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Corrigé du brevet de français 2025 : compréhension et grammaire (Polynésie française)

Le sujet en bref

Le sujet de Polynésie française s’appuie sur un extrait de Teahupo’o Le Souffle de la vague d’Ingrid Astier, où le surfeur Hiro affronte une vague redoutable, et sur un tableau de Philippe Jacq. Il fallait analyser ce qui rend cette vague fascinante et effrayante, relier le texte à la peinture, puis réussir la réécriture au pluriel, notée sur 10 points.

Sujet officiel

Grammaire et compétences linguistiques (20 points)

Le texte d’Ingrid Astier, daté de 2024, est protégé par le droit d’auteur : ce corrigé le paraphrase et renvoie aux lignes. Sur ta copie, à chaque renvoi, recopie les mots du texte entre guillemets. Dans ce sujet, la grammaire vient avant la compréhension : le corrigé garde cet ordre.

Question 1 (1 point)

Nommer le procédé d’écriture souligné à la ligne 4.

C’est une comparaison. Les lignes de la vague sont le comparé, le sucre filé est le comparant, et le mot comme est l’outil de comparaison.

Cette image suggère des lignes très fines, étirées, à la fois brillantes et fragiles.

Une comparaison.

Conseil : La présence de l’outil comme la distingue de la métaphore, qui rapproche deux réalités sans outil.

Question 2. a) (1 point)

Dire ce que cette phrase de la ligne 1 a de particulier sur le plan grammatical.

Cette phrase ne contient aucun verbe conjugué. Elle est construite autour du nom paroi : c’est une phrase nominale.

C’est une phrase nominale, sans verbe conjugué.

Question 2. b) (1 point)

Trouver dans le texte une autre phrase construite de la même manière.

La phrase qui suit, toujours à la ligne 1, n’a pas non plus de verbe conjugué.

Tu peux aussi relever la phrase suivante, des lignes 1 et 2, qui se construit autour du nom verticalité.

« Le mariage du surf et de l’escalade. » (ligne 1)

Conseil : Vérifie ton choix : si la phrase ne contient aucun verbe conjugué, elle convient.

Question 3 (1 point)

Expliquer pourquoi le participe passé souligné porte cet accord.

Le participe passé aspirées est employé sans auxiliaire, comme un adjectif. Il s’accorde donc en genre et en nombre avec le nom qu’il complète.

Ce nom est lignes, au féminin pluriel, d’où la terminaison -ées. Ce sont les lignes qui sont aspirées.

Il s’accorde avec le nom lignes : féminin pluriel.

Conseil : Le piège est le mot vague, placé juste après. Il ne commande pas l’accord, car il désigne ce qui aspire les lignes.

Question 4 (2 points)

Décomposer le mot de la ligne 25 et donner sa classe.

Vertigineuse est un mot dérivé du nom vertige. On reconnaît le radical vertig-, suivi du suffixe -euse, féminin de -eux, qui sert à former un adjectif. La syllabe -in- relie ici le radical au suffixe.

Le mot signifie donc qui donne le vertige.

C’est un adjectif qualificatif, au féminin singulier, qui qualifie le nom pente.

Radical vertig- et suffixe -euse ; adjectif qualificatif.

Question 5 (2 points)

Analyser le petit mot souligné aux lignes 18 et 19 : sa nature, puis son rôle dans la phrase.

Le mot le est un pronom personnel de la troisième personne du singulier. Il remplace Hiro.

Il est complément d’objet direct du verbe galvanisa : la puissance galvanisa qui ? Hiro.

Pronom personnel, COD du verbe galvanisa.

Conseil : Placé devant un verbe, le n’est pas un article : un article précède un nom.

Question 6 (2 points)

Préciser la valeur du passé simple dans ces deux phrases des lignes 24 et 25.

Le passé simple présente ici des actions de premier plan, brèves et achevées, qui se succèdent et font avancer le récit.

Hiro regarde, puis il glisse. La brièveté de ces phrases, qui commencent toutes deux par son nom, accélère le rythme.

Actions de premier plan qui se succèdent.

Conseil : La ligne 26 passe à l’imparfait, qui décrit ce qui dure à l’arrière-plan : la comparaison aide à justifier ta réponse.

Question 7 : réécriture (10 points)

Réécrire le passage indiqué, avec ils à la place de Hiro, et faire tous les changements utiles.

Le nouveau sujet est à la troisième personne du pluriel, au masculin. Reprends le passage du sujet et applique ces changements.

Sujets et verbes au passé simple : Hiro laissa devient Ils laissèrent, et Il l’offrit devient Ils l’offrirent. L’infinitif passer ne change pas, et le pronom l’ non plus, car il remplace la vague.

Déterminants possessifs : sa planche devient leurs planches, puisque chacun a la sienne. Le singulier leur planche se défend aussi. Sa métamorphose devient leur métamorphose, et son sang devient leur sang.

Pronoms : en lui devient en eux, et le galvanisa devient les galvanisa.

Nom : en guerrier devient en guerriers, puisqu’il y en a plusieurs.

Quatre verbes ou groupes semblent concernés, mais ils ne changent pas : leur énergie renvoie déjà aux ondulations, galvanisa a pour sujet puissance, achevait a pour sujet qui, mis pour code, et gravita a pour sujet légende.

Le passage à réécrire imprime vibrant, alors que le texte porte vibra à la ligne 18. Cet écart ne change rien à ton travail : le mot se rapporte à la vague, qui reste au singulier.

Conseil : Pour chaque verbe, cherche son vrai sujet avant de le mettre au pluriel. Ici, seuls les deux premiers verbes dépendent de Hiro.

Compréhension et compétences d’interprétation (30 points)

Une bonne réponse renvoie au texte, puis explique ce que le passage prouve. D’autres réponses sont possibles si elles sont justifiées.

Question 8 (1 point)

Situer la scène.

La scène se déroule en mer, sur la vague de Teahupo’o (ligne 15), qui se forme au-dessus d’un récif (ligne 6). La montagne est visible depuis l’eau (lignes 17 et 24).

Teahupo’o est un village de Tahiti, en Polynésie française, et la vague qui se forme au large porte son nom. Le texte ne donne pas cette précision.

En mer, sur la vague de Teahupo’o.

Question 9 (2 points)

Dire ce que désigne le mot mur à la ligne 1, avec une justification.

Le mur désigne la vague : c’est une métaphore. L’eau se dresse si haut et si droit qu’elle ressemble à une muraille.

Le texte le confirme. Les lignes 1 et 2 ajoutent des mots de la même idée, paroi, escalade et verticalité, qui décrivent une pente presque droite. La ligne 3 nomme ensuite clairement cette vague, et la ligne 5 reprend ce mot.

Il s’agit de la vague, présentée comme une paroi presque verticale.

Question 10 (2 points)

Dire ce que signifie le groupe de mots souligné à la ligne 3.

L’expression réunit deux idées qui semblent s’opposer. L’adjectif terrifiante indique que la vague fait très peur. Le nom majesté désigne une grandeur imposante, comme celle d’un roi, qui force le respect.

La vague est donc à la fois dangereuse et magnifique. Elle domine Hiro comme une souveraine, et il l’admire en la redoutant.

Conseil : Explique chaque mot, puis ce que leur association apporte. Cette alliance entre peur et beauté sert aussi pour la question 16.

Question 11 (2 points)

Indiquer les sentiments de Hiro devant la vague, avec des preuves précises.

Hiro éprouve un mélange d’admiration et de crainte, proche de la fascination.

Il la connaît par cœur. Il pourrait la voir un nombre immense de fois, le spectacle l’impressionnerait encore, car sa majesté reste terrifiante (lignes 2 et 3). Il pourrait en dessiner les lignes de mémoire, les yeux fermés (lignes 3 à 5).

Cette passion va jusqu’à la mort : il aurait pu mourir en gardant cette vision devant lui, et même mourir pour elle (lignes 8 à 10).

De l’admiration mêlée de crainte : il est fasciné.

Question 12 (2 points)

Dire ce que signifie la phrase de la ligne 12.

Le défi consiste à affronter cette vague, au risque de mourir. Le pronom elle désigne la vague, et le pronom lui désigne Hiro.

Hiro ignore donc s’il cherche à vaincre la vague ou à se dépasser lui-même. Il ne sait pas s’il se mesure à la nature ou à ses propres limites.

La ligne 13 apporte un début de réponse : dans le creux de la vague, les deux se confondent, et la question perd son sens.

Question 13 (3 points)

Choisir une figure de style dans les lignes 13 à 16, la nommer et en dire l’effet.

La figure. Aux lignes 13 et 14, le texte emploie une comparaison : la vague accueille le surfeur de la même manière que l’huître accueille la perle. L’outil est le mot comme.

L’effet. Le surfeur, enfermé dans le creux de la vague, ressemble à une perle dans sa coquille. Cette image le présente comme un être rare et précieux, protégé par une vague devenue vivante. Elle prolonge les couleurs de perle des lignes 7 et 8.

Tu peux aussi choisir la personnification des lignes 15 et 16 : Teahupo’o est présentée comme un être capable de rejeter un intrus de sa bouche. L’effet est inquiétant, car la vague décide seule de qui elle garde. La répétition de la tournure qui ouvre les deux phrases de cette ligne, une anaphore, souligne cette menace.

Conseil : Trois temps sont attendus : relever, nommer, expliquer l’effet. L’effet porte sur le sens de ce passage, pas sur la beauté de l’image en général.

Question 14 (3 points)

Montrer les moyens par lesquels l’autrice fait de Hiro un guerrier aux lignes 17 à 20.

Un geste de maîtrise, presque un rite. Hiro ne se jette pas sur la première vague : il la laisse passer et l’offre (ligne 17). On peut y voir une offrande, comme si un guerrier saluait une puissance avant le combat.

Une énergie qui entre dans son corps. La vibration ne reste pas sous la planche : elle passe en lui (ligne 18). Le nombre immense d’ondulations et le verbe galvaniser, expliqué par la note 4, montrent une force qui l’électrise. Hiro se charge de la puissance de la vague.

Un langage sacré. Les lignes 19 et 20 présentent ces ondes comme un code sacré, que l’on peut imaginer réservé à un initié. Le verbe à l’imparfait de la ligne 20 montre que cette transformation s’achève à cet instant : la vague fait de lui un guerrier.

Question 15 (3 points)

Caractériser le lien entre Hiro et la vague d’après la dernière ligne, avec des preuves prises dans tout le texte.

À la dernière ligne, la vague agit sur le corps de Hiro et elle lui parle (ligne 26). Elle est traitée comme une personne. Hiro semble entretenir avec elle une relation intime et fusionnelle, presque amoureuse.

Tout le texte prépare cette idée. Il aurait pu mourir pour elle (lignes 9 et 10), comme pour un être aimé. La ligne 13 montre que lui et elle se confondent. Aux lignes 19 et 20, ils communiquent par un langage que lui seul semble capter.

Cette relation reste pourtant un rapport de force. La vague est aussi un adversaire qu’il défie (ligne 12), et elle peut le rejeter (lignes 15 et 16).

Une relation fusionnelle, presque amoureuse, mais toujours dangereuse.

Question 16 (6 points)

Expliquer avec précision les procédés qui rendent cette vague à la fois fascinante et effrayante.

Ingrid Astier réunit dans une même description la beauté et la menace.

Une vague fascinante par sa beauté. L’autrice emploie des images raffinées : les lignes étirées comme du sucre (ligne 4), puis des couleurs changeantes et nacrées, qui évoquent les perles (lignes 7 et 8). Le mot mirage (ligne 9) fait de la vague une vision presque irréelle.

Une vague fascinante par son caractère sacré. Le vocabulaire religieux revient : le tube et le code sont sacrés (lignes 5 et 20), et une légende imprègne le lieu (lignes 21 et 22). La vague dépasse ainsi le simple phénomène naturel.

Une vague effrayante par sa taille. La métaphore du mur et les phrases nominales très courtes des lignes 1 et 2 la font surgir d’un coup. Son inclinaison presque droite donne l’impression d’une falaise.

Une vague effrayante parce qu’elle semble vivante. Par la personnification, elle aspire l’eau comme un monstre insatiable (lignes 5 et 6), elle montre une force de démon (lignes 6 et 7) et elle peut rejeter le surfeur (lignes 15 et 16).

Une vague liée à la mort. Le verbe mourir revient avec insistance (lignes 3 et 9). L’expression de la ligne 3 résume le tout, car elle associe la terreur à la majesté.

Conseil : Traite les deux adjectifs. Pour chaque procédé, donne la ligne, nomme le moyen et dis l’impression produite. Tu peux réutiliser tes réponses aux questions 9, 10 et 13, comme le sujet t’y invite.

Question 17 : image (6 points)

Montrer avec méthode ce qui, dans le tableau de Philippe Jacq, rappelle la vague du texte.

Présentation. Le Surfeur de la dernière vague est une peinture acrylique avec de la broderie sur toile, datée de 2021. Ce n’est pas une image réaliste. Elle est faite de formes stylisées, de couleurs vives et de motifs répétés.

La forme de la vague. Une grande masse noire rayée de blanc s’enroule vers la droite et le haut de la toile. Sa courbe, bordée de bleu, peut rappeler le tube et le creux de la vague (lignes 5 et 13). En haut à gauche, des contours clairs et découpés peuvent faire penser à l’écume de la ligne 7.

La fusion du surfeur et de la vague. On reconnaît une jambe et un pied bruns, posés sur une forme claire et allongée, qui ressemble à une planche. La jambe semble se prolonger dans la grande masse, comme si le corps du surfeur et la vague se mêlaient. Le texte parle lui aussi de cette fusion (ligne 13).

L’énergie. Tout autour, des traits noirs et orangés rayonnent comme des ondes, et les rayures ondulent sur les formes sombres. Une forme orange, proche d’une flamme, et une forme verte en zigzag, proche d’un éclair, s’ajoutent à l’ensemble. On peut y voir les ondulations et l’énergie qui parcourent Hiro (lignes 18 et 19).

Une vague vivante. Des formes d’yeux en amande et de bouche apparaissent dans les masses sombres : on peut imaginer que la vague a un visage. Cela rappellerait la personnification de la dernière ligne. La partie brodée, verte, avec ses zigzags, son triangle rose et son triangle jaune, peut évoquer une parure ou des montagnes. On peut y lire un écho de la montagne du texte (lignes 17 et 24).

Le titre. La dernière vague peut suggérer la mort, comme les lignes 8 à 10. On peut penser, cependant, que le tableau exprime la force et la fusion plutôt que la hauteur écrasante de la vague.

Conseil : Suis un ordre clair : présente l’œuvre, puis relie chaque détail observé à un passage du texte. Ce tableau est très stylisé : écris « peut évoquer » pour ce qui relève de ton interprétation.

Les erreurs à éviter sur ce sujet

  • Dans la réécriture, mettre aussi au pluriel les verbes galvanisa ou gravita.

    Les laisser au singulier et changer seulement ce qui dépend de Hiro.

    Leurs sujets sont puissance et légende, qui restent au singulier.

  • Oublier en lui ou le galvanisa dans la réécriture.

    Écrire en eux et les galvanisa.

    Ces pronoms désignent Hiro. Ils passent donc au pluriel avec lui, comme les trois déterminants possessifs.

  • Répondre que le est un article à la question 5.

    Répondre pronom personnel, COD du verbe galvanisa.

    Il se place devant un verbe et il remplace Hiro. Un article accompagne un nom.

  • Justifier l’accord de aspirées par le mot vague.

    Accorder ce participe avec le nom lignes.

    Le groupe par la vague indique ce qui aspire. Ce sont les lignes qui subissent l’action.

  • À la question 16, ne parler que de la peur.

    Montrer à la fois ce qui attire et ce qui effraie.

    Le sujet associe les deux adjectifs, et tout le texte joue sur cette double impression.

Questions fréquentes

Combien de temps dure cette partie de l’épreuve de français en Polynésie française ?

Le sujet indique 1 h 10 pour 50 points : 20 points de grammaire et 30 points de compréhension. La réécriture vaut à elle seule 10 points. Le dictionnaire et la calculatrice sont interdits.

Pourquoi ce corrigé renvoie-t-il aux lignes au lieu de citer le texte ?

Le texte d’Ingrid Astier est protégé par le droit d’auteur. Garde le sujet à côté de toi : sur ta copie, tu dois recopier les passages indiqués entre guillemets.

Que faire du mot vibrant dans la réécriture ?

Recopie le passage tel que le sujet l’imprime. Ce mot diffère du texte de la ligne 18, qui porte vibra, mais aucune des deux formes ne change, car le sujet de l’action reste la vague.

Quel est le lien avec la rédaction de Polynésie française ?

Le sujet d’imagination demande de raconter la suite du texte, en décidant si la vague accepte ou rejette Hiro. Le sujet de réflexion porte sur l’attente du bon moment pour savourer une expérience.

Les cours à revoir

Proposition de corrigé rédigée par Meilleur Étudiant, sans valeur officielle : le ministère ne publie pas de corrigé, et le barème réel appartient aux correcteurs. Ce sujet date d’avant la note sur 20 du brevet : son barème suit l’ancienne notation. Une erreur ? Écris-nous à contact@meilleuretudiant.fr.