nuise aux autres.

Exemples de sujets sur la liberté

  • Être libre, est-ce faire ce que l’on veut ?
  • La liberté est-elle une illusion ?
  • Faut-il obéir pour être libre ?
  • Peut-on renoncer à sa liberté ?
  • L’État est-il un obstacle à la liberté ?

Les erreurs à éviter

  • Dire que la liberté s’arrête là où commence celle des autres, comme si c’était une démonstration. Présenter cette formule comme une idée à discuter.

    C’est un lieu commun, sans auteur certain. Il faut encore dire où passe la limite et qui la fixe.

  • Confondre liberté et licence. La licence refuse toute règle, la liberté en reconnaît une.

    Pour Rousseau et Kant, l’absence de règle livre l’individu à ses désirs.

  • Résumer Spinoza par « personne n’est libre ». Il rejette le libre arbitre, mais il pense une liberté par la connaissance.

    L’homme libre comprend ce qui le détermine et agit selon sa propre nature.

Exercices corrigés

  1. 1. Quel terme désigne le fait de se donner à soi-même sa loi ?

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    Autonomie. Du grec autos, soi-même, et nomos, la loi.

  2. 2. Pour Descartes, l’indifférence est…

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    le plus bas degré de la liberté. Choisir sans raison révèle un manque de connaissance. Plus on voit le bien, plus on est libre.

  3. 3. Qui écrit que l’obéissance à la loi qu’on s’est prescrite est liberté ?

    Voir la correction

    Rousseau. La phrase se trouve au livre I, chapitre 8, du Contrat social.

  4. 4. L’image de la pierre qui se croirait libre vient de…

    Voir la correction

    Spinoza. Spinoza l’emploie pour montrer que le sentiment de liberté naît de l’ignorance des causes.

  5. 5. Un fumeur dit : « Je fume parce que je le veux. » Que peut objecter Spinoza ?

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    Il se croit libre parce qu’il ignore ce qui cause son envie. Le sentiment d’être libre ne prouve pas la liberté : il peut naître de la seule ignorance des causes.

  6. 6. Quelle idée est conforme à la pensée de Sartre ?

    Voir la correction

    Ne pas choisir est encore un choix. Pour Sartre, je suis responsable même de ce que je laisse faire.

Questions fréquentes

Quelle est la définition de la liberté selon Spinoza ?

Est libre ce qui existe et agit par la seule nécessité de sa nature. L’homme approche cette liberté en comprenant les causes qui le déterminent.

Quelle différence entre liberté et libre arbitre ?

Le libre arbitre est le pouvoir de choisir par sa volonté. La liberté est plus large : elle comprend aussi la liberté d’action et la liberté politique.

Est-on libre si tout est déterminé ?

Pour certains, comme Spinoza, on peut l’être en comprenant cette nécessité. Pour d’autres, comme Sartre, le déterminisme ne concerne pas la conscience, qui échappe aux choses.

La liberté est-elle un droit ?

Oui en droit français, depuis la Déclaration de 1789. Le philosophe demande de plus d’où ce droit tire sa valeur et jusqu’où il va.

Pour aller plus loin