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Corrigé du brevet de français 2023 : compréhension et grammaire (Pays du groupe 1)

Le sujet en bref

Le sujet des Pays du groupe 1 s’appuie sur Et Néanmoins de Philippe Jaccottet, où le poète observe un rouge-gorge au jardin, et sur Dame en blanc au jardin de Claude Monet. Il fallait analyser la couleur rouge, les images et les sentiments du poète, relier le tableau au texte, puis réussir la réécriture au pluriel, notée sur 8 points.

Sujet officiel

I. Compréhension et compétences d’interprétation (29 points)

Philippe Jaccottet est mort en 2021 : son texte reste protégé par le droit d’auteur. Ce corrigé le paraphrase et renvoie aux lignes. Sur ta copie, à chaque renvoi, recopie les mots du texte entre guillemets. D’autres réponses sont possibles si elles sont justifiées.

Question 1 (1 point)

Identifier la voix du texte et son sujet.

C’est le poète qui parle, à la première personne : on trouve je à la ligne 1 et moi à la ligne 15.

Le thème est la rencontre d’un rouge-gorge dans un jardin, et plus largement la beauté d’un instant minuscule.

Le poète ; le thème est sa rencontre avec un rouge-gorge.

Question 2 (3 points)

Retrouver dans l’ordre les trois actions du poète.

Il travaille au jardin : c’est le point de départ (ligne 1), et il est encore à sa tâche à la fin (lignes 15 et 16).

Il voit le rouge-gorge et il l’observe, en cherchant à dire sa couleur (lignes 1 à 12).

Il entend les bruits qui l’entourent : le figuier, les platanes et le vent (lignes 13 à 15).

Il travaille, il regarde, il écoute.

Question 3. a. (3 points)

Relever six termes qui désignent des couleurs.

Six relevés possibles : rose et pourpre (ligne 3), rouge sang (lignes 3 et 4), rouge brique (ligne 4), couleur de feu apprivoisé (ligne 8), couleur de ciel au couchant (ligne 9).

Tu peux aussi relever couleur de la terre (lignes 7 et 8).

Question 3. b. (2 points)

Dire quelle couleur domine et expliquer pourquoi.

C’est le rouge qui se distingue. C’est la couleur de la gorge de l’oiseau, qui lui donne son nom.

Elle se détache du reste du plumage, qui a la couleur de la terre (lignes 7 et 8). Elle retient tant le poète qu’il cherche sa nuance exacte : il compare plusieurs rouges et les écarte tour à tour (lignes 3 à 7).

Le rouge, parce qu’il ressort sur le plumage et que le poète cherche à le nommer exactement.

Question 4 (3 points)

Expliquer quel trait de l’oiseau chacune de ces trois expressions fait ressortir.

Minuscule piéton : cette expression souligne sa petitesse et sa fragilité. L’oiseau marche à terre, comme un tout petit homme, et la suite de la ligne 2 le montre exposé aux chats.

Une braise qui sautillerait : l’image souligne sa couleur vive et sa vivacité. La braise rappelle la gorge rougeoyante, et le verbe traduit ses petits bonds.

Messager sans vrai message : l’expression souligne son mystère. L’oiseau semble vouloir dire quelque chose (ligne 1), mais on ne peut lire aucun message dans sa présence.

Sa petitesse fragile, sa vivacité colorée, son mystère.

Question 5. a. (1 point)

Nommer la figure de style soulignée aux lignes 6 et 7.

C’est une énumération, que l’on peut aussi appeler accumulation : quatre adjectifs employés comme des noms se suivent, chacun introduit par de.

Une énumération.

Conseil : Une gradation se défend si tu montres la progression, de la brûlure jusqu’à la victoire. Mais ces adjectifs sont reliés par ou, qui propose des possibilités sans marquer de montée : l’énumération est la lecture la plus défendable.

Question 5. b. (2 points)

Dire ce que le rouge suggère dans cette figure.

Le rouge a ici une connotation de violence. Il évoque le feu qui brûle, la cruauté, la guerre et la domination du vainqueur : un rouge de sang et de danger.

La violence, le danger et la domination.

Question 5. c. (2 points)

Dire si l’oiseau reste associé à cette idée dans le reste du texte, avec une preuve précise.

Non. Le poète cite cette connotation pour l’écarter : le mot sans (ligne 6) le montre.

Il associe à l’oiseau l’idée contraire. Sa couleur est amicale (ligne 6), et son feu est apprivoisé (lignes 5 et 8) : c’est un feu qui ne brûle plus, devenu doux et familier.

Même le porte-drapeau de la ligne 10 reste petit et ne mène à aucun combat.

Non : le poète y substitue un rouge doux et amical, un feu apprivoisé.

Question 6 (6 points)

Présenter en une réponse organisée les trois sentiments du poète, à partir des figures, des sensations et du rythme.

Dans cette scène, on peut dire que le poète éprouve trois sentiments : l’émerveillement, la tendresse et la paix. Le sujet ne les nomme pas : d’autres mots conviennent s’ils sont justifiés, comme la surprise, l’inquiétude ou l’humilité.

L’émerveillement. L’oiseau apparaît soudain (ligne 1), et c’est d’abord la vue qui est sollicitée. Le poète s’attache à une nuance de rouge, et les métaphores se succèdent : le foulard, la braise, le porte-drapeau (lignes 8 à 10). Le rythme le montre : la longue phrase des lignes 3 à 7, coupée de points-virgules, avance par retouches, comme s’il n’arrivait pas à dire ce qu’il voit. À la ligne 11, il parle lui-même d’une étrangeté sans fond.

La tendresse. La personnification des lignes 1 et 2 fait de l’oiseau un compagnon, qui semble vouloir parler. Le toucher entre ensuite en jeu : le poète imagine que cette présence n’aurait presque aucun poids, même pour un enfant qui la tiendrait (lignes 11 et 12). Cette phrase brève, après les longues descriptions, est aussi légère que l’oiseau. Cette tendresse se fait protectrice : le chat menace au début (ligne 2) et à la fin (ligne 16). La dernière phrase, sans verbe principal, reste en suspens, comme le danger.

La paix. Le second paragraphe passe à l’ouïe : les feuilles du figuier, les platanes, le vent (lignes 13 à 15). La personnification prête de la prudence au bruit des feuilles. La phrase s’élargit par étapes, du bruit proche au bruit lointain, et son rythme ample suit celui du vent. Le poète se dit à l’abri (ligne 15), et il travaille à côté de l’oiseau, comme son égal (lignes 15 et 16). Cette paix vient d’une forme d’humilité : aux lignes 9 et 10, la répétition de et place au même rang l’oiseau, l’instant, le travail et les paroles, tous réduits à presque rien.

Conseil : Le sujet te donne trois outils : pour chaque sentiment, cherche un procédé, une sensation et un effet de rythme. Annonce d’abord les trois sentiments.

Question 7 : image (6 points)

Expliquer le lien entre le tableau et le texte, à partir d’une analyse précise de l’image.

Le tableau de Monet peut illustrer le poème pour plusieurs raisons.

Le même cadre. La scène se passe dans un jardin, comme le texte (ligne 1) : une pelouse, un massif de fleurs, des arbustes et de très hauts arbres à l’arrière-plan, qui peuvent rappeler les platanes de la ligne 14.

Une petite présence dans un grand espace. À gauche, une femme en longue robe blanche, vue de dos, tient une ombrelle. Elle est toute petite par rapport aux arbres et occupe peu de place dans la toile. Elle rappelle la petitesse de l’oiseau (ligne 2), ou celle du poète dans la nature.

Une tache claire qui attire l’œil. La robe et l’ombrelle ressortent sur le feuillage très sombre, comme la gorge de l’oiseau sur son plumage (lignes 7 à 9). Les fleurs du grand arbuste central forment elles aussi de petites taches lumineuses, qui peuvent faire penser à la braise de la ligne 10.

Un instant ordinaire. Il ne se passe presque rien : une femme se tient au bord d’une pelouse, et on peut penser qu’elle regarde le jardin, comme le poète regarde l’oiseau. De longues ombres s’étendent sur l’herbe. Le peintre fixe un moment sans événement, de la même façon que le poète s’attache à ce qui ne pèse rien (lignes 9 à 12).

Une nature qui vibre. Dans le feuillage, le peintre pose de petites touches séparées. On peut y voir le mouvement discret des feuilles et du vent, que le poète entend aux lignes 13 à 15.

Conseil : Le sujet reproduit ce tableau en noir et blanc. Appuie-toi donc sur les contrastes de clair et de sombre, et pas sur des couleurs que tu ne vois pas. Le tableau date de 1867 et le texte de 2001 : parle d’un écho, pas d’une illustration voulue.

II. Compétences linguistiques et grammaticales (21 points)

Les mots analysés sont donnés isolément. Pour les phrases entières, reporte-toi au sujet.

Question 8 (1,5 point)

Décomposer l’adjectif insondable.

Ce mot est formé de trois éléments : le préfixe in-, qui marque le contraire, le radical sond-, celui du verbe sonder, et le suffixe -able, qui marque la possibilité.

Préfixe in-, radical sond-, suffixe -able.

Question 8. a. (1 point)

Expliquer le sens de cet adjectif.

Au sens propre, est insondable ce dont on ne peut pas atteindre le fond. Ici, le mot veut dire impossible à expliquer entièrement, très mystérieux.

Que l’on ne peut pas explorer à fond : profondément mystérieux.

Question 8. b. (2 points)

Donner la nature des deux éléments qui complètent le nom étrangeté.

Insondable est un adjectif qualificatif.

Des couleurs est un groupe nominal prépositionnel. Il est introduit par la préposition de, contractée avec l’article les pour donner des.

Conseil : La question porte sur la nature, pas sur la fonction. Si tu ajoutes les fonctions, épithète et complément du nom, distingue bien les deux.

Question 9. a. (1 point)

Trouver la fonction du groupe souligné à la ligne 1.

Un rouge-gorge est complément d’objet direct du verbe vois. Il répond à la question : je vois quoi ?

COD du verbe voir.

Question 9. b. (2 points)

Prouver cette analyse par deux manipulations expliquées.

La pronominalisation. On peut remplacer le groupe par le pronom le : je le vois. Ce pronom est un pronom COD.

Le passage à la voix passive. On peut écrire : un rouge-gorge est vu par moi. Le groupe devient sujet du verbe passif, ce qui n’est possible que pour un COD.

Conseil : Tu peux aussi montrer que le groupe ne se déplace pas en tête de phrase. La suppression prouve peu ici, car je vois peut s’employer seul.

Question 10. a. (1 point)

Isoler la proposition principale de la phrase des lignes 7 à 9.

Cette proposition commence à L’oiseau (ligne 7) et s’interrompt à la virgule, après plumage. Elle reprend à cette sorte (ligne 8) et va jusqu’à couchant (ligne 9).

Sur ta copie, recopie la phrase du sujet en retirant tout ce qui se trouve entre les deux premières virgules : ce sont les deux subordonnées.

Conseil : La phrase donnée dans la question saute le mot foulard de la ligne 8. Recopie-la telle qu’elle est donnée : l’analyse reste la même.

Question 10. b. (1 point)

Relever les deux subordonnées de cette phrase.

La première est qui est couleur de la terre.

La seconde est sur laquelle il aime tant à marcher. Elle complète le nom terre, qui appartient à la première : elle est donc emboîtée dans celle-ci.

Conseil : Pour vérifier, compte les verbes conjugués : porte, est et aime. Trois verbes, trois propositions. L’infinitif marcher n’en forme pas une de plus.

Question 10. c. (1 point)

Nommer la nature de ces deux subordonnées.

Ce sont deux propositions subordonnées relatives.

La première est introduite par le pronom relatif qui, dont l’antécédent est plumage. La seconde est introduite par laquelle, précédé de la préposition sur, dont l’antécédent est terre.

Deux propositions subordonnées relatives.

Question 11. a. (1,5 point)

Trouver trois verbes au conditionnel présent dans le texte.

Tu peux choisir trois verbes parmi ceux-ci : dirait (lignes 1 et 6), évoquerait (ligne 5), sautillerait (ligne 10) et pèserait (ligne 11).

Conseil : Attention à la forme de la ligne 4, n’évoquait : elle est à l’imparfait. Le conditionnel se reconnaît au r placé avant la terminaison.

Question 11. b. (1 point)

Donner la valeur de ces formes.

C’est la valeur d’hypothèse : le poète présente les faits comme imaginés, et non comme réels. La braise ne sautille pas vraiment, et personne ne pèse ce rouge.

Le conditionnel lui permet de s’approcher de ce qu’il voit sans rien affirmer. Il traduit sa prudence devant le mystère de l’oiseau.

Hypothèse : un fait imaginé, non certain.

Question 12 : réécriture (8 points)

Faire passer au pluriel trois noms du passage des lignes 15 et 16, et effectuer les accords.

Reprends le passage du sujet et applique ces changements.

du vent invisible devient des vents invisibles : le déterminant, le nom et l’adjectif passent au pluriel.

le bruit devient les bruits. Le complément de l’invisible ne change pas : ce nom n’est pas visé par la consigne.

c’est ne change pas : le groupe qui le suit directement, la rumeur, reste au singulier, car la consigne ne vise pas ce nom. Le pluriel ce sont serait possible, mais rien ne l’impose.

duquel devient desquels : le pronom relatif s’accorde avec son antécédent, bruits, masculin pluriel. Il s’écrirait de même si l’on prenait vents pour antécédent.

le rouge-gorge devient les rouges-gorges : l’adjectif et le nom prennent tous deux un s.

vaquons et nos besognes ne changent pas : le sujet équivaut toujours à nous.

Lui devient Eux, car ce pronom reprend les oiseaux.

le porte-lanterne devient les porte-lanternes : porte est un verbe, seul le nom prend un s.

l’imprudent devient les imprudents.

La fin, si rôde un chat, ne change pas : son sujet reste au singulier.

Conseil : Une autre lecture rattache duquel à l’invisible, qui reste au singulier, et garderait donc ce pronom. Mais la consigne met au pluriel les deux autres antécédents possibles, bruit et vent : desquels est la réponse la plus défendable.

Les erreurs à éviter sur ce sujet

  • Écrire les rouge-gorges ou les rouge-gorge.

    Écrire les rouges-gorges.

    Ce nom composé associe un adjectif et un nom : les deux prennent la marque du pluriel.

  • Écrire les portes-lanternes.

    Écrire les porte-lanternes.

    Porte est ici une forme du verbe porter : il ne prend pas de s.

  • Laisser Lui au singulier dans la réécriture.

    Écrire Eux.

    Ce pronom reprend rouges-gorges, passé au pluriel : il change avec ce nom.

  • Relever n’évoquait parmi les verbes au conditionnel.

    Relever évoquerait, à la ligne 5.

    La forme de la ligne 4 n’a pas le r du conditionnel : c’est un imparfait.

  • Répondre que le poète associe à l’oiseau un rouge guerrier.

    Montrer qu’il écarte ce rouge pour un rouge doux et amical.

    L’énumération des lignes 6 et 7 est introduite par sans : elle dit ce que cette couleur n’est pas.

Questions fréquentes

Combien de temps dure cette partie de l’épreuve de français 2023 dans les Pays du groupe 1 ?

Le sujet indique 1 h 10 pour 50 points : 29 points de compréhension et 21 points de grammaire. La réécriture compte à elle seule pour 8 points.

Le dictionnaire est-il autorisé pour ces questions ?

Non. Le sujet interdit le dictionnaire et la calculatrice dans cette partie. Trois notes sous le texte expliquent les mots platanes et si, et l’expression vaquer à ses besognes.

Pourquoi le sujet parle-t-il de poème alors que le texte n’a pas de vers ?

Le texte est écrit en prose, sans vers ni strophes. Ses images et son rythme le rapprochent pourtant de la poésie : le sujet l’appelle poème et nomme son auteur le poète.

Quel est le lien avec la rédaction de ce sujet ?

Le sujet demande de conserver le texte pour la rédaction. Les deux sujets au choix partent de la ligne 9 : l’un demande de raconter un moment minuscule, l’autre compare les œuvres engagées et celles qui éclairent un détail.

Les cours à revoir

Proposition de corrigé rédigée par Meilleur Étudiant, sans valeur officielle : le ministère ne publie pas de corrigé, et le barème réel appartient aux correcteurs. Ce sujet date d’avant la note sur 20 du brevet : son barème suit l’ancienne notation. Une erreur ? Écris-nous à contact@meilleuretudiant.fr.