L’essentiel
La propension à consommer mesure la part du revenu consacrée à la consommation. La propension moyenne vaut consommation ÷ revenu. La propension marginale vaut variation de la consommation ÷ variation du revenu : elle indique quelle part d’un euro supplémentaire est dépensée. Le reste est épargné.
Propension : définition
Une propension est une tendance, un penchant à faire quelque chose. En économie, la propension à consommer chiffre le penchant des ménages à dépenser leur revenu plutôt qu’à le mettre de côté. Le revenu pris en compte est le revenu disponible, après impôts et prestations sociales.
Il existe quatre propensions. Les deux moyennes regardent l’ensemble du revenu. Les deux marginales regardent seulement ce qui change.
Le revenu disponible est soit consommé, soit épargné. Donc propension moyenne à consommer + propension moyenne à épargner = 1, et de même pour les propensions marginales.
| Propension | Formule | Question posée |
|---|---|---|
| Propension moyenne à consommer | C ÷ R | Quelle part du revenu est consommée ? |
| Propension moyenne à épargner | E ÷ R | Quelle part du revenu est épargnée ? |
| Propension marginale à consommer | ΔC ÷ ΔR | Quelle part d’un revenu en plus est consommée ? |
| Propension marginale à épargner | ΔE ÷ ΔR | Quelle part d’un revenu en plus est épargnée ? |
Calculer la propension moyenne et marginale à consommer
Un ménage voit son revenu mensuel passer de 2 000 € à 2 500 €. Sa consommation passe de 1 700 € à 2 050 €.
- Épargne : 2 000 − 1 700 = 300 € avant, 2 500 − 2 050 = 450 € après.
- Propension moyenne à consommer : 1 700 ÷ 2 000 = 0,85 avant, 2 050 ÷ 2 500 = 0,82 après.
- Propension moyenne à épargner : 300 ÷ 2 000 = 0,15 avant, 450 ÷ 2 500 = 0,18 après.
- Variations : ΔR = 500 €, ΔC = 350 €, ΔE = 150 €.
- Propension marginale à consommer : 350 ÷ 500 = 0,7.
- Propension marginale à épargner : 150 ÷ 500 = 0,3.
- Lecture : sur 100 € de revenu supplémentaire, ce ménage en dépense 70 et en épargne 30.
- Vérification : 0,7 + 0,3 = 1 et 0,82 + 0,18 = 1.
Astuce : Une propension s’exprime en nombre décimal ou en pourcentage : 0,85 ou 85 %. La propension moyenne à épargner en pourcentage, c’est le taux d’épargne.
Ce que disent les propensions sur les ménages
Keynes, dans sa Théorie générale de 1936, avance que lorsque le revenu augmente, la consommation augmente aussi, mais moins vite. La propension marginale à consommer serait donc comprise entre 0 et 1, et la propension moyenne à consommer baisserait quand le revenu monte. C’est le cas dans l’exemple ci-dessus.
Les ménages modestes consomment une part plus grande de leur revenu que les ménages aisés, qui peuvent épargner davantage. En France, le taux d’épargne de l’ensemble des ménages tournait autour de 18 % du revenu disponible en 2025 selon l’Insee : la propension moyenne à consommer était donc proche de 0,82.
Pourquoi la propension marginale compte pour la politique économique
Plus la propension marginale à consommer est forte, plus un revenu distribué revient vite dans l’économie sous forme de dépenses. C’est le raisonnement du multiplicateur keynésien : dans une économie fermée et sans impôts, il vaut 1 ÷ (1 − propension marginale à consommer), soit environ 3,3 pour une propension de 0,7.
Ce résultat est débattu. Une partie des dépenses part en importations, et les ménages peuvent épargner s’ils anticipent de futurs impôts. D’autres économistes jugent donc l’effet d’une relance bien plus faible que ne le suggère la formule.
Les erreurs à éviter
Calculer la propension marginale avec C ÷ R du nouveau revenu. Utiliser les variations : ΔC ÷ ΔR.
C ÷ R donne la propension moyenne. La marginale ne regarde que le supplément de revenu.
Une propension à consommer de 1,2 est impossible. Une propension moyenne supérieure à 1 est possible.
Un ménage peut dépenser plus que son revenu en puisant dans son épargne ou en s’endettant : son épargne est alors négative.
La propension marginale à épargner vaut 1 + propension marginale à consommer. Elle vaut 1 − propension marginale à consommer.
Leur somme est égale à 1, puisque chaque euro en plus est consommé ou épargné.
Exercices corrigés
1. Un ménage gagne 3 000 € et consomme 2 400 €. Quelle est sa propension moyenne à consommer ?
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0,8. 2 400 ÷ 3 000 = 0,8.
2. Un ménage gagne 3 000 € et consomme 2 400 €. Quelle est sa propension moyenne à épargner ?
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0,2. Épargne = 600 €, et 600 ÷ 3 000 = 0,2. On retrouve 1 − 0,8.
3. Le revenu augmente de 200 € et la consommation de 150 €. Quelle est la propension marginale à consommer ?
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0,75. 150 ÷ 200 = 0,75.
4. La propension marginale à consommer vaut 0,9. Sur 1 000 € de revenu en plus, combien sont épargnés ?
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100 €. La propension marginale à épargner vaut 0,1, et 0,1 × 1 000 = 100 €.
5. La propension moyenne à consommer baisse quand le revenu monte. Que peut-on dire de la propension marginale ?
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Elle est plus faible que la moyenne. Pour que la moyenne baisse, le supplément de revenu doit être moins consommé que le revenu de départ.
6. Revenu : de 1 500 € à 1 800 €. Consommation : de 1 350 € à 1 560 €. Quelle est la propension marginale à épargner ?
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0,3. ΔC = 210 € et ΔR = 300 €, donc la propension marginale à consommer vaut 0,7 et celle à épargner 0,3.
Questions fréquentes
Que veut dire propension ?
Une propension est une tendance naturelle à faire quelque chose. En économie, le mot désigne la part du revenu qu’un ménage tend à consommer ou à épargner.
Quelle différence entre propension moyenne et marginale ?
La moyenne porte sur tout le revenu. La marginale porte seulement sur la variation du revenu : elle dit ce que devient un euro supplémentaire.
Quel lien avec le taux d’épargne ?
Le taux d’épargne des ménages est la propension moyenne à épargner exprimée en pourcentage du revenu disponible brut.