Le sujet en bref
Le sujet des Antilles et de la Guyane s’appuie sur Pilote de guerre de Saint-Exupéry : avant de décoller, le narrateur se revoit collégien, heureux et peu pressé d’affronter la vie. Il fallait dégager sa nostalgie, analyser son émotion devant le départ de deux camarades, comparer le texte à l’affiche des Héritiers, puis réussir la réécriture à l’imparfait, notée sur 10 points.
Compréhension et compétences d’interprétation (26 points)
Ce corrigé paraphrase le texte et renvoie aux lignes. Sur ta copie, à chaque renvoi, recopie les mots du texte entre guillemets. D’autres réponses sont possibles si elles sont justifiées.
Question 1 (2 points)
Indiquer le lieu exact de la scène et le prouver par un champ lexical.
L’extrait se déroule dans une salle de classe de collège.
Le champ lexical de l’école le prouve : collège (ligne 1), problème de géométrie (lignes 1 et 2), bureau, compas, règle et rapporteur (lignes 2 et 3), camarades (ligne 3), tableau noir (ligne 4), élève (ligne 6), pupitre et craie (ligne 8).
Dans une salle de classe, d’après le champ lexical de l’école.
Conseil : Le narrateur dit d’abord qu’il rêve sans doute (ligne 1), et le chapeau parle d’un pilote de guerre. Ici, réponds d’abord sur ce que le texte décrit : une salle de classe.
Question 2. a) (3 points)
Trouver trois signes de l’application du narrateur.
Les trois indices se trouvent au début du texte.
La patience. Il résout son problème sans se presser (lignes 1 et 2).
La sagesse. L’adverbe sagement caractérise la manière dont il se sert de ses instruments (ligne 2).
Le calme. Il se décrit lui-même avec les adjectifs studieux et tranquille (ligne 3).
Le contraste renforce cette image : d’autres élèves, à la ligne 4, sont présentés comme moins sérieux.
Question 2. b) (4 points)
Relever deux comportements par lesquels le narrateur s’évade de la classe, avec une expression pour chacun.
Il rêve. Il s’éloigne en pensée de son travail : il s’enfonce davantage dans le rêve (ligne 5).
Il regarde dehors. Il jette un coup d’œil par la fenêtre, puis il observe longuement une branche au soleil (lignes 5 et 6).
Il le reconnaît lui-même en se disant dissipé (lignes 6 et 7).
Conseil : Sur ta copie, recopie une expression entre guillemets pour chaque attitude. Le tour de cartes de la ligne 21 convient aussi, car c’est une autre façon d’échapper au travail.
Question 3. a) (1 point)
Dire ce que le narrateur entend par cette formule sur lui-même à la ligne 18.
Ici, drôle veut dire étrange. Le narrateur explique qu’un collégien a d’ordinaire hâte d’affronter la vie (lignes 15 à 17). Lui fait l’inverse : il connaît son bonheur et n’est pas pressé de partir (lignes 18 et 19).
Il est étrange, car il n’est pas pressé de quitter le collège, à la différence des autres.
Conseil : Le piège est de comprendre drôle au sens de comique.
Question 3. b) (3 points)
Nommer l’émotion dominante du narrateur face à son passé, citations à l’appui.
Le sentiment principal est la nostalgie : le narrateur se souvient avec bonheur et tendresse d’un temps qu’il sait perdu.
Le lexique du bonheur est très présent : le plaisir et le goût des sensations (ligne 7), la joie (ligne 8), le bonheur (ligne 18), le mot heureux (ligne 22).
Les sensations de l’enfance reviennent avec force : l’odeur du pupitre et de la craie (lignes 7 et 8). Le narrateur retrouve une enfance protégée (lignes 8 et 9), alors que le chapeau le dit en danger.
L’exclamation dit l’émotion à voix haute : « Mon Dieu, que tout cela est tendre ! » (ligne 26).
La nostalgie.
Conseil : Pour parler de nostalgie, ajoute le regret : rappelle que ce temps est passé et qu’il ne reviendra pas.
Question 4 (3 points)
Repérer, dans le même paragraphe, une phrase qui répond à celle des lignes 2 et 3, puis l’expliquer.
La phrase qui fait écho est celle des lignes 13 et 14, qui commence par la règle.
On y retrouve les mêmes instruments : la règle et le compas, auxquels s’ajoute l’équerre. Le verbe user de reprend aussi le sens de se servir de.
Mais leur usage change. À la ligne 2, le collégien s’en sert pour un exercice, sagement, sans aucun risque. Aux lignes 13 et 14, ces outils deviennent des images : ils serviront à l’homme pour construire le monde ou pour vaincre des ennemis. Le futur montre que c’est le temps de l’âge adulte.
La phrase veut donc dire que ce que l’on apprend à l’école servira dans la vraie vie, et que les enjeux seront alors bien plus graves. Le chapeau invite à y entendre la guerre que vit le narrateur.
Question 5. a) (1 point)
Dire ce qui se produit à la fin du texte.
Un surveillant ouvre la porte et convoque deux camarades, qui se lèvent et sortent : pour eux, le collège est terminé (lignes 27 à 29).
Le narrateur doute de ce qu’il voit (ligne 27). Avec le chapeau, on peut penser que ces deux camarades sont en réalité des compagnons d’armes du pilote, appelés pour une mission de guerre.
Deux camarades sont convoqués et quittent définitivement le collège.
Question 5. b) (4 points)
Analyser comment le lexique et les phrases laissent deviner ce que ressent le narrateur à cet instant.
Le narrateur ne nomme pas son émotion, mais il laisse sentir sa tristesse et son inquiétude.
Le lexique. Le verbe lâcher revient deux fois (lignes 28 et 29) : les camarades abandonnent leurs outils, puis on les abandonne à la vie. L’adjectif drôle (ligne 30) dit le malaise. Le mot hasards (ligne 32) et le verbe disperser (ligne 33) montrent des hommes qui ne maîtrisent plus leur destin. L’absence d’adieux et de regard (lignes 31 et 32) trahit un regret.
La construction des phrases. Les phrases sont courtes et simplement juxtaposées (lignes 28 et 29), comme un constat que l’on énonce la gorge serrée. Certaines n’ont pas de verbe (lignes 31 et 33) : elles ajoutent une pensée qui revient malgré lui.
La ponctuation. La question entre parenthèses, avec ses points de suspension, marque le trouble (ligne 27). L’exclamation de la ligne 33 prolonge la comparaison avec la Chine, et l’on peut y lire la crainte d’une séparation définitive. La question finale reste sans réponse (lignes 33 et 34) : elle laisse le narrateur face à son angoisse.
Conseil : Le sujet te donne deux pistes, le lexique et la construction des phrases : traite les deux, avec un exemple précis pour chacune.
Question 6. a) : image (2 points)
Expliquer le sous-titre de l’affiche à partir de ce qu’elle montre.
L’affiche montre des jeunes gens réunis autour d’une table, avec des feuilles. Une femme à lunettes, debout, sans doute leur professeure, et un garçon debout semblent se regarder. Derrière eux, au mur, on voit de nombreux portraits photographiques, qui paraissent anciens, ainsi que des documents.
Le sous-titre joue sur le mot histoire. Avec sa majuscule, l’Histoire désigne le passé collectif, celui que l’on étudie en classe et que semblent évoquer ces portraits. La leur désigne leur histoire à eux, leur propre vie. Le verbe forger évoque le travail du forgeron : une vie se construit par l’effort.
L’affiche veut donc dire qu’en étudiant ensemble le passé, ces jeunes vont se construire et bâtir leur avenir.
Question 6. b) (3 points)
Confronter l’image du collège dans le texte et sur l’affiche, sur deux points au moins.
Le travail. Dans le texte, le narrateur travaille seul à son bureau, chacun occupé de son côté (lignes 1 à 4). Sur l’affiche, les élèves sont rassemblés autour d’une même table et semblent réfléchir ensemble.
Le rôle de l’adulte. Le texte ne montre aucun professeur : seul un surveillant apparaît, pour convoquer deux élèves (ligne 27). Sur l’affiche, une femme se tient tout près des élèves et semble participer à l’échange.
Le rapport au monde. Dans le texte, le collège est un refuge, une enfance protégée que l’on quitte à regret (lignes 8 et 9). Sur l’affiche, il paraît ouvert sur le monde : les portraits du mur semblent faire entrer l’Histoire dans la classe.
Un point commun. Dans les deux cas, le collège prépare à la vie, et la camaraderie y compte (ligne 24). Mais l’avenir inquiète le narrateur, alors que le sous-titre de l’affiche le présente comme une promesse.
Conseil : Ici, compare vraiment : chaque élément doit parler à la fois du texte et de l’image.
Compétences linguistiques et grammaticales (24 points)
Les mots analysés sont donnés isolément. Pour les phrases entières, reporte-toi au sujet.
Question 7. a) (1 point)
Dire qui désigne ce pronom à la ligne 24.
Nous désigne le narrateur et Dutertre, assis face à lui (ligne 23). Pénicot vient les retrouver.
Le narrateur et Dutertre.
Question 7. b) (1 point)
Donner la classe grammaticale de ce mot.
Nous est un pronom personnel de la première personne du pluriel. Ici, il est COD du verbe rejoint.
Pronom personnel.
Question 8. a) (1 point)
Identifier le temps et le mode des verbes conjugués de cette phrase.
Sais et craint sont au présent de l’indicatif.
Présent de l’indicatif.
Conseil : Affronter est à l’infinitif : ce verbe n’est pas conjugué, il ne compte pas ici.
Question 8. b) (2 points)
Donner la valeur du présent pour chacun des deux verbes.
Sais est un présent d’énonciation : il renvoie au moment où le narrateur parle et donne sa pensée.
Craint est un présent de vérité générale : la phrase ne parle pas d’un collégien en particulier, mais des collégiens en général, sans lien avec un moment précis.
Présent d’énonciation, puis présent de vérité générale.
Conseil : L’expression d’ordinaire peut aussi faire penser à un présent d’habitude. Cette réponse se défend pour craint, mais la phrase énonce surtout une idée générale.
Question 9. a) (3 points)
Séparer les propositions de la phrase citée.
La phrase contient trois verbes conjugués, suis, connaît et est : elle compte donc trois propositions.
Proposition principale : du début de la phrase jusqu’au nom collégien.
Première subordonnée : de qui connaît jusqu’à bonheur.
Seconde subordonnée : de qui n’est pas jusqu’à la fin de la phrase.
Sur ta copie, recopie toute la phrase et place chaque proposition entre crochets. La conjonction et reste hors des crochets : elle relie les deux subordonnées.
Conseil : Affronter ne forme pas une proposition à part : c’est un infinitif qui complète l’adjectif pressé.
Question 9. b) (2 points)
Indiquer la nature et la fonction des subordonnées.
La nature. Ce sont deux propositions subordonnées relatives, coordonnées par et. Elles sont introduites par le pronom relatif qui, dont l’antécédent est le nom collégien.
La fonction. Elles sont compléments de l’antécédent collégien : elles précisent de quel collégien il s’agit.
Subordonnées relatives, compléments de l’antécédent collégien.
Question 9. c) (2 points)
Décrire deux manipulations qui confirment cette analyse.
La suppression. Si l’on retire les deux subordonnées, il reste une phrase correcte, réduite à la proposition principale. Elles ne sont donc pas indispensables à sa construction : elles complètent seulement le nom.
Le remplacement. On peut les remplacer par un adjectif, par exemple heureux : je suis un collégien heureux. Elles jouent donc auprès du nom le même rôle qu’un adjectif épithète, ce qui confirme qu’elles complètent ce nom.
Conseil : Le déplacement convient aussi : ces propositions ne peuvent pas passer en tête de phrase, car elles doivent rester derrière leur antécédent.
Question 10 (2 points)
Expliquer la formation du mot impatience et préciser son sens.
La formation. Le mot est formé du préfixe im-, qui exprime le contraire, et du nom patience. Im- est la forme que prend in- devant un p.
Le sens. L’impatience est le contraire de la patience : c’est le fait de ne pas pouvoir attendre, avec le désir vif que quelque chose arrive. Ici, le collégien a hâte d’entrer dans la vie.
Préfixe im- + patience : le fait de ne pas pouvoir attendre.
Conseil : Le rapprochement est parlant : ce mot s’oppose à la patience du narrateur, à la ligne 1.
Question 11 : réécriture (10 points)
Transposer le passage à la première personne du pluriel et à l’imparfait.
Le passage contient trois verbes conjugués, qui passent tous à l’imparfait. Reprends les phrases du sujet et applique ces changements.
Première phrase : Je résous devient Nous résolvions. Le verbe résoudre prend le radical résolv-, avec un v, et la terminaison -ions.
Le déterminant possessif suit la personne : mon problème devient notre problème. Le nom reste au singulier, car la consigne ne porte pas sur lui.
Deuxième phrase : Accoudé devient Accoudés. Ce participe s’accorde avec nous, au masculin pluriel.
Le verbe pronominal change deux fois : je me sers devient nous nous servions.
Troisième phrase : Je suis devient Nous étions, et tranquille devient tranquilles. L’adjectif studieux garde la même forme, car il se termine par un x.
Le reste ne change pas, en particulier ce bureau noir et les trois instruments.
Conseil : À l’imparfait, nous prend la terminaison -ions. Sans le i, tu obtiens un présent : nous résolvons, nous nous servons.
Les erreurs à éviter sur ce sujet
Écrire nous résolvons ou nous résoudions dans la réécriture.
Écrire nous résolvions.
Le verbe résoudre prend le radical résolv- à l’imparfait, avec la terminaison -ions.
Garder accoudé et tranquille au singulier.
Écrire accoudés et tranquilles.
Ces mots se rapportent à nous : ils prennent le pluriel, même si la consigne ne parle que des verbes et de la personne.
Oublier le second pronom et écrire nous servions.
Écrire nous nous servions.
Le verbe se servir est pronominal : le pronom me devient nous, et il s’ajoute au sujet nous.
Comprendre drôle au sens de comique à la question 3. a).
Lui donner le sens d’étrange.
Le narrateur explique ensuite ce qui le distingue des autres collégiens : il n’y a rien d’amusant dans sa situation.
Compter affronter comme un verbe de proposition à la question 9.
Compter seulement les verbes conjugués : trois verbes, trois propositions.
Un infinitif complément d’un adjectif ne forme pas une proposition.
Questions fréquentes
Combien de temps dure cette partie de l’épreuve de français 2023 aux Antilles et en Guyane ?
Le sujet indique 1 h 10 pour 50 points : 26 points de compréhension et 24 points de grammaire. La réécriture compte à elle seule pour 10 points.
Le dictionnaire est-il autorisé pour ces questions ?
Non. Le sujet interdit le dictionnaire et la calculatrice dans cette partie.
Pourquoi un pilote de guerre parle-t-il de son collège ?
Le chapeau indique qu’il va décoller sans savoir s’il reviendra vivant et qu’il se souvient de sa jeunesse. Le texte commence par un rêve, et l’on peut penser que le collège et la guerre s’y mêlent.
Quel est le lien avec la rédaction de ce sujet ?
Le sujet demande de conserver le texte pour la rédaction. Les deux sujets au choix le prolongent : l’un demande le discours d’adieux du narrateur, l’autre demande dans quelle mesure l’école prépare à la vie.
Les cours à revoir
Proposition de corrigé rédigée par Meilleur Étudiant, sans valeur officielle : le ministère ne publie pas de corrigé, et le barème réel appartient aux correcteurs. Ce sujet date d’avant la note sur 20 du brevet : son barème suit l’ancienne notation. Une erreur ? Écris-nous à contact@meilleuretudiant.fr.