L’essentiel
La politique budgétaire est l’action de l’État sur l’économie par ses dépenses et ses recettes, surtout les impôts. Elle est expansionniste quand elle soutient la demande, en augmentant les dépenses ou en baissant les impôts, et restrictive quand elle cherche à réduire le déficit. En Europe, elle est encadrée par des règles communes.
Politique budgétaire : la définition
La politique budgétaire consiste à utiliser le budget de l’État pour agir sur la conjoncture : croissance, emploi, inflation. Elle fait partie des politiques conjoncturelles, avec la politique monétaire, confiée dans la zone euro à la Banque centrale européenne.
Le budget a deux côtés : les dépenses (salaires des fonctionnaires, investissements, prestations) et les recettes (impôts et cotisations). Le solde public est la différence entre les deux.
Solde public = recettes − dépenses. S’il est négatif, c’est un déficit public. Le déficit d’une année s’ajoute à la dette publique, qui est un stock.
Politique budgétaire expansionniste ou restrictive
| Expansionniste (relance) | Restrictive (rigueur) | |
|---|---|---|
| But | Soutenir l’activité et l’emploi | Réduire le déficit et la dette, freiner l’inflation |
| Dépenses | En hausse | En baisse |
| Impôts | En baisse | En hausse |
| Effet sur la demande | Elle augmente | Elle diminue |
| Risque | Hausse du déficit et de la dette | Ralentissement de l’activité |
| Exemple | Plans de soutien de 2020, pendant la pandémie | Plans d’économies après la crise de la dette de 2010 |
Le multiplicateur keynésien
L’idée vient de John Maynard Keynes. Quand la demande est insuffisante, l’État peut relancer l’économie. Une dépense publique crée des revenus, qui sont en partie dépensés, ce qui crée d’autres revenus, et ainsi de suite.
Dans le modèle le plus simple, le multiplicateur dépend de la propension marginale à consommer, notée c : la part de chaque euro de revenu supplémentaire qui est consommée.
Multiplicateur k = 1 ÷ (1 − c)
- Avec c = 0,8 : k = 1 ÷ 0,2 = 5. Une dépense de 10 milliards ferait croître la production de 50 milliards dans ce modèle.
- Avec c = 0,5 : k = 1 ÷ 0,5 = 2. La même dépense rapporte 20 milliards.
Astuce : Dans la réalité, le multiplicateur est bien plus faible, car une partie du revenu part en impôts, en épargne et en importations.
Les stabilisateurs automatiques
Le budget agit même sans décision nouvelle. Lors d’une récession, les recettes fiscales baissent et les allocations chômage augmentent : le déficit se creuse et cela soutient la demande. En période de forte croissance, c’est l’inverse. Ce sont les stabilisateurs automatiques.
Ils s’opposent à la politique discrétionnaire, décidée par le gouvernement, comme un plan de relance.
Déficit, dette et règles européennes
Dans la zone euro, les États ont une monnaie commune mais gardent leur propre budget. Pour éviter qu’un pays endetté ne fragilise les autres, ils se donnent des règles. Le traité de Maastricht, en 1992, fixe deux références : un déficit de 3 % du PIB et une dette de 60 % du PIB. Le pacte de stabilité et de croissance, de 1997, les met en œuvre.
Ces règles ont été suspendues de 2020 à 2023 à cause de la pandémie. Une réforme adoptée en 2024 garde les seuils de 3 % et 60 %, mais suit désormais une trajectoire de dépenses propre à chaque pays.
En France, le déficit public atteint 5,1 % du PIB en 2025, et la dette 115,7 % du PIB fin 2025, selon l’Insee. Ces chiffres évoluent chaque année.
Les débats sur la politique budgétaire
L’efficacité dépend beaucoup de la situation : niveau du chômage, taux d’intérêt, ouverture du pays. Dans un sujet de bac, présente les arguments sans trancher à la légère.
| Argument | Idée |
|---|---|
| Soutien keynésien | En période de crise, la dépense publique évite un effondrement de la demande. |
| Effet d’éviction | L’emprunt de l’État peut faire monter les taux et réduire l’investissement privé. |
| Équivalence ricardienne | Prévoyant de futurs impôts, les ménages épargnent et la relance a peu d’effet. |
| Coût de la dette | Une dette élevée augmente la charge des intérêts et peut réduire les marges de l’État. |
| Coût de l’austérité | Une rigueur trop forte peut freiner la croissance et aggraver le ratio de dette. |
Les erreurs à éviter
Le déficit et la dette, c’est la même chose. Le déficit est un flux annuel, la dette est un stock accumulé.
La dette est le total des emprunts non remboursés, alimenté par les déficits successifs.
La BCE décide de la politique budgétaire de la France. La BCE conduit la politique monétaire. Le budget relève de chaque État.
C’est le Parlement qui vote le budget de la France.
Une politique de relance suppose forcément une hausse des dépenses. Elle peut aussi passer par une baisse des impôts.
Les deux augmentent la demande.
Exercices corrigés
1. Quels sont les deux leviers de la politique budgétaire ?
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Les dépenses et les recettes publiques. Les taux d’intérêt relèvent de la politique monétaire.
2. L’État baisse les impôts pour soutenir la consommation. Cette politique est :
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expansionniste. Une baisse d’impôt augmente le revenu disponible, donc la demande.
3. Recettes : 1 300 milliards. Dépenses : 1 450 milliards. Quel est le solde public ?
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− 150 milliards. 1 300 − 1 450 = − 150 milliards : c’est un déficit.
4. Calcule le multiplicateur si c = 0,75.
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4. k = 1 ÷ (1 − 0,75) = 1 ÷ 0,25 = 4.
5. Lequel est un stabilisateur automatique ?
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La hausse des allocations chômage en récession. Elle joue sans décision nouvelle, à cause de la hausse du nombre de chômeurs.
6. Selon l’effet d’éviction :
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l’emprunt public peut réduire l’investissement privé. L’emprunt d’État pèse sur les taux et sur les fonds disponibles pour le privé.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’une politique budgétaire expansionniste ?
C’est une politique qui augmente les dépenses publiques ou baisse les impôts pour soutenir la demande, la croissance et l’emploi.
Quelle différence entre politique budgétaire et politique monétaire ?
La politique budgétaire passe par le budget de l’État. La politique monétaire passe par les taux d’intérêt et la création de monnaie, sous l’action de la banque centrale.
Quelles sont les limites de la politique budgétaire ?
Elle creuse le déficit et la dette, elle peut être diluée par les importations, et elle est encadrée en Europe par des règles communes.