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Corrigé du brevet de français, septembre 2023 : compréhension et grammaire (Métropole)

Le sujet en bref

Sujet de la session de remplacement de septembre 2023, pour les candidats empêchés en juin par un cas de force majeure. Il s’appuie sur un extrait de Je me souviens de tous vos rêves de René Frégni, où l’auteur dit ce que l’écriture doit à la nature et à l’enfance, et sur Post-scriptum de Michel Granger. Il fallait analyser les images du texte, puis réussir la réécriture avec ils, notée sur 10 points.

Sujet officiel

I. Compréhension et compétences d’interprétation (32 points)

Le texte de René Frégni est encore protégé par le droit d’auteur : ce corrigé le paraphrase et renvoie aux lignes. Sur ta copie, à chaque renvoi, recopie les mots du texte entre guillemets. D’autres réponses sont possibles si elles sont justifiées.

Question 1 (4 points)

Trouver au moins deux thèmes principaux du texte, en s’appuyant sur des citations.

L’écriture. C’est le thème central. L’auteur a hâte de retrouver son cahier (ligne 8), il veut écrire chaque jour (ligne 10) et il explique ce que ce geste lui apporte (lignes 12 à 17).

La nature. Elle est présente du début à la fin : le soleil et les collines (ligne 1), le vent de la rivière (ligne 9), les saules et les îles (lignes 18 et 19), l’hiver sur les champs (ligne 28).

L’enfance et le souvenir. L’auteur se rappelle l’enfant qu’il était (lignes 1 à 7), puis il dit que c’est toute son enfance qui lui revient quand il écrit (lignes 20 et 21).

Conseil : Deux thèmes suffisent, mais chacun a besoin de sa citation. Tu peux ajouter que ces thèmes sont liés : la promenade nourrit le cahier, et le cahier ramène l’enfance.

Question 2 (4 points)

Identifier les temps des deux premières phrases et expliquer le changement de temps.

La première phrase est au présent de l’indicatif : ses verbes sont disparaît et rebrousse. La deuxième phrase est à l’imparfait : son verbe est regardais.

Le présent correspond au moment de la promenade : l’auteur est adulte, il marche et le soir tombe. L’imparfait renvoie à son enfance, et il exprime une habitude : il regardait souvent ce dernier rayon.

Ce changement marque donc un retour en arrière. Le coucher du soleil fait surgir un souvenir. Le mot Enfant, placé en tête de phrase, signale ce saut dans le temps.

Présent, puis imparfait : on passe de l’adulte qui se promène au souvenir d’enfance.

Conseil : Nomme les temps exacts : répondre « le passé » ne suffit pas. Le mot Maintenant, à la ligne 8, fera le chemin inverse et ramènera au présent.

Question 3 (4 points)

Dire ce qui, dans sa vie quotidienne, donne envie d’écrire à l’auteur, avec au moins deux idées.

Ses promenades dans la nature. L’auteur rentre chargé de ce qu’il a vécu dehors. Le vent de la rivière et le bruit de l’eau le grisent (ligne 9), et il a hâte de rentrer (ligne 8). Il ramène des fragments de vie dans son corps même : ses yeux, sa peau, ses jambes fatiguées (lignes 10 et 11). Écrire prolonge la marche.

Le désir de garder ces moments. Les odeurs d’automne s’en vont dès qu’il retire sa veste (ligne 12) : ce qu’il a vécu est fragile. Devant son cahier, au contraire, tout lui revient, les arbres, les ponts, le chien heureux (lignes 18 à 20).

Le plaisir de retrouver son enfance. En écrivant, il revit le temps où il était enfant (lignes 20 à 22). Tu peux aussi parler de son petit rituel, avec le cahier et la lampe jaune (lignes 8, 9, 21 et 22).

Conseil : La question porte sur la vie quotidienne. Pars des gestes et des choses de chaque jour, et non d’une idée générale sur la littérature.

Question 4 (3 points)

Identifier une image dans la phrase des lignes 12 et 13 et l’expliquer.

Cette phrase contient une comparaison : les mots sont comparés à un souffle puissant, avec l’outil comme. Elle contient aussi une métaphore : la vie est assimilée à un feu qui couve, puisque le texte parle de ses braises. Une seule image suffit pour répondre.

Des braises gardent une chaleur cachée, et il suffit de souffler dessus pour que le feu reprenne. Attiser signifie justement ranimer un feu. De même, la vie ordinaire contient une intensité discrète, que l’on ne remarque pas. Les mots la raniment et la rendent visible.

La suite le confirme : le feu rougeoie, s’étend et éclaire nos jours (lignes 13 et 14). L’écriture redonne de la force à la vie.

Les mots sont comparés à un souffle qui ranime le feu de la vie.

Conseil : Identifier ne suffit pas. Dis ce qui est comparé, à quoi, et ce que cette image apprend sur l’écriture.

Question 5. a. (3 points)

Repérer les sens sollicités dans les lignes 23 à 27 et associer un terme du texte à chacun.

Trois sens sont sollicités.

La vue : verrez (ligne 24).

Le toucher : glacés (ligne 25), ou tiède (ligne 27).

L’odorat : odeur (ligne 26).

La vue, le toucher et l’odorat.

Conseil : Deux pièges ici. Le verbe sentirez (ligne 25) parle de sensations dans le corps, pas de l’odorat. Le melon fait penser au goût, mais le texte évoque son odeur.

Question 5. b. (2 points)

Dire quel pouvoir de l’écrivain apparaît dans ce passage.

L’écrivain a le pouvoir de faire surgir le réel avec des mots, presque comme un magicien. Un seul mot, tracé au stylo, suffit à faire apparaître des rivières, même celles que l’on n’a jamais vues (lignes 23 à 25).

Ce pouvoir s’étend au lecteur. L’auteur s’adresse à lui avec l’impératif et le pronom vous, et il lui promet de vraies sensations physiques (lignes 25 à 27). Le futur présente ce résultat comme une certitude.

Le pouvoir de créer un monde et des sensations avec un seul mot.

Question 6. a. (5 points)

Dire comment la nature apparaît à l’auteur en janvier, en relevant et en analysant deux images.

En janvier, la nature apparaît figée, dure et comme prisonnière du froid. Elle a perdu son mouvement, tout en gardant une beauté glacée.

Première image : une métaphore, à la ligne 28. Le verbe cadenassé fait de l’hiver un geôlier qui enferme la ville sous clé. Cette personnification suggère un froid soudain et brutal, qui immobilise tout. Le verbe vitrifié va dans le même sens : les champs sont changés en verre, rigides et cassants.

Deuxième image : une comparaison, à la ligne 30. Le tintement des cloches est comparé au son d’une lame de couteau frappant une coupe de cristal. Cette image associe un objet tranchant à une matière fine et transparente. Le son paraît aigu et net, et l’air si pur qu’il coupe.

Conseil : Analyser une image, c’est dire ce qu’elle rapproche et ce qu’elle suggère. Le contraste avec décembre renforce ta réponse : la rivière vivante et le chien joyeux ont laissé place à un monde arrêté.

Question 6. b. (2 points)

Dire quelle influence l’hiver a sur l’activité d’écrivain de l’auteur.

L’hiver paralyse l’écriture. L’auteur essaie d’écrire, mais rien ne vient (ligne 31). La blancheur de la campagne gagne son cahier et sa chambre, et chaque mot devient blanc (lignes 31 et 32). C’est l’angoisse de la page blanche.

En décembre, la nature vivante nourrissait ses phrases. En janvier, le paysage figé fige aussi ses mots.

L’hiver bloque l’écriture : la page reste blanche, comme la campagne.

Question 7 : image (5 points)

Dire si le tableau de Michel Granger pourrait figurer en couverture du livre de René Frégni, et justifier ce point de vue.

Oui, ce tableau pourrait figurer sur la couverture, car il dit en une image ce que le texte explique : l’écriture et la nature ne font qu’un.

L’écriture donne naissance à la vie. Le tronc de l’arbre descend dans un encrier de verre et il se termine par une pointe de plume qui touche l’encre : il ressemble à un porte-plume. Les branches semblent naître de l’encre. René Frégni exprime la même idée : un simple mot fait apparaître des paysages (lignes 23 à 25), et écrire ranime tout ce qui vit (lignes 15 et 16).

Les couleurs rappellent le texte. L’arbre nu, sans une feuille, se détache sur un ciel qui va du rose au bleu sombre. Il évoque l’hiver de janvier (ligne 28) et le coucher du soleil du début (ligne 1). Les extrémités rouges des branches et l’encre rouge orangé font penser aux braises de la ligne 13 et aux saules rouges de la ligne 18.

Le titre convient aussi. La note du sujet précise que Post-scriptum désigne ce qui est écrit après. René Frégni écrit lui aussi après coup : il rentre de promenade, puis il note ce qu’il a vécu (lignes 8 à 12).

Une réponse négative se défend si elle est justifiée : le tableau est une image rêvée et irréelle, alors que le texte décrit des lieux précis, avec une rivière que le tableau ne montre pas.

Conseil : Pense au rôle d’une couverture : annoncer le thème du livre et donner envie de le lire. Ta réponse doit relier des détails du tableau à des passages du texte.

II. Grammaire et compétences linguistiques (18 points)

Les mots analysés sont donnés isolément. Pour les phrases entières, reporte-toi au sujet.

Question 8. a. (2 points)

Dire quelles manipulations permettent d’identifier les fonctions des deux compléments entre crochets.

Le complément circonstanciel se reconnaît par deux manipulations. On peut le déplacer, par exemple en tête de phrase, et on peut le supprimer. Dans les deux cas, la phrase reste correcte.

Le complément d’objet direct réagit autrement. On ne peut ni le déplacer en tête de phrase, ni le supprimer : le verbe attiser a besoin de lui. On peut en revanche le remplacer par un pronom, ici les, placé devant le verbe.

Conseil : Une manipulation est une opération sur la phrase : déplacer, supprimer, remplacer. La question attisent quoi ? peut confirmer ta réponse, mais elle ne suffit pas.

Question 8. b. (1 point)

Transformer la phrase en remplaçant le COD par un pronom.

Le COD est un groupe nominal au pluriel, introduit par un déterminant défini. Le pronom qui le remplace est les, et il se place devant le verbe.

« Les mots les attisent, comme un souffle puissant. »

Conseil : Dans cette phrase, le premier Les est un déterminant, et le second les est un pronom personnel.

Question 9 (3 points)

Recopier le groupe nominal de la ligne 26, mettre ses expansions entre crochets et donner la classe grammaticale de chacune.

Le nom noyau est eau. Il reçoit trois expansions : sur ta copie, recopie le groupe et place trois paires de crochets.

Première expansion : paisible, juste après le nom. C’est un adjectif qualificatif.

Deuxième expansion : de l’été. C’est un groupe nominal prépositionnel, introduit par la préposition de. Sa fonction est complément du nom.

Troisième expansion : elle commence à qui et va jusqu’à la fin du groupe. C’est une proposition subordonnée relative, introduite par le pronom relatif qui.

Adjectif qualificatif ; groupe nominal prépositionnel ; proposition subordonnée relative.

Conseil : Ne sépare pas le groupe sous les noisetiers de la relative. Il complète le verbe glisse, et non le nom eau.

Question 10. a. (1 point)

Expliquer comment le mot souligné, embraser, est construit.

Le mot est formé par dérivation à partir du nom braise.

em- est un préfixe : c’est la forme que prend en- devant b, m et p.

bras- est le radical, variante de celui du nom braise.

-er est la terminaison de l’infinitif, qui en fait un verbe du premier groupe.

Embraser, c’est donc mettre en braise, enflammer.

Préfixe em-, radical bras-, terminaison -er.

Conseil : Ne confonds pas avec embrasser, qui vient de bras et prend deux s. Et -er n’est pas un suffixe : il disparaît quand on conjugue, comme dans j’embrase.

Question 10. b. (1 point)

Trouver deux mots de la même famille dans les lignes qui précèdent.

Les deux mots se trouvent à la ligne 13 : braises et brasiller. Ils contiennent le même radical qu’embraser, écrit brais- ou bras-.

Braises et brasiller (ligne 13).

Conseil : Attisent et rougeoyer parlent aussi du feu, mais ils appartiennent au même champ lexical, pas à la même famille.

Question 11 : réécriture (10 points)

Réécrire le passage des lignes 1 à 4 en remplaçant je par ils, avec toutes les modifications nécessaires.

Le nouveau sujet est à la troisième personne du pluriel, au masculin. Tout ce qui dépendait de je change. Reprends le passage imprimé dans la question 11 et applique ces changements.

Mot en apposition : Enfant devient Enfants, car il se rapporte à ils.

Sujets et verbes à l’imparfait : je regardais devient ils regardaient, j’étais devient ils étaient, je trouvais devient ils trouvaient.

Attribut du sujet : persuadé devient persuadés, au masculin pluriel.

Déterminant possessif : notre devient leur, au singulier, car cuisine reste au singulier.

Pronom complément : me devient leur. Le verbe semblait reste au singulier, car son sujet est ce lieu.

Le reste ne bouge pas. Le verbe se couchait a pour sujet le soleil. Le pronom il de la troisième phrase désigne aussi le soleil : le groupe il ait choisi ne change donc pas.

Conseil : Dix mots changent : compte-les avant de rendre ta copie.

Les erreurs à éviter sur ce sujet

  • Écrire qu’ils aient choisi dans la réécriture.

    Garder qu’il ait choisi.

    Ce pronom il représente le soleil, et non les enfants. Il ne change pas.

  • Oublier d’accorder Enfant et persuadé.

    Écrire Enfants et persuadés.

    Ces deux mots se rapportent au sujet ils : ils passent au masculin pluriel.

  • Écrire leurs semblait ou leur semblaient.

    Écrire leur semblait.

    Ce leur est un pronom personnel, qui ne prend jamais de s. Le sujet du verbe reste ce lieu, au singulier.

  • Donner seulement la fonction complément du nom pour les expansions de la question 9.

    Indiquer la classe : adjectif, groupe nominal prépositionnel, proposition subordonnée relative.

    La question porte sur la classe grammaticale. Une fonction ne répond pas à cette demande.

  • Citer attisent ou rougeoyer comme mots de la famille d’embraser.

    Choisir braises et brasiller.

    Une famille de mots se construit autour d’un même radical, pas autour d’un même thème.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que la session de septembre du brevet ?

C’est la session de remplacement, organisée à la rentrée pour les candidats qu’un cas de force majeure a empêchés de passer des épreuves écrites en juin, avec l’autorisation du recteur. Ce n’est pas un rattrapage après un échec. L’épreuve garde la même forme qu’en juin, avec un autre texte : 1 h 10 pour 50 points, soit 32 points de compréhension et 18 points de grammaire, dont 10 pour la réécriture.

Le dictionnaire est-il autorisé pour ces questions ?

Non. Le sujet interdit le dictionnaire et la calculatrice dans cette partie. Le dictionnaire n’est autorisé que pour la rédaction.

Pourquoi ce corrigé renvoie-t-il aux lignes au lieu de citer le texte ?

Le texte de René Frégni est encore protégé par le droit d’auteur. Garde le sujet à côté de toi : sur ta copie, tu dois recopier les passages indiqués entre guillemets.

Quel est le lien avec la rédaction de septembre 2023 ?

Les deux sujets au choix partent de ce texte et renvoient à ses lignes 10 et 18. L’un demande d’évoquer sa saison préférée dans un journal intime, l’autre d’expliquer ce qui peut inciter à écrire un peu chaque jour.

Les cours à revoir

Proposition de corrigé rédigée par Meilleur Étudiant, sans valeur officielle : le ministère ne publie pas de corrigé, et le barème réel appartient aux correcteurs. Ce sujet date d’avant la note sur 20 du brevet : son barème suit l’ancienne notation. Une erreur ? Écris-nous à contact@meilleuretudiant.fr.