L’essentiel
En philosophie, la vérité est l’accord de ce que l’on pense ou dit avec la réalité. Elle se distingue de la réalité elle-même : ce sont les énoncés qui sont vrais ou faux, pas les choses. Le problème est de trouver un critère du vrai, et de savoir si une vérité absolue est accessible.
Définition de la vérité en philosophie
La définition classique vient d’Aristote : dire de ce qui est qu’il est, et de ce qui n’est pas qu’il n’est pas (Métaphysique). Thomas d’Aquin parle d’adéquation entre l’intelligence et la chose. La vérité est donc une qualité du jugement, et non des objets : un chat n’est ni vrai ni faux, mais « ce chat est noir » peut l’être.
Il ne faut pas confondre le vrai avec le réel, ni avec l’exactitude d’un détail, ni avec la sincérité. Quelqu’un de sincère peut se tromper.
Distingue trois mots du programme : le vrai (ce qui est conforme), le probable (ce qui a des chances de l’être), le certain (ce dont on ne doute pas). On peut être certain et se tromper.
| Type | Critère | Exemple |
|---|---|---|
| Vérité de fait | L’accord avec les faits, l’expérience | L’eau bout à 100 °C sous pression normale. |
| Vérité formelle | La cohérence logique, la démonstration | La somme des angles d’un triangle plan vaut 180°. |
| Vérité morale | La sincérité, le fait de ne pas tromper | Il a dit la vérité au tribunal. |
Comment reconnaître la vérité ?
Platon, avec l’allégorie de la caverne (La République, livre VII), décrit des prisonniers qui prennent des ombres pour la réalité. Le vrai demande une conversion : il faut se détourner des apparences et des opinions.
Descartes propose l’évidence comme critère : ne recevoir pour vrai que ce qui se présente clairement et distinctement à l’esprit. Spinoza soutient, dans l’Éthique (1677), que la vérité se manifeste elle-même, comme la lumière montre à la fois elle-même et l’obscurité.
L’objection est connue : ce qui paraît évident à l’un ne l’est pas à l’autre. Les sciences répondent en exigeant des preuves publiques, que chacun peut vérifier.
La vérité est-elle accessible ?
Le relativisme affirme que tout est vrai selon le point de vue. Il se contredit : s’il est vrai pour tous, alors il existe au moins une vérité qui ne dépend pas du point de vue.
| Auteur | Œuvre | Thèse |
|---|---|---|
| Sextus Empiricus | Esquisses pyrrhoniennes | À tout argument s’oppose un argument de même force : le sceptique suspend son jugement. |
| Nietzsche | Vérité et mensonge au sens extra-moral (1873) | Les vérités sont des illusions dont on a oublié qu’elles en sont : la langue fixe des conventions utiles. |
| Popper | Logique de la découverte scientifique (1934) | Une théorie n’est jamais vérifiée définitivement. Elle tient tant qu’elle n’a pas été réfutée. |
Faut-il toujours dire la vérité ?
Pour Kant, mentir est toujours interdit, même à un meurtrier qui cherche ton ami. Le mensonge détruit la confiance sur laquelle repose toute parole. Benjamin Constant répond qu’on ne doit la vérité qu’à ceux qui y ont droit.
La vérité peut aussi faire mal, et se tromper n’est pas mentir : il faut séparer la vérité (une question de connaissance) et la véracité (une question de morale).
Astuce : Une citation courte à retenir est celle de Pascal sur la justice : « Vérité au-deçà des Pyrénées, erreur au-delà » (Pensées). Elle vise la variation des lois selon les pays.
Exemples de sujets sur la vérité
- La vérité dépend-elle de nous ?
- Peut-on renoncer à la vérité ?
- Y a-t-il des vérités définitives ?
- Une vérité peut-elle être dangereuse ?
- L’expérience est-elle le seul critère de la vérité ?
Les erreurs à éviter
Confondre la vérité et la réalité. La réalité est ce qui est, la vérité une propriété du jugement.
Sans jugement, il n’y a ni vrai ni faux : il y a seulement des choses.
Écrire « à chacun sa vérité » comme une évidence. Distinguer l’opinion, qui varie, et le vrai, qui ne dépend pas de moi.
Si tout était vrai pour chacun, aucune discussion n’aurait de sens.
Confondre l’erreur et le mensonge. L’erreur est involontaire, le mensonge est une tromperie volontaire.
Mentir, c’est dire ce qu’on croit faux, même s’il se trouve que c’est vrai.
Exercices corrigés
1. Laquelle de ces choses peut être vraie ou fausse ?
Voir la correction
Un jugement. La vérité est une propriété de ce qu’on pense ou dit, pas des choses.
2. La définition de la vérité comme adéquation est liée à…
Voir la correction
Thomas d’Aquin. C’est la formule classique : adéquation de l’intelligence et de la chose.
3. « Tous les témoins sont sûrs d’eux, mais ils se contredisent. » Que montre ce cas ?
Voir la correction
Que la certitude ne prouve pas la vérité. La certitude est un état d’esprit, la vérité un rapport au réel.
4. Quel est le critère du vrai chez Descartes ?
Voir la correction
L’évidence. Il ne retient que ce qui est clair et distinct, après le doute.
5. Que fait le sceptique ?
Voir la correction
Il suspend son jugement. Affirmer que tout est faux serait encore une thèse. Le sceptique s’en abstient.
6. Pourquoi le relativisme absolu se contredit-il ?
Voir la correction
Parce qu’il présente comme vraie pour tous l’idée que rien ne l’est. Pour être cohérent, il devrait admettre qu’il n’est vrai que pour lui.
Questions fréquentes
Quels sont les différents types de vérité en philosophie ?
On distingue d’ordinaire la vérité de fait, qui s’accorde avec l’expérience, la vérité formelle, qui tient à la cohérence d’une démonstration, et la véracité, qui concerne la sincérité de celui qui parle.
La vérité est-elle toujours bonne à dire ?
Kant soutient qu’on ne doit jamais mentir, Benjamin Constant qu’on ne doit la vérité qu’à ceux qui y ont droit. Le sujet oppose la valeur de la vérité et le souci d’autrui.
Quelle différence entre croire et savoir ?
Celui qui sait peut justifier ce qu’il affirme, celui qui croit tient une chose pour vraie sans preuve suffisante. Le programme retient ce couple parmi ses repères.